Actualités

www.lhotellerie-restauration.fr
 
du 6 mai 2004
VOUS RÉAGISSEZ

Vous réagissez
Quelque chose sur le cœur, pas d'accord avec le point de vue d'autres professionnels ? Intervenez, cette rubrique est la vôtre. N'hésitez plus à enrichir le débat en nous faisant parvenir par mail vos réactions à :
lhotellerie@lhotellerie-restauration.fr ou par fax au 01 45 48 04 23.

Les allégements de charge : quelle farce !
Les dindons sont plumés, préparez les marrons. Noël est encore loin, pourtant, mais la farce est déjà prête...
C'est avec de très nombreuses pointes d'humour (un peu trop souvent ironiques, d'ailleurs) que, dans un grand fracas médiatique, a été annoncée la déjà très fameuse 'baisse des charges' accordée à ces 'ignobles profiteurs' de restaurateurs.
J'ai même entendu sur Sud-Radio un 'journaliste' (il ne doit en avoir que le titre...) annoncer qu'avec tout l'argent qu'on allait leur donner, les restaurateurs allaient pouvoir tous rouler en Mercedes, en BMW ou en Audi, histoire de faire plaisir à Gerhard Schröder. Ah, qu'il est facile de médire... Mais si nous faisions plutôt un peu les comptes. (Pour la clarté de la chose, j'ai volontairement arrondi toutes les sommes à 'l'euro juste').
Prenons l'exemple d'un hôtel-restaurant 'moyen' employant 6 personnes en équivalent temps plein, réalisant 400 000 e TTC de chiffre d'affaires dont 40 % en activité hôtelière et 60 % en restauration.
Avec la baisse des charges :
Son taux de proratisation : (240 000 / 400 000) x 80 % = 0,48
La baisse des charges sera donc de 150 e x 6 salariés x 0,48,
soit mensuellement 432 e, et annuellement 5 184 e.
Dans le même temps, sa TVA à reverser (hors TVA récupérable) sera de 8 341 e sur son CA à 5,5 % et de 39 331 e sur son CA à 19,6 %, soit un total annuel de 47 672 e de TVA à reverser.
En mélangeant les choux et les carottes, ce qui ne se fait pas habituellement en comptabilité, mais se pratique couramment à la fois dans nos marmites et dans la politique politicienne, on peut en conclure que le total annuel donne : 47 672 e ­ 5 184 e = 42 488 e.

Dans l'hypothèse (proche ?, future ?, improbable ?...) où la TVA sur la restauration serait ramenée à 5,5 %, et en partant du même postulat considérant que l'activité restaurant hors boissons alcoolisées représente 80 % du chiffre d'affaires restaurant, le bilan aurait été le suivant :
Baisse des charges : néant
La TVA à reverser (hors TVA récupérable) serait de :
18 351 e sur son CA à 5,5 % (160 000 e (hôtel) + 192 000 e (restaurant), soit 352 000 e TTC)
7 866 e sur son CA à 19,6 % (48 000 e TTC)
Total de la TVA à reverser (hors TVA récupérable) : 26 217 e.

La différence entre les deux calculs laisse apparaître une somme de 16 271 e au détriment, bien sûr, du professionnel ...
Alors, on peut peut-être se féliciter d'avoir obtenu une baisse des charges, mais par pitié, messieurs les 'showmen' syndicaux, faites profil bas ou achetez une calculette.

D'autant que lorsque l'on détaille la liste des secteurs d'activité bénéficiant de la baisse des charges, certains secteurs impliqués dans le dispositif sont pour le moins surprenants. Que viennent faire les discothèques, cafés-tabacs, débits de boissons, auberges de jeunesse, campings... dans un dispositif censé aider les restaurateurs à embaucher ? Ce n'est nullement de la jalousie de ma part, mais j'aimerais seulement comprendre.
Par ailleurs, vous avez 'promis' en notre nom (enfin, au nom des quelques-uns qui vous payent une cotisation syndicale...) de très nombreuses embauches. Avez-vous bien réalisé combien d'heures les 432 e mensuels (dans l'exemple ci-dessus) allaient permettre de financer ?
Et je ne parle même pas du cas d'un établissement plus petit, ayant par exemple 2 salariés, et pour lequel l'allégement mensuel de charges va avoisiner les 120 e...
Vous en connaissez beaucoup, du personnel qualifié de l'hôtellerie-restauration qui cherche des postes à 15 ou 20 heures par mois ? 40 000 emplois, avez-vous dit ?
Je suis personnellement convaincu que les besoins réels sont très largement au-delà de ce chiffre, mais malheureusement on n'a jamais attrapé les mouches avec du vinaigre, et ce ne sont pas les miettes actuelles qui vont permettre de changer grand-chose.
M. G., aubergiste du Sud-Ouest zzz56r

A propos de l'édito "Les prix en question"
Etant un lecteur assidu de vos éditos et en appréciant habituellement les propos, je suis surpris du contenu de celui paru dans votre n° 2869 du 22 avril 2004, qui s'intitule "Les prix en question".
En effet, vous relatez à bon escient que les clients de restaurant versent aujourd'hui plus facilement dans des dépenses modérées.
Le personnel de nos maisons a toujours travaillé plus d'heures qu'il ne lui en était rémunéré.

A-t-on objectivement un jour expliqué ce déséquilibre qui subsiste encore ? En toute logique, il semblerait que ce soit encore et toujours pour le plus grand bonheur de la clientèle : bien, copieux et pas cher !
Alors, même si le lyrique et le fastueux ne concernent que très peu de sensibilités, les plus pragmatiques et rationnels (qui représentent plus forte tendance) se rendront à l'évidence que l'on n'a rien trouvé de mieux pour engendrer des rémunérations que de réaliser des bénéfices.
D'autre part, tous ceux qui font leur marché, particuliers et professionnels, savent ô combien les produits ont augmenté depuis l'avènement de l'euro (entre 5 et 20 % selon les produits).
Alors, ne prenons plus de cours de cuisine ni de gestion, mais sollicitons le grand David Copperfield pour ne plus vendre, mais donner ce que l'on fait.
Pour information, sachez que certains vins de pays coûtent à l'achat de 15 à 20 e HT, mais qu'ils sont bons !
Philippe Redon, cuisinier zzz22v

Les visites médicales du travail

Permettez moi de vous faire part de mon vécu d'employeur.
Quelle est la pratique actuelle ? Vous engagez quelqu'un. La déclaration à l'Urssaf engendre celle de la médecine du travail. Trois semaines ou un mois après, la personne est convoquée à la médecine du travail à une époque, à une date et à une heure données sans que personne ne se soit enquis de savoir si le convoqué est disponible ce jour-là (congés hebdomadaires, naissance, grippe...). De toutes les façons, ce n'est pas grave, puisque c'est l'employeur qui est responsable. A charge pour ce dernier de renvoyer son employé immédiatement si ce dernier a préféré son congé au contrôle de sa santé. Mais bon ! Le pire n'étant pas toujours sûr, partons de l'idée qu'il y va, à cette visite (qui, théoriquement, doit dire s'il y a aptitude ou pas à travailler). Et voilà que l'employé se révèle non apte. Diable ! Donc, une personne peut avoir travaillé à un poste pendant plusieurs semaines, poste présentant pour lui ou pour des clients un degré de dangerosité dépassant l'acceptable, médicalement parlant ? Est-ce tout à fait logique ? Mais parions une fois encore pour le meilleur ! Finalement, la visite s'avère positive : tutto va bene, comme d'habitude d'ailleurs. La personne est apte, car on n'a fait que la peser et lui poser trois questions sur ses antécédents de santé. Il y a belle lurette que les flacons d'urine doctement indiqués comme étant à apporter lors de la consultation ont valsé par-dessus les moulins. Pour le plaisir, vous noterez que ces 5 minutes-là coûtent à l'entreprise 65 e, soit 4 fois le prix d'une visite d'une demi-heure chez le généraliste. Eh bien, quand même, on vit au royaume d'Ubu où, comme chacun sait, "tout est cul par-dessus tête". Car en bonne logique, toute personne se présentant pour un emploi devrait préalablement s'assurer elle-même qu'elle est en mesure d'occuper, au moins sur le plan physique, cet emploi auquel elle a postulé. Elle devrait être munie d'une autorisation de travail, quitte à l'employeur d'avoir à rembourser ladite visite d'autorisation de travail en cas d'engagemen, un cuisinier contagieux pourrait donc ainsi exercer ses talents sans contrôle médical pendant un mois dans un restaurant ? Eh bien oui ! C'est tout à fait ça. C'est comme ça que cela fonctionne. Amusant, non ? zzz6m0 zzz54m
J.-F. Demontjou, gérant du château d'Ayres (hôtel-restaurant)

Article Précédent - Article suivant


Vos questions et vos remarques sur le Forum des Blogs des Experts

Rechercher un article

L'Hôtellerie Restauration n° 2871 Hebdo 6 mai 2004 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

L'Application du journal L'Hôtellerie Restauration
Articles les plus lus...
 1.
 2.
 3.
 4.
 5.
Le journal L'Hôtellerie Restauration

Le magazine L'Hôtellerie Restauration