La vocation lui est venue très jeune, à Aix-les-Bains, dans les cuisines de l’hôtel de son grand-père. A seize ans, après un stage chez Pierre Marin, (1 étoile Michelin), il pousse la porte de Marc Veyrat. Séduit par ce gamin qui ‘connaît la montagne’, le chef l’engage comme commis. “C’était un grand choc après une maison classique, un choc de saveurs nouvelles, de cuissons différentes, de créativité.” Il y restera cinq ans et deviendra le second du chef au chapeau. Puis, pour trouver une identité et se former davantage, il entame son tour de France.
En 2002, il a 24 ans. On lui propose la gérance de l’Oxalys à Val Thorens, un restaurant à 2 300 mètres, ce qui n’est pas sans incidence car les cuissons ne sont plus les mêmes à cette altitude. “Personne ne croyait en ce projet. Avec ma femme Magali, nous étions certains que la gastronomie avait de l’avenir ici.” En 2006, la 1re étoile couronne son travail. “C’était une énorme bouffée d’oxygène, un réconfort qui nous a permis de sortir la tête de l’eau. Du jour au lendemain, j’ai augmenté le chiffre d’affaires de 28 %. Mais, au-delà de l’aspect financier, c’était pour moi un immense honneur.”
“J’ai grandi en feuilletant la collection des guides Michelin de mon grand-père. Obtenir cette 2e étoile, c’est aussi intense que de gagner une médaille aux Jeux Olympiques. Pour moi la clef de la réussite est dans la régularité, le travail” Jean Sulpice, 31 ans, un des plus jeunes chefs doublement étoilé Michelin, a une autre passion. Père d’un petit garçon de 18 mois, il confectionne les repas des enfants de la crèche de Val-Thorens . Et de sourire : “Les enfants sont nos clients de demain”
“Je fais une cuisine de cœur et ne rate aucun service. Je serre la main de mes clients. À l’Oxalys, on ne vient pas manger ma cuisine, on vient manger mon âme.