L’Hôtellerie Restauration • Avril 2026 ASSURANCES 24 SOLUTION N° 1 : AGIR POUR SE PROTÉGER ET FAIRE BAISSER SES PRIMES D’ASSURANCE SOLUTION N° 2 : FAIRE INTERVENIR LA MUNICIPALITÉ SOLUTION N° 3 : FAIRE APPEL À UN COURTIER SPÉCIALISÉ CHR Le recul du trait de côte menace le restaurant Kayok en Gironde Les élections municipales de 2014 ont tout changé pour Jean-François Tastet, qui exploite huit restaurants dont le Kayok en front de mer à Lacanau (Gironde). “Le maire, Laurent Peyrondet, a fait venir des experts des Pays-Bas. Ils proposaient de drainer la plage. Ils savent faire. Tout est possible si la volonté politique est là. Pour autant, les commerçants ont abondé leurs propres fonds pour participer aussi à la lutte contre l’érosion du trait de côte. L’ensablement est un combat coûteux et vain comme à Biscarosse. Le choix de notre commune s’est porté sur l’enrochement. Depuis, les tempêtes s’enchaînent avec comme dégâts une ou deux chaises envolées. Le maire a tout changé et la côte ne bouge plus depuis des années”, salue Jean-François Tastet, également président des restaurateurs de l’Umih 33. “Lors de grosses tempêtes, le recul peut atteindre 25 mètres d’un coup comme à Biscarrosse”, confirme Nicolas Bernon, ingénieur risques naturels de l’Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine-BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). La protection des communes face aux risques climatiques est plus que jamais un enjeu vital. Jonathan Bajo, du courtier GEA assurances, explique : “Le risque climatique est la première préoccupation des assureurs. Nous travaillons avec l’Umih IDF qui nous contacte pour des cas désespérés comme ce brasseur résilié par son assureur après un dégât des eaux à 420000€. Nous travaillons avec dix grands assureurs français et un suisse. Surtout, nous connaissons très bien les CHR. Depuis la crise du Covid, les exclusions sont devenues fréquentes. La localisation est déterminante. Par exemple, il est difficile de couvrir un restaurant d’altitude au-dessus de 1500 mètres en raison de la difficulté d’accès des secours. En bord de mer, c’est moins compliqué, sauf pour les paillottes. Les effets du sel et de la mer seront exclus. D’une manière générale, il vaudra mieux investir pour contraindre les effets du climat (inondation, immersion…) que de payer des assurances aux primes délirantes. Et pour les risques récurrents voire l’absence d’aléas, le restaurateur pourra s’orienter sur un assureur du risque aggravé.” Les recommandations de Xavier Castillan, président Isère de la Fédération régionale de l’hôtellerie de plein air (FRHPA) “Je n’attends pas tout de notre assureur, Groupama. Il existe des solutions sur pilotis pour nos mobil-homes voire des systèmes de coussins gonflants. Dans mon camping, j’ai fait des terrasses d’infiltration pour empêcher la stagnation de l’eau. Les routes et chemins sont en gravier pour laisser s’écouler les précipitations. On voudrait retirer les branches des rivières mais les écologistes disent que les grenouilles s’y reproduisent. On fait face à beaucoup de normes et de dogmatisme. Pour autant, nous améliorons les réseaux d’évacuation des eaux fluviales. Les assurés doivent prendre des initiatives pour faire face au dérèglement climatique. Les assureurs apprécient et en tiennent compte. Ensuite, on demande à nos affiliés de ne pas faire marcher l’assurance pour un feu de barbecue ! C’est stupide ! Si on use nos polices avec des micro-sinistres, les assureurs ne seront plus là pour les grosses catastrophes.” Face aux phénomènes climatiques extrêmes, comment agir avec les assurances ? 2 Leonardo le 4 février dernier, Nils le 11, Pedro le 18, semaine après semaine, les tempêtes s’enchainent à un rythme infernal. © DR Renforcement de la dune au pied du restaurant le Kayoc à Lacanau-Océan. © DR La Guinguette de l’Aubraie (Vendée) “Dans les années 1980, ma grand-mère venait chercher en barque la vaisselle du restaurant qui flottait. Nous avons repris l’affaire il y a un an, à la suite d’un gérant qui a connu sept inondations en raison du débordement du Lay. Il n’était pas organisé et a beaucoup perdu. Dès notre arrivée, nous avons placé des pompes, des batardeaux à toutes les portes, on enlève le mobilier en cas de crue. L’assureur Axa est venu sur place constater nos efforts. Notre prime a baissé. Nous payons très peu alors que les inondations sont récurrentes, car nous avons mis en place nos propres solutions pour éviter d’avoir recours à l’assurance, qui est une sécurité en cas de sinistre majeur”, explique Clémence Roy. La tempête Nils a fait monter le Lay de 2,88 mètres, sans envahir le restaurant. Cinq pompes à eau ont servi de rempart. Un coup de raclette et la Guinguette de l’Aubraie à Péault (Vendée) a pu accueillir ses clients, l’air de rien. La Guinguette de l’Aubraie, entourée de 2,88 mètres d’eau. © DR
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