Comment vous situez-vous vis-à-vis des autres designers avec lesquels le groupe Morgans a travaillé comme Andrée Putman et Philippe Starck ?
Je suis plus jeune [rires]. Chaque hôtel est unique et chaque objet d'art de l'hôtel est une pièce unique. Nous ne sommes pas dans la répétition.
Comment trouvez-vous de nouveaux concepts ?
Je commence par faire des recherches sur l’histoire d'un lieu et j'observe ses matériaux. Par exemple, le Ames est l'un des anciens gratte-ciel de Boston. J'ai imaginé un design contemporain qui vient le compléter, sans le mimer.
Quels sont les grandes tendances que vous percevez dans l'hôtellerie?
Le problème avec les tendances est qu’au moment où vous mettez un nom dessus, il y en a déjà deux ou trois autres dans l'air. Chasser les tendances est stupide. Cela étant dit, je pense que les clients recherchent de plus en plus des espaces personnels [par opposition aux chaînes standardisées].
Vous avez travaillé avec Alain Ducasse pour Adour, son restaurant gastronomique à l'hôtel St. Regis de New York. Pouvez-vous nous parler de cette collaboration ?
Nous venons de terminer un nouveau restaurant Adour au St. Regis de Washington. Alain Ducasse s’est beaucoup impliqué pour choisir l'atmosphère de la salle, les chaises, la qualité de la lumière. De notre collaboration avec Alain Ducasse, nous [Rockwell Group] avons beaucoup appris sur le contrôle de la température pour le vin. Chaque type de vin nécessite une conservation à température différente. Les propriétaires du St. Regis voulaient créer un programme pour les aficionados de vin car ils ont réalisé que le vin est l'un des facteurs déterminants dans le choix d'un hôtel. Le laboratoire dédié aux technologies au sein de notre groupe a développé la table et le bar interactif [une technologie permet, d’un mouvement du doigt, de tout savoir sur l’origine, le cépage et l’appellation du vin].
Quel autre type de concept êtes-vous en train d'explorer?
Nous sommes en train de développer une surface murale qui est comme un iPhone géant, pour les boîtes de nuit. C'est une interface tactile qui permet aux personnes qui la manipulent d’effectuer une création interactive pour ceux qui sont de l'autre côté du mur, dans le lobby. Le but de la technologie est de rapprocher les gens, non de les isoler.
Quels sont vos projets en cours?
Nous venons de finir le Chocolate bar de François Payard dans la boutique Mauboussin de New York. Nous avons réalisé le restaurant de Jean-Georges Vongerichten J&G Steakhouse au Phoenician à Scottsdale, en Arizona, et nous planchons sur une nouvelle création avec lui. Enfin nous travaillons sur un projet avec Daniel Boulud.