ASSURANCES L’Hôtellerie Restauration • Avril 2026 25 SOLUTION N° 4 : FAIRE APPEL À UN COURTIER SPÉCIALISÉ DANS LES CAS REFUSÉS PAR LES ASSUREURS CLASSIQUES Situé à Lyon, le cabinet Amy Underwriting travaille avec plus de 500 courtiers et est spécialisé dans les risques que les assureurs classiques renoncent à couvrir. “Même un restaurant sur une falaise peut trouver un assureur, tout est question de prévention, d’exclusion, de montant de prime et de franchise, avance Stéphane Rosier, chargé des opérations. À Étretat, nous avons récupéré un hôtel-restaurant abandonné des assureurs. Nous avons pu le faire assurer mais la franchise est passée de 1000 à 20000€. On peut même atteindre un ou deux millions d’euros pour des collectivités plusieurs fois vandalisées. Nous avons beaucoup de restaurants de plage, d’altitude, des campings… Face aux refus des assureurs, ils nous sont adressés par des courtiers pour les couvrir pendant deux ou trois années, le temps d’effacer leur sinistralité et de mieux se préserver des risques de sinistre. Dans le monde de l’assurance, le droit à l’oubli existe. Faire appel à nous est une solution, certes coûteuse, mais temporaire.” Stéphane Rosier reconnaît qu’une personne sur cinq adressée à son cabinet refuse les franchises trop élevées et préfère rester sans assurance. QuestionsRéponses 3 Stéphane Rosier, chargé des opérations chez Amy Underwriting. © François Pont Faut-il s’assurer à l’étranger ? “Nous avons des collègues qui sont obligés d’aller s’assurer en Allemagne”, affirme Florence Albaret, restauratrice de plage à la Baule (Loire-Atlantique). “Certains restaurateurs contactent des compagnies allemandes comme Hubener, assureur pour les risques aux expositions inhabituelles”, convient Jonathan Bajo, de GEA assurances. Là où les compagnies françaises sont totalement absentes, Hubener assure plus de 1500 discothèques et est présent dans neuf pays européens. “C’est une mauvaise idée d’aller à l’étranger. Ils seront soumis aux mêmes règles que nous”, estime pourtant le courtier de GEA. “Nous travaillons avec la Lloyd’s en Angleterre, mais de moins en moins. Ils chipotent sur tout”, déclare de son côté Stéphane Rosier, d’Amy Underwriting. Faut-il se relocaliser ? Face au recul du trait de côte, des spécialistes sonnent la retraite et invoquent le déplacement de bâtiments, pierre par pierre. C’est le cas de l’église de Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime) qui glisse inéluctablement dans la Manche et que la commune voudrait déplacer d’un kilomètre en retrait. Pour l’hôtellerie de plein-air, c’est déjà en application. Le camping municipal de Quiberville (Seine-Maritime) a été relocalisé sur les hauteurs de la petite commune normande. Et à Biscarosse (Landes), l’avenir de plus en plus incertain du Grand Hôtel de la plage, qui a été évacué et fermé provisoirement en raison des effets de la tempête Nils, relance le projet de l’éloigner physiquement des dunes. “Un restaurant avec vue sur mer n’a pas vocation à la perdre. Et pour le déplacer où?, s’interroge Laurent Barthélémy, président de l’Umih Saisonniers. Il faut respecter la loi Littoral. Il n’y a plus de terrains constructibles. Un projet de fonds alimenté par les plateformes pour aider les établissements concernés par le recul du trait de côte et l’érosion a disparu du budget 2026.” Le professionnel reste toutefois positif : “On a réussi à faire une mutuelle santé pour tous les salariés des CHR, on peut espérer une démarche identique d’un point de vue assuranciel.” Jonathan Bajo, de GEA Assurances. © DR En cas de gros sinistres, faut-il faire appel à un expert pour se faire représenter ? Chaque restaurateur ou hôtelier devrait avoir dans ses contacts le numéro de Frédéric Béal ou de l’un de ses confrères. Ces professionnels représentent les sinistrés dans les situations complexes (incendie, catastrophes naturelles…). “Des contrats d’assurance prévoient la prise en charge de nos honoraires. En cas de sinistre et même dans un moment de détresse, il faut avoir la présence d’esprit de nous appeler avant de faire la déclaration afin d’éviter des erreurs dans la formulation de la première déclaration. Cela va conditionner le reste du dossier. Nos clients ne comprennent pas que l’expert de l’assureur ne sera pas un allié. Nous engageons les négociations avec les assureurs dont nous maîtrisons la rhétorique et le rapport de force. Nous assistons nos clients jusqu’à la remise des clés et la souscription d’un bon contrat d’assurance. Le restaurateur pourra se consacrer à la reprise de son activité. Nous n’intervenons que sur les gros sinistres de plus de 100000€. Nous avons fait doubler le montant de l’indemnisation promise par un assureur à un hôtelier franchisé, l’indemnisation est passée de 7 à 14M€”, explique le fondateur de Béal Expertise. Cinq pompes à eau et les batardeaux ont protégé la Guinguette de l’Aubraie du naufrage pendant la tempête Nils. © François Pont
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