L'Hôtellerie Restauration No 3854

38 Dans l’agence Century 21 Horeca de Nîmes, qui couvre le Gard, l’Hérault mais aussi une petite partie de l’Aude et du Vaucluse, la situation géographique des fonds de commerce est très variée : villes, arrière-pays, littoral, villages touristiques (ou pas)… “Le littoral a toujours été attractif, mais c’est un peu moins vrai aujourd’hui. Ce qui intéresse les acheteurs désormais, c’est une affaire sécurisante – même si elle se situe dans l’arrière-pays”, résume Marc Thélène, directeur de l’agence. Il constate “une récession des activités CHR, et une vraie chute du nombre d’acquéreurs en 2025, dans un contexte économique peu favorable et d’importantes problématiques de personnel”. Aujourd’hui, les acquéreurs ont le choix, ils sont plus avisés et attentifs aux détails. “Les avis de valeur sont difficiles à rendre. Nous allons chercher loin pour définir une estimation : la qualité du matériel en cuisine, de l’extraction, du mobilier, la valeur locative, la réputation du vendeur… En bref, ils veulent une affaire avec zéro problème – et avec terrasse bien sûr, un critère indispensable dans notre région. En parallèle, les propriétaires de murs sont aussi plus exigeants. Tout cela nous amène à souvent renégocier des éléments du bail commercial”, explique-t-il. L’attractivité du prix, et pas que La cession de bars-tabacs et de tabacs a représenté l’activité principale de l’agence en 2025. Mais l’hôtel-bureau reste la première demande des acquéreurs, suivie des restaurants. “Il s’agit de création de différents concepts. Au lieu de transformer un autre type de local commercial, comme on nous le demande souvent pour de la création, nous les orientons vers des fonds de commerce déjà en place (bail et extraction valides) dans la restauration”, indique Marc Thélène. Les “grosses affaires” sont souvent rachetées par Une terrasse sur la place Saint-Ravy à Montpellier. © OT3M Dans un contexte économique chahuté, la cession de fonds de commerce dans le secteur CHR est devenue complexe – même dans des zones géographiques attractives. Marc Thélène, directeur de l’agence Century 21 Horeca à Nîmes, fait le point sur l’année écoulée. Cession de fonds de commerce Gard-Hérault La fiabilité prime sur la localisation FONDS DE COMMERCE L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 des personnes à proximité, qui en possèdent déjà et réalisent une croissance externe. Dans la restauration, les primo-accédants peuvent être des cuisiniers qui franchissent le cap pour ouvrir leur propre établissement. “Je remarque aussi que des jeunes – pas toujours issus de la restauration – associent leurs compétences pour monter des concepts qui marchent bien en ville ou en littoral. Après un premier établissement, ils en ouvrent souvent un second”, analyse-t-il. Les acquéreurs en reconversion s’orientent plutôt sur un bartabac ou de la restauration rapide – bien que cette tendance diminue. De petits groupes hôteliers s’intéressent à l’hôtel-bureau – tout comme des primo-accédants ayant vendu une autre affaire dans un secteur différent. Là aussi, la localisation sera secondaire. “Les villes ne sont pas dans une grande dynamique non plus en ce moment. Dans les restaurants sur le littoral, une bonne saison n’est plus garantie. Les exploitants doivent encore plus s’engager pour faire fonctionner l’établissement. Le Sud reste attractif mais moins qu’avant”, conclut-il. Le manque de confiance dans l’entreprenariat est perceptible partout. Malgré tout, les entrepreneurs s’adaptent aux situations et à leur environnement pour avancer. Agence Horeca Nîmes Répartition des mandats en janvier 2026 (en %) Prix des cessions PERF (EBE reconstitué) Hôtellerie 8% entre 1,5 et 2,5 le CA HT 4 à 5 × PERF Bar-brasserie 11% 80% du CA HT 3 à 4 × PERF Restaurant 24% 60-70% du CA HT 2 à 3 × PERF Restauration rapide 8% 60-70% du CA HT 3 × PERF Bar-tabac / tabac 10% selon rentabilité 3 à 3,5 × PERF Marc Thélène, directeur de l’agence Century 21 Horeca à Nîmes.

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