Pourquoi avoir quitté Lyon et choisi de vous imposer un nouveau départ dans le village d’Ansouis? Nous cherchions plus de tranquillité, une meilleure qualité de vie et un rapport plus direct avec la nature. Le Vaucluse est à mi-chemin entre Montpellier, la ville de Clémence [Bellemin, sa compagne, NDLR], et Nice dont je suis originaire. Repartir de zéro, c’est très dur et demande une énergie de dingue. Il nous a fallu un an pour rechercher les bons producteurs et surtout trouver le lieu. C’est en venant comme clients à La Closerie, à Ansouis, que l’idée du rachat de ce restaurant déjà étoilé est née. Les propriétaires n’étaient pas vendeurs, mais notre projet les a convaincus. Ils sont devenus des amis et nous ont ainsi permis d’ouvrir Garrigue en juin 2025. © Matthieu Cellard L’Hôtellerie Restauration • Mai 2026 MICHELIN 2026 28 Louis-Philippe Riel Nicolas Seibold Comment avez-vous vécu l’obtention de cette première étoile? C’est une immense fierté pour toute l’équipe de l’Auberge de la Roche. Nous ne nous sommes pas installés ici pour courir après les distinctions, nous voulions juste © DR Espériez-vous que le guide Michelin allait vous honorer aussi vite? Oui, on l’espérait au fond de nous. C’est une belle récompense que l’on partage avec toute l’équipe. En particulier avec mon second et sa compagne, sommelière, qui ont, eux aussi, choisi de quitter Lyon et d’être à nos côtés pour mener à bien cette aventure. Ce n’est pas évident de constituer une équipe ici. Il faut donc être un bon patron pour fidéliser le personnel. Vous mettez en valeur vos fournisseurs locaux, mais aussi les artisans en matière d’arts de la table, pourquoi? Ils sont importants, car une jolie table contribue à la qualité de l’expérience vécue au cours d’un repas. De nombreux clients nous demandent l’origine de certains éléments et vont ensuite dans les ateliers. Avec Judith Philibert, céramiste à La Tour-d’Aigues, nous avons créé des prototypes. On les utilise pour disposer des canapés, il y a aussi les beurriers, les porte-couteaux ou encore les assiettes pour l’huile d’olive. Elle les propose désormais à ses propres clients. Jean Bernard Formation: CAP au lycée Jeanne et Paul Augier de Nice Mentor : Frédéric Galland Rodolphe Loury L’arrivée de l’étoile, qu’est-ce que ça a changé au Domaine du Mas de Pierre? C’est une grosse fierté, personnellement et professionnellement, et c’était aussi un but pour mes équipes et pour le domaine. Quant à moi, j’avais maintenu des étoiles pour des chefs et j’espérais un jour en avoir une en mon nom propre. Avez-vous une spécialité régionale à la carte? On sert un Feuille à feuille de légumes de saison, qu’on prend dans les hauteurs de Nice, et qu’on agrémente de graisse de coco, parfumée aux aromates du domaine – où nous avons un énorme potager. Cela donne un confit de légumes superposés, avec des fruits pour apporter la sucrosité. Le tout est servi dans des petites cocottes faites sur mesure. C’est comme un tian de légumes provençal, revisité à ma façon, et qui plaît beaucoup! Quel est l’esprit de la carte? J’ai été vraiment inspiré quand j’ai visité l’hôtel pour la première fois. J’ai vu les jardins du domaine, ce lieu magnifique, et tout son potentiel côté nature. J’ai donc mis en avant les légumes à la carte – dont on utilise d’ailleurs toujours les fanes. J’ai découvert cette approche auprès d’Alain Ducasse, pour qui j’ai travaillé notamment au Meurice. De plus, l’écologie me parle beaucoup : nos grandsparents et arrière-grands-parents travaillaient déjà beaucoup les légumes, racines et légumineuses. Pour ce qui est des desserts, la cheffe pâtissière Manon Isnard assure la continuité de cet esprit. Anastasia Chelini Formation: CAP & BEP cuisine, MC traiteur au lycée Auguste Escoffier à Éragny-sur-Oise Mentor : Jocelyn Herland © Domaine du Mas de Pierre
RkJQdWJsaXNoZXIy ODk2OA==