Nouveau coup d'arrêt pour la restauration commerciale
mercredi 2 novembre 2011 12:13
Après une croissance de la fréquentation en début d'année, la reprise de la restauration commerciale ralentit sur les derniers mois. C'est le constat de NPD Group, société internationale d'études marketing, qui vient de dévoiler les tendances à fin septembre 2011.
Depuis le début de l'été, la situation socio-économique s'est beaucoup dégradée dans l'Hexagone et la restauration commerciale n'a pas été épargnée par la baisse d'activité dans ce contexte d'incertitude accrue. La fréquentation, qui avait pourtant bien progressé sur le premier trimestre de l'année (+1,9%), connaît un ralentissement marqué aux deuxième et troisième trimestres et n'affiche au final qu'une légère hausse de 0,6% de janvier à septembre 2011 par rapport à 2010 sur la même période, selon le panel NPD CREST (panel de consommateurs interrogés 365 jours sur 365 sur leurs visites et leurs consommations en restauration hors foyer).
Ainsi la restauration commerciale redevient positive après deux années de recul des visites, -1,2% en 2009 et -0,5% en 2010, sans toutefois retrouver son niveau de 2008. «Alors que les bons résultats du premier trimestre laissaient escompter un retour au niveau d'avant 2008, l'effet de rattrapage s'est grippé au cours de l'été. La fréquentation au restaurant redevient certes positive après deux années de recul mais le secteur reste en retrait par rapport à son niveau d'avant la crise, explique Christine Tartanson, Directrice de la division Foodservice de NPD Group. Au global, la dépense moyenne par personne pour la restauration commerciale ne progresse que très légèrement à +0,6%. Le plateau moyen des Français, qui se situe autour des 6,90 euros TTC par visite, s'est ainsi peu valorisé depuis 3 ans. »
A fin septembre, restauration rapide et restauration à table récupèrent à des rythmes différents. Si la restauration rapide, qui représente 67% des visites du marché de la restauration commerciale, a retrouvé de la vigueur dès le premier trimestre, la restauration à table (33% des visites) n'a véritablement redémarré qu'au troisième trimestre 2011. Elle récupère moins vite que la restauration rapide mais retrouve enfin une fréquentation positive avec +0,7% de visites de janvier à septembre 2011 par rapport à 2010. Ce bon résultat doit néanmoins être relativisé puisque la fréquentation avait baissé en 2010 de 2,3% par rapport à 2009. Par ailleurs, la consommation reste encore limitée avec un nombre de produits consommés par visite comparable à 2010 (3,4 produits par visite).
De son côté, la restauration rapide enregistre des tendances positives depuis 2 ans, avec une augmentation des visites de 0,5% depuis le début de l'année 2011. Pour rappel, les visites avaient déjà progressé de 0,2% en 2010. La consommation redécolle véritablement cette année avec une hausse du nombre de produits consommés de 8% par rapport à janvier-septembre 2010.
Qui sont les consommateurs les plus frileux ?
Cette croissance timide de la restauration commerciale est liée à une partie de la clientèle. D'après le panel CREST, les sorties des adultes (seuls ou en groupe), visites clés du marché, restent toujours en retrait avec une diminution de 5% depuis le début de l'année comparée à 2010. En particulier, les actifs limitent non seulement leur fréquentation des restaurants mais également les achats de restauration rapide pour le bureau. Certains préfèrent ainsi revenir dans leur restaurant d'entreprise tandis que d'autres se tournent vers les GMS de proximité (grandes et moyennes surfaces).
En revanche, la bonne surprise de 2011 vient de la clientèle des jeunes qui retournent progressivement sur le marché avec des visites en hausse de 6% par rapport à 2010. Enfin les familles continuent à fréquenter et à consommer davantage en restauration, ce qui génère des dépenses totales qui progressent de 10%.
Et pour la fin de l'année ? « Alors que les perspectives économiques restent très mitigées à moyen et plus long terme, nous ne nous attendons pas à une croissance soutenue du marché pour fin 2011-début 2012, estime Christine Tartanson, mais plutôt à une progressive consolidation des segments qui n'ont pas encore retrouvé leur niveau d'avant 2008 et au développement continu de la restauration rapide.»
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