représente une économie de 5000 litres de fioul par an. L’hiver, l’eau chauffe à 50°C: la chaudière au fioul prend le relais pour augmenter la température de l’eau et pour le chauffage”, explique-t-il. En prévision de la fin de son contrat d’électricité en 2024, Nicolas Sethian a fait faire une étude pour installer 24 m² de panneaux photovoltaïques en toiture. Le projet, qui s’élevait à 19000€ HT, a été concrétisé en 2023. “Nous produisons 11000 kWh : nous en autoconsommons 80% et revendons le reste. Je suis toujours obligé d’avoir un fournisseur d’électricité (une régie locale), car sur l’année nous consommons 31000kWh, dont 8000 kWh autoconsommés”, détaille-t-il. En 2023, la facture d’électricité de l’hôtel s’élevait à 5300€. En 2024, elle était de 6200€. “Sans panneaux, ça serait encore plus. L’installation sera rentable au bout de six ans et demi”, précise le gérant, qui enrage d’être passé à côté d’une subvention conséquente. “La région Paca aide à l’installation de panneaux photovoltaïques à hauteur de 30% de l’investissement. Mais nous n’avons pas pu toucher cette aide, car nous cumulons l’autoconsommation et la revente – qui nous rapporte 200 € par an. Nous n’avions pas connaissance de cette subtilité”, se désole-t-il. Actuellement, le prix d’une centrale photovoltaïque est historiquement bas, mais les subventions de l’État ont été drastiquement revues à la baisse et installer des panneaux pour revendre l’électricité produite n’est plus une opération intéressante. “Mais si l’objectif est de produire pour autoconsommer, cela peut avoir du sens, car on économise alors sur le coût de l’électricité, de l’acheminement et des taxes. En termes de coûts, les projets sur toiture sont les plus intéressants. Installer des panneaux sur une ombrière sera plus lourd financièrement”, détaille Aurélien Jouault. Des aides régionales sont donc parfois disponibles. Pompe à chaleur et géothermie, des solutions poussées par les pouvoirs publics Ces dernières années, l'État a été plus généreux pour des projets d’installation de pompes à chaleur (PAC) et/ou de géothermie – un dispositif qui exploite la chaleur emmagasinée dans le sous-sol et les nappes d’eau souterraines. “Installer une PAC est intéressant en 100% ou en hybridation, avec l’appoint d’une chaudière à gaz par exemple, en cas de pic de consommation. La géothermie se prête bien aux hôtels ouverts à l’année, mais les coûts d’installation sont élevés. Cela dit, le rendement est intéressant : entre le cout réel et le gain réalisé en production énergétique, le taux de rentabilité est de 10%”, précise Aurélien Jouault. À Villevieille (Gard), le propriétaire de l’hôtel-restaurant du Château de Pondres (4 étoiles) s’est lancé dans l’aventure. “Il y a quinze ans, nous avons installé une chaudière au gaz naturel, sans réaliser l’impact écologique. Notre facture de gaz, très élevée, s’élève à environ 60000€ par an. La CCI du Gard, qui a un service dédié aux énergies renouvelables, a mené pour nous une étude précise prenant en compte la complexité du monument historique. Les deux solutions indiquées étaient une chaudière à bois déchiqueté, nécessitant un énorme approvisionnement en bois et du stockage, ou la géothermie”, raconte Éric Mauz. Les travaux ont été réalisés en 2024 sans compromettre la saison : 38 forages creusés à 240 m de profondeur, tranchées pour les canalisations, raccordement des tubes caloporteurs vers la PAC… Le système a été mis en route en octobre 2024 et tous les réglages sont quasiment terminés. Les résultats sont là : “C’est mieux qu’estimé, avec moins de déperdition que prévu. Nous avons conservé la chaudière gaz en cas de gros froid, mais n’en avons pas eu besoin. Et la chaleur est plus agréable, plus douce”, résume Éric Mauz. Coût global du projet : 900000€. “Le projet a été financé à hauteur de 60% via le Fonds européen de développement régional et l’Agence de la transition écologique. Nous avons financé le reste par un prêt bancaire”, détaille-t-il. Le coût devrait être amortissable sur dix ans. Le gain écologique réalisé correspond à 100 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère chaque année. * 1 MWh = 1 000 kWh
RkJQdWJsaXNoZXIy ODk2OA==