L’Hôtellerie Restauration • Janvier 2026 PROCÈS 6 d’une perte de chance de conserver celui-ci. Un indépendant peut demander l’indemnisation de la perte de marge, de chiffre d’affaires, voire des investissements engagés. Il est également possible de solliciter la réparation du préjudice d’image ainsi que le remboursement des frais de communication engagés pour restaurer sa réputation. Enfin, le remboursement des frais d’avocat peut être demandé. Tout préjudice direct, certain et justifié peut donner lieu à indemnisation. Dans de nombreuses affaires, on assiste à un lynchage médiatique. Comment se défendre face à une meute parfois anonyme? Face à un lynchage médiatique, l’avocat met en place une stratégie globale, à la fois juridique et médiatique. Sur le plan juridique, il est possible d’engager des procédures visant à lever l’anonymat des auteurs et à solliciter le retrait de contenus illicites auprès des plateformes, notamment Google. Sur le plan médiatique, l’avocat peut coordonner un droit de réponse, travailler avec la presse et rédiger un communiqué destiné à rétablir les faits et l’honneur de la personne mise en cause. Dans l’affaire Largeau, 5000€ de dommages et intérêts ont été alloués. Estce un juste prix pour le drame vécu par ce jeune chef en pleine ascension? Les 5000€ correspondent exclusivement à la réparation d’un préjudice moral. La réparation d’un préjudice matériel, financier ou d’image suppose que ces demandes soient expressément formulées devant le juge et étayées par des éléments comptables ou financiers. Sans demande chiffrée et sans justification, aucune indemnisation ne peut être accordée. Le montant alloué ne reflète donc pas nécessairement l’ampleur réelle du préjudice subi, mais uniquement ce qui a été juridiquement demandé et démontré. Un petit restaurateur peut-il se permettre des actions en justice coûteuses? Contrairement aux idées reçues, des démarches simples et peu coûteuses peuvent parfois suffire à enrayer une situation grave. Une mise en demeure adressée par un avocat peut stopper rapidement la diffusion de contenus illicites, pour un coût limité. S’agissant des procédures judiciaires, les honoraires peuvent être étalés dans le temps et le remboursement des frais d’avocats peut être sollicité en justice. La vraie question n’est pas tant le coût de la procédure que la solvabilité de l’adversaire et, surtout, le coût de l’inaction. Un restaurateur qui perdrait une part significative de son chiffre d’affaires en raison d’une atteinte à son e-réputation, pourrait souffrir davantage s’il ne se défendait pas. Un hôtel accusé d’être envahi par les punaises, du fait maison en réalité surgelé, des violences sexuelles – avérées ou pas –, des allégations de racisme, une campagne de faux-avis… les possibilités de crise ne manquent pas dans le CHR, et peuvent parfois avoir des conséquences irréversibles. Les communicants disposent d’une véritable expertise pour anticiper, faire face voire rétablir la réputation entachée d’un professionnel, d’une marque ou d’une entreprise. “NE PAS SE TAIRE !” Florian Silnicki, présidentfondateur de LaFrenchCom, expert en communication de crise “Se taire est une stratégie de dignité. En restant silencieux, les chefs pensent ne pas faire de vague. Le silence n’est pas neutre, il est interprété souvent comme un aveu, une fuite ou une arrogance. En crise, celui qui raconte l’histoire gagne. La vérité seule ne protège pas. Le temps judiciaire et le temps médiatique ne sont pas alignés. La justice peut être rendue tard quand l’opinion publique a déjà tranché. Il faut donc reprendre le contrôle du tempo (parler tôt), du cadre (dire ce que l’on est, ce que l’on fait et ce que l’on ne fait pas) et du récit (il s’agit d’apporter des faits vérifiables sans crier au complot). La communication de crise n’est pas une arme, c’est un bouclier et, aujourd’hui, dans l’hôtellerie et la restauration, plus personne ne peut se permettre de croire qu’il sera épargné !” Les bonnes pratiques des experts en communication de crise Florent Silnicki ©DR
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