Le 4 mars dernier, un rapport d’architecte relatif à un bâtiment du XIXe siècle situé place de la mairie avertit la municipalité : les murs et piliers se fissurent. L’édile prend un arrêté de péril imminent et l’immeuble du centre-ville est évacué. Conséquence : au rez-de-chaussée, la brasserie Le Piccadilly ferme pour une période indéterminée. Le tribunal administratif nomme un expert qui établit un diagnostic moins alarmiste. Après des travaux de renforcement provisoires, le bâtiment n’est plus qu’en ‘péril ordinaire’ et la brasserie rouvre le 13 mars. “ Si le péril imminent avait été maintenu, la brasserie aurait pu rester fermée très longtemps”, confie René-Claude Dauphin, propriétaire du ‘Picca’ depuis 35 ans.
“L’assurance que le bâtiment est sain”
“Nous avons perdu 59% de notre chiffre d’affaires en mars. C’est le mois le plus faible depuis 1976”, déplore le patron. L’assurance ne couvrait la perte d’exploitation qu’en cas de dégâts causés par l’eau ou le feu. Et la direction départementale du travail n’a pris en charge qu’une part réduite des salaires des 24 employés.
À 65 ans, René-Claude Dauphin voudrait passer le relais. Mais cette affaire ne risque-t-elle pas de faire baisser la valeur de cette institution rennaise ? “Au contraire, rétorque l’énergique sexagénaire. La plupart des restaurateurs du centre ne connaissent pas l’état de santé de l’immeuble dans lequel ils travaillent. Après les travaux de réhabilitation, on aura l’assurance qu’il est sain.”