Un jeune homme pressé, Matthieu de Lauzun ? “Plutôt passionné”, corrige le chef de 26 ans. “Je me donne à 100 %, je ne compte jamais les heures, et je suis toujours très demandeur quand il s’agit d’apprendre; c’est la passion qui m’anime et me guide, qui me fait avancer. Sinon, comment travailler 16 heures par jour et 6 jours par semaine pour préparer en moyenne une vingtaine de couverts par service ?” Surtout quand on n’est que 2 en cuisine, et que l’on a connu des débuts assez difficiles à Gignac, à une trentaine de kilomètres au nord de Montpellier, où Matthieu de Lauzun s’est installé il y a deux ans avec sa compagne, Anne-Laure : “On a repris une table qui avait ses clients habitués, et quand on leur a proposé une cuisine un peu plus originale, on a trouvé beaucoup de monde pour nous assurer que ça ne marcherait jamais”. Il n’aura cependant pas fallu longtemps pour trouver une nouvelle clientèle, et décrocher cette étoile Michelin qui récompense une cuisine spontanée. “Je suis toujours en train de rajouter ou d’enlever quelque chose sur la carte, de la transformer; une recette jamais fixe.”
Matthieu de Lauzun fait ainsi la preuve que la valeur n’attend pas le nombre des années, surtout quand elle s’appuie sur le respect des aînés, dont Michel Bras et Paul Haeberlin, auprès de qui le jeune chef a su puiser sa propre inspiration, après son CAP en apprentissage à La Poularde de Montrond-les-bains. Avant de voler de ses propres ailes, le jeune homme est également allé se parfaire à Lyon, chez Mathieu Vianney, et à Osaka. De son voyage au Japon, il retient une approche singulière, avec peu de matières grasses, peu d’assaisonnements, et des cuissons courtes. Avec en plus cette manière presque sensuelle de se concentrer sur le produit à travailler.
| En chiffres, bio expresse et recette |
En chiffres Chiffre d’affaires 2008 : 300 K€ Ticket moyen/jour : 94 € Nbre de couverts/jour : 40 Nbre de places assises: 25 Effectif: 7 personnes Fermeture annuelle : du 16 février au 10 mars Repos hebdomadaire : samedi midi, dimanche soir et lundi toute la journée.
Bio express Avril 2006 : rencontre avec Michel Bras 1er octobre 2007 : rachat du restaurant Le Capion à Gignac Octobre 2008 : élu jeune talent du GaultMillau en Languedoc-Roussillon 5 mars 2009 : 1re étoile Michelin
Recette Coquillages marinés au citron vert et aux herbes sur un écrasé d’avocat relevé, Vinaigrette à la pulpe de betteraves et petit beignet croustillant de poisson
Ingrédients pour 4 personnes 8 coquilles Saint-Jacques • 1 kg de moules de bouchot • 50 g coques • 120 g de chair de tourteau • 2 citrons vert • ½ concombre • aneth, sel, poivre • huile d’olive • tabasco vert • échalote grise
Progression 1. Coquillage • Ouvrir les moules et les coques au vin blanc façon ‘marinière’ • Décortiquer • Ajouter les Saint-Jacques hachées • Émietter la chair de tourteau • Zester les citrons verts et presser le jus • Assaisonner le mélange de coquillages avec de l’huile d’olive, jus de citron vert, zestes, concombre haché, aneth ciselé, tabasco vert et échalote ciselée
2. Avocat • Mixer 4 avocat HAAS avec de l’huile d’olive, du vinaigre de vin rouge, du tabasco vert, de la sauce soja et du sel
3. Vinaigrette betteraves • Mixer une betterave cuite avec 2 cuillères à soupe d’huile d’olive, 2 cuillères à soupe de vinaigre de framboise, sel et poivre fin • Décorer avec des bâtonnets de Granny Smith et quelques mouillettes |