L'Hôtellerie Restauration No 3852

“Il n’est guère de passion sans lutte”, disait Albert Camus. Et il n’est guère de réussite sans travail, persévérance ni curiosité, pourrait ajouter Nicolas De Gols. L’ancien élève de l’école hôtelière de Menton a construit un parcours d’exception avant de devenir, en octobre dernier, à 43 ans, le directeur général du Shangri-La, l’un des plus beaux palaces de Paris. Sa passion pour la restauration, Nicolas De Gols l’a découverte lors des étés qu’il passait, enfant, à travailler dans l’établissement de sa tante, en Belgique. “Pendant deux mois, avec mon frère, nous faisions des tournois de tennis la journée puis, de 18 heures à minuit, allions aider au restaurant familial. Tout cela me paraissait absolument normal”, reconnaît-il. Un restaurant à 25 ans Très vite, “vers 10-12 ans”, alors que son choix de carrière est évident, il se heurte à la volonté de ses parents de le voir décrocher un bac général. Au lycée, l’adolescent s’ennuie ferme, redouble sa seconde. Ses parents s’inclinent et Nicolas De Gols entre enfin en BEP. “C’était dur, il fallait apprendre vite, mais c’était ce que j’aimais. J’ai très vite voulu être le meilleur dans ce que je faisais.” Ses bons résultats lui permettent de poursuivre en bac pro et d’obtenir des stages dans les meilleurs établissements de la Côte d’Azur. Après quelques mois en BTS, il entre dans la vie active. D’abord barman dans une boîte de nuit, puis maître d’hôtel au Monte Carlo Bay, il s’associe avec un ami pour ouvrir un restaurant. Il a tout juste 25 ans mais pas d’argent : “Il fallait être débrouillard, trouver des solutions en permanence.” Trois ans après, les l’ascension de Nicolas De Gols jusqu’au Shangri-La Paris “Je n’ai jamais choisi le chemin le plus facile” Il a appris le métier à l’école, dans le restaurant familial, derrière un bar, dans des établissements luxueux en France et à l’international… À 43 ans, le directeur général du palace parisien revendique une carrière façonnée par le terrain, l’exigence envers lui-même et une constante curiosité. L’Hôtellerie Restauration • Janvier 2026 CARRIÈRES 32 associés acceptent une proposition de reprise. Deux mois plus tard, il est embauché comme assistant manager au bar du George V, dont il devient ensuite directeur adjoint des banquets. Le rêve américain Mais Nicolas De Gols rêve d’Amérique. Alors qu’il ne parle pas anglais, il obtient le poste de directeur de restaurant au Four Seasons Beverly Wilshire, à Beverly Hills, et s’installe en Californie avec sa femme et leurs deux filles. Les postes s’enchaînent : directeur de la restauration, directeur F&B chargé de la côte Ouest, à Seattle. “Deux ans passent et je postule pour un poste à Dubaï qui malheureusement m’échappe. On me propose alors de revenir à Paris en tant que directeur de la restauration du George V, où je reste deux ans.” De son expérience américaine et d’un certificat en gestion d’actifs décroché à Cornell, le dirigeant a ramené une solide expertise du “côté financier et business”. Un atout rare qui n’échappe pas à Amir Nahai, directeur F&B pour Accor, qui l’engage en 2020 comme viceprésident F&B Europe. En juin 2022, le groupe lui propose la direction du Raffles Royal Monceau. Nicolas De Gols devient alors, à 39 ans, le plus jeune directeur général d’un palace. “J’y apprends de nouveaux métiers, les ressources humaines, la finance, les ventes, le marketing… J’étais complètement perdu, mais c’était passionnant !” Trois ans après, le Shangri-La Paris, qui renouvelle son offre de restauration, le contacte : “Ici, on part d’une feuille blanche et cela me plaît. Au fond, je n’ai jamais choisi le chemin le plus facile !” “J’ai envie de rendre ce qu’on m’a donné” Un chemin qu’il ne parcourt pas seul : “J’ai la chance fantastique d’avoir une épouse qui m’a toujours soutenu et suivi à travers le monde.” Le dirigeant s’est également beaucoup inspiré des professionnels rencontrés pendant vingt ans. Il a aujourd’hui à cœur de transmettre son expérience. Le premier conseil qu’il aimerait partager aux jeunes? “En début de carrière, il faut donner beaucoup de soi, c’est pour cela que certains abandonnent. Mais il ne faut surtout pas se décourager car les choses se stabilisent au fil des années. Ça n’existe pas la chance. Il faut être curieux d’apprendre, exigeant envers soi-même et toujours vouloir le meilleur, car c’est comme cela que de belles choses arrivent.” Nicolas De Gols a été nommé directeur général du Shangri-La Paris en octobre 2025. © Elise Quiniou

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