L'Hôtellerie Restauration No 3849

L’Hôtellerie Restauration • Octobre 2025 RECRUTER & FIDÉLISER 6 Les salariés sont motivés par la passion pour leur métier la reconnaissance de leur travail un management honnête et respectueux l’interaction avec les clients leur intégration dans une équipe soudée et solidaire Reste que près de 60% des salariés recherchent ailleurs leur motivation quotidienne. Impossible donc de ne compter que sur l’amour du métier, pour motiver l’intégralité de ses équipes. Et, vie en communauté oblige, sont les relations humaines qui sont la deuxième source de stimulation quotidienne des salariés. Au total, ils sont 39% à en faire leur principal vecteur de motivation, que ce soit par le biais du contact avec la clientèle, la recherche de reconnaissance de la part de leur employeur, ou le soutien des collègues. Le contact avec la clientèle ressort comme un excellent stimulant (17% des sondés). Même si certains déplorent “une clientèle qui devient ultra-exigeante et irrespectueuse”, d’autres se nourrissent des “félicitations des clients, quand ils ont été séduits”. Et sans surprise, c’est d’autant plus vrai pour les employés en salle qui en font leur principale motivation pour 28% d’entre eux, qu’ils soient serveurs, barmen, sommeliers… “En tant que barman, le contact client est essentiel pour moi ! C’est une des choses qui m’a conduit à ce métier. Je n’aime pas travailler dans les bars d’envoi”, témoigne Rémi, qui assure s’être fait des amis au fil du temps parmi sa clientèle. Dans l’hôtellerie aussi, ce critère est une importante source de motivation pour 23% des sondés. Plus loin des clients, les employés en cuisine se reposent davantage sur le soutien des collègues (12%), plutôt que les relations avec la clientèle (4%). “Ce qui contribue le plus à ma motivation, c’est le soutien des collègues et la bonne ambiance d’équipe. Ça donne envie de s’investir pleinement chaque jour”, souligne Fatou, une jeune femme qui débute en cuisine. Pour Julian, plus expérimenté, ce qui est moteur, “c’est d’apprendre et de travailler avec des personnes qui aiment ce métier”. Le travail en équipe et la solidarité entre collègues ressortent aussi, dans une moindre mesure, comme un bon stimulant dans les métiers de l’hôtellerie (11%) et de salle (8%). Rémi, le mixologue, y voit une différence forte avec “un métier de bureau dans lequel chacun est sur son dossier. Là, le dossier est partagé par toute l’équipe. C’est important qu’il y ait une bonne entente dans l’équipe.” Important? Essentiel, même. JeanDaniel, l’œnologue, pointe “le non-professionnalisme de beaucoup de jeunes”, qui a contribué, entre autres choses, à la poursuite de sa carrière à l’étranger. Un sentiment qu’on peut rapprocher de celui de Mike, salarié dans l’hôtellerie qui, lui, apprécie “le luxe de ne travailler avec personne la nuit”… Paradoxalement, ce besoin de travailler en équipe est contrebalancé par une envie d’autonomie dans les missions, qui est source de motivation pour 10% des répondants. C’est un peu plus vrai dans les métiers de l’hôtellerie (13%) qu’en cuisine (10%) ou en salle (8%). BENOIT DELABRE, ALETHEIA PRESS Le travail en équipe : solidarité et bonne ambiance 11% Et le salaire dans tout cela? Évidemment, l’argent reste un point central dans toute approche professionnelle. “Ce qui me motive ? Bah le salaire frérot ! Tu crois que je me tue pour le plaisir des patrons ?”, ironise Cyril, cuisinier. D’ailleurs, 35% des répondants ont déclaré faire du salaire leur premier critère lorsqu’ils ont à choisir un employeur. Mais est-ce le meilleur moyen de fidéliser ses salariés? Pas forcément. L’évolution de carrière ne ressort qu’assez peu comme critère de stimulation. Certes, Julian, cuisinier déjà aguerri, puise encore son énergie dans “le fait de toujours apprendre et de travailler avec des personnes qui aiment ce métier”. Mais jeunes ou moins jeunes, et même chez les débutants, ils ne sont que 6% à en faire une source de motivation. C’est davantage la reconnaissance du travail par l’employeur qui est mise en avant, par 11% des répondants (13% pour les salariés en cuisine, et 11% pour ceux de l’hôtellerie). Une notion “valise” qui intègre la reconnaissance financière et des relations “honnêtes” (notamment dans la gestion des plannings et le paiement des heures supplémentaires), mais aussi une communication apaisée et positive… Une notion, surtout, qu’il ne faudrait pas négliger, car elle est aussi – pour plus de 25% des répondants – la principale source de démotivation et de renonciation des salariés du secteur ! Nous détaillerons cela dans notre prochain article. La reconnaissance de l’employeur est essentielle 11% 17% Le contact client reste fondamental

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