Une étoile que Nicolas Mouton et Cédric Delvart n’ont vraiment pas vu venir ! Surpris, donc, mais heureux. Après plusieurs années au Château d’Ermenonville dans l’Oise, où ils contribuent au succès et au développement de cette maison dédiée aux séminaires, mariages et réceptions avec un restaurant gastronomique, les deux amis trentenaires décident d’ouvrir leur maison. Moult recherches plus tard, ils ont d’abord un premier coup de cœur pour un château en région parisienne (peut-être n’ont-ils pas dit leur dernier mot, l’avenir nous le dira), La Fourchette du Printemps ouvre en septembre 2009, rue du Printemps à Paris. La clientèle répond peu à peu présente, les journalistes aussi. L’adresse fait partie des trois restaurants en finale pour le Trophée Jacquart 2010. Une communication bienvenue car Nicolas Mouton, chef cuisinier et Cédric Delvart, chef pâtissier, ne sont que deux en cuisine, secondés en salle par Ingrid Dable, et ils doivent doublement assurer pour faire face au banquier.
Lorsque l’étoile Michelin est annoncée il y a quelques semaines, la clientèle d’habitués se réjouit tout de suite, mais l’équipe de La Fourchette du Printemps se heurte également à des réactions moins enthousiastes et parfois même à des réflexions déplacées. Il arrive que certains clients ne comprennent pas qu’un petit et élégant restaurant de quartier, pour lequel les propriétaires se démènent afin d’assurer une belle qualité et des prix serrés, soit affublé d’une étoile au même titre qu’une adresse à la prestation plus ambitieuse. Le temps que tout cela soit assimilé et ces clients pourront peut-être découvrir ce dont ils peuvent profiter dans un menu (entrée, plat et dessert) affiché midi et soir à 42 €, dont le fameux Waterzoï. Tenir des prix serrés et surtout ne rien changer, tel est le défi de Nicolas Mouton et Cédric Delvart. Leur plus grande fierté reste la satisfaction de leurs clients et une salle remplie midi et soir. La suite ? Le vieux piano de 30 ans à changer et… un sol de cuisine à carreler !