L'impact de la déduction sur le remboursement des intérêts
On ne répétera jamais assez que le principal danger est un endettement excessif que l'on a du mal à rembourser.
Certaines affaires auraient pu s'en sortir en veillant à inclure dans leur prévisionnel une augmentation de l'impôt sur les sociétés au fur et à mesure de la durée de l'emprunt. Explications.

=> Au fil des ans, l'annuité qui se compose du capital et des intérêts voit sa composition évaluer pour n'être plus composée à la fin que du capital.
Comme une partie seulement de l'annuité est déductible (en l'occurrence les intérêts), la partie déductible diminue et l'impôt sur les sociétés augmente d'autant.

CA – achats = valeur ajoutée - frais généraux - salaires + charges - impôts + taxes
= EBE
- amortissements - frais financiers (intérêts) = 20 000°€
= résultat net avant impôt = 60 000 € par exemple
Le remboursement de l'intérêt réduit donc l'impôt sur les sociétés. Année 1 : diminution du résultat net avant impôt de 20 000 € donc impôt sur les sociétés de 60 000 € x 1/3 = 20 000 € Année 10 : diminution du résultat net avant impôt de 0 € donc impôt sur les sociétés de 80 000 € x 1/3 = 26 667 soit 6 667 € de réduction. |
/ L'impact sur la capacité à rembourser
Pour pouvoir payer 60 000 € en remboursement de capital, il faut un bénéfice de 90 000 €.
Pour pouvoir payer 120 000 € en remboursement de capital, il faut un bénéfice de 180 000 €.
C'est cet effet multiplicateur qui est dangereux et qu'il vaut mieux avoir en tête. Explications.
La société rembourse son emprunt sur sa capacité bénéficiaire. Mais sa capacité bénéficiaire doit être d'autant plus importante car elle intègre aussi les impôts.
Ainsi, la capacité bénéficiaire doit être le double entre la première et la dernière année :
- 60 000 € de capital à rembourser
+ 30 000 € d'impôt sur les sociétés = 90 000 € de résultat net avant impôt.
- 120 000 € de capital à rembourser
+ 60 000 € d'impôt sur les sociétés = 180 000 €de résultat net avant impôt. |
