Sans mesures fortes, 10 à 15% des bâtiments en zone inondable ne seraient plus assurables d’ici à 2030, selon des études de la Caisse centrale de réassurance (CCR). La sinistralité liée aux catastrophes naturelles devrait augmenter de 60% d’ici 2050, ce qui pousse les assureurs à resserrer leurs critères et à refuser certains biens ou territoire. À ce titre, la première carte de l’assurabilité du territoire (destinée aux particuliers), initialement prévue pour mars 2025, a été renvoyée à après les élections municipales. Elle pourrait faire apparaître des déserts assuranciels, très localisés, en raison des risques climatiques, avec par exemple un hôtel en bord de falaise impossible à couvrir à 200 mètres d’un autre établissement disposant d’une police très basse. Face à ce durcissement des relations entre hôteliers-restaurateurs et assureurs, aides et solutions restent méconnues mais pas si rares. La sécheresse s’abat sur l’Auberge du cheval blanc Depuis la sécheresse de l’été 2019, Frédéric Bodereau, patron de l’Auberge du Cheval blanc (Sarthe), redoute de tout perdre. “Un soir de novembre, le carrelage de la salle de réception a explosé en geyser. Les fissures sont apparues partout dans mon auberge. Plus possible de faire de banquet de chasseurs et interdiction de louer mes cinq chambres, seul le restaurant au bord de la N23 fonctionne. Une nationale qui cède elle-même sous le gonflement des argiles. Depuis sept ans, je me bats contre mon assureur qui refuse de m’indemniser. Qui voudra me couvrir ensuite?” Des crues inondent La Grenouillère La Grenouillère, le restaurant doublement étoilé d’Alexandre Gauthier à La Madelaine-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), a connu quinze mois de fermeture en raison des crues inopinées de la Canche et de ses marais. Des incendies géants menacent l’Auberge du Vieux Puits L’été dernier, le restaurant 3 étoiles Michelin de Gilles Goujon à Fontjoncouse (Aude), a miraculeusement échappé aux incendies géants dans l’Aude. “Nous avons rouvert le 20 mars. Dans la région, les derniers arbres rescapés des incendies viennent d’être déracinés par la tempête Nils. Mais on garde le moral”, confie, fataliste, un employé au téléphone. Leonardo le 4 février dernier, Nils le 11, Pedro le 18… Semaine après semaine, les tempêtes s’enchaînent à un rythme jamais vu avec leur cortège d’inondations, de destructions, de pertes d’exploitation et de lettres de radiations des compagnies d’assurance. Le climat s’emballe en montagne comme en front de mer. Les sécheresses estivales gonflent les argiles, brûlent les forêts. Ce n’est pas encore l’apocalypse, mais les hôteliers et restaurateurs, très exposés selon les emplacements, peinent de plus en plus à se faire assurer. Pourtant des solutions existent. L’Hôtellerie Restauration • Avril 2026 ASSURANCES 22 D’ici à 2030, plus de 10 % des bâtiments en zone inondable ne sera plus assurable 1 Serez-vous encore assuré en 2030 ?
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