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du 17 juillet 2003
CONJONCTURE

Clientèle américaine

UN RETOUR ANNONCÉ... POUR PLUS TARD  

Ces derniers mois, hôteliers et organismes de promotion ont eu raison d'investir en communication et en commercialisation sur les marchés européens pour faire face à la chute de la clientèle américaine. Leur retour est certes annoncé mais... pas pour cet été.


La part des Américains est malheureusement en baisse par rapport à l'année dernière.

Bien sûr, on continue à recevoir en France des touristes américains. Certains ont des attaches sur le Vieux Continent, d'autres ont même une maison dans le Sud et ne tiennent pas à se priver de leur séjour en France. Ceux-là continueront d'aller dans les restaurants étoilés en Provence, sur la Côte d'Azur ou à Paris. Quelques-uns ont un peu peur d'être mal reçus, les médias américains ayant pris un malin plaisir à s'investir, ces derniers mois, dans une campagne antifrançaise, et à mettre en avant l'antiaméricanisme des Français. Mais quand les clients américains constatent qu'ils sont aujourd'hui tout aussi bien accueillis qu'ils ne l'étaient les années précédentes, ils se détendent et profitent pleinement de leur séjour, pour le plus grand bonheur des hôteliers et des restaurateurs.
Malheureusement, ils restent beaucoup moins nombreux qu'habituellement à traverser l'Atlantique. L'Europe dans son ensemble a perdu une forte part de sa clientèle américaine, même si l'Italie semble mieux tirer son épingle du jeu. Une situation que certains attribuent à la qualité de la communication de la péninsule aux Etats-Unis, au-delà de la forte communauté d'origine italienne, très sensible aux possibilités de retour vers ses racines.  

Les Européens font reprendre le trafic
Les données des compagnies aériennes, et en particulier d'Air France, permettent d'éclairer un peu la situation. "Le trafic a bien repris, explique Christopher Korenke, directeur USA pour Air France à New York, grâce à une progression de la clientèle européenne, la part des Américains étant malheureusement en baisse par rapport à l'année dernière."
Autre point qui montre la difficulté de prévision : "L'anticipation en matière de réservations aériennes était de 3 mois voici encore 2 ans ; elle n'est plus que de 30 jours aujourd'hui."
Les origines de cette crise sont multiples et ne datent pas d'hier puisque 3,5 millions d'Américains étaient venus en France en 2001, alors que les estimations pour 2003 se situent à 2,7 millions seulement. Bien sûr, le sentiment antifrançais a été réel depuis le début du conflit irakien, et a été savamment entretenu par la presse Murdoch, mais la situation économique ne permet plus aux Américains de voyager de la même manière. La situation de l'emploi est tendue, le taux de chômage est actuellement de 6,4 %, un taux qui n'avait pas été aussi élevé depuis avril 1994. L'économie américaine a perdu ces derniers mois un grand nombre d'emplois, et si la Bourse semble redonner quelques signes de reprise, ils ne sont pas suffisants pour rassurer la population. En effet, il ne faut pas perdre à l'esprit que les Américains sont beaucoup plus dépendants de la situation boursière que les Européens. La plupart des retraites dépendent de fonds de pension, cotés en Bourse. Toute baisse de la conjoncture a donc des conséquences immédiates sur l'emploi et sur le montant des retraites, qui baisse. On a vu ces derniers mois de nombreux retraités reprendre un job pour justement pouvoir continuer à vivre, leur retraite ayant subi de très fortes chutes. Des emplois que ne peuvent pas occuper les plus jeunes, des retraités qui ne voyageront pas cette année...  

Mauvaise image sociale de la France
Parce que la Bourse va mal, sur la seule ville de New York (forte réserve de clientèle pour la France), 35 % des emplois dans les banques, télécom et Bourse ont disparu... Autant dire que les Golden Boys ont changé de train de vie. Autre facteur que l'on doit retenir dans cette analyse : la perte du pouvoir d'achat des Américains avec le dollar qui a perdu près de 40 % de sa valeur depuis octobre 2000. Aujourd'hui, quand ils consultent les tarifs des hôtels et des restaurants français, ils constatent une augmentation très forte de leur budget... Augmentation telle que, souvent, leur projet de voyage ne se concrétise pas.
Sans parler de l'image sociale de la France qui, aujourd'hui, est particulièrement déplorable, et qui crée chez les étrangers un réel sentiment d'insécurité. Imaginez un touriste américain arrivé au moment des grèves de transport, retardé pour descendre dans le sud de la France, empoisonné par les odeurs désagréables de certaines villes du fait de la grève des éboueurs, et aujourd'hui piégés par les annulations des festivals...
Mais il faut rester optimiste, les signes de reprise commencent à se faire sentir aux Etats-Unis : certains observateurs envisagent une sortie du tunnel pour le début 2004. Les économistes misent sur la baisse des taux d'intérêt, et parient sur une croissance à près de 3 % contre 1,4 % au 1er semestre.
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L'Hôtellerie Restauration n° 2830 Hebdo 17 Juillet 2003 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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