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du 27 mars 2003
L'ÉVÉNEMENT

Chambre syndicale de la Haute Cuisine française

LA DÉMISSION DE JACQUES POURCEL

C'est le 17 mars dernier que Jacques Pourcel a démissionné de la chambre syndicale de la Haute Cuisine française dont il était président.

C'est parce qu'il estime avoir été trompé par la diffusion d'un courrier interne, envoyé à l'AFP par l'un des membres de la chambre, et avoir dès lors été la cible de toutes les attaques que Jacques Pourcel a démissionné, "poussé également par mon frère qui en avait assez de toute cette agitation, les attaques étaient personnelles et visaient notre maison, ça devenait pénible", explique celui qui est bien décidé aujourd'hui à continuer son chemin au sein de ses affaires, à les développer et "à continuer à prendre les choses au sérieux sans pour autant se prendre au sérieux." On se souvient du "trop plein émotionnel" dont a fait preuve l'ensemble de la profession au lendemain du suicide de Bernard Loiseau. Bien entendu, les restaurateurs, choqués, ont été nombreux à se projeter dans ce drame, à faire part de leurs angoisses, de leur peur vis-à-vis de la presse, des critiques et des guides. Ils avaient besoin de parler, de "vider leur sac", et ont été nombreux à contacter, entre autres, la chambre syndicale pour demander à l'organisation d'intervenir dans ce débat. "C'est parce que nous étions très sollicités, parce qu'il y avait un réel malaise dans le monde de la restauration, qu'en tant que président de la chambre, j'ai envoyé cette note interne. Elle n'était surtout pas destinée à être diffusée, elle n'était pas une prise de position en tant que telle, elle était la synthèse de ce qui se disait et je l'envoyais aux membres pour obtenir des réactions, pour que nous arrivions ensemble à mettre les choses à plat, au-delà de l'émotion suscitée par la disparition de Bernard", explique Jacques Pourcel.

Règlement de comptes
Mais de toute évidence, tous les membres ne l'ont pas entendu de la sorte et l'un d'entre eux n'a pas respecté les règles de déontologie puisqu'il a communiqué la lettre à l'AFP... Un règlement de comptes en bonne et due forme... L'effet fut immédiat, toutes les réactions, les hostilités des guides et des critiques fusèrent sur la seule personne du président. "On m'a dès lors accusé de réagir de la sorte parce que nous avions été mis en cause, au même titre que Bernard, dans l'article du Figaro qui disait notre maison et la sienne en sursis vis-à-vis de la perte de la troisième étoile. On a tout mélangé. La trahison et la violence des réactions ont été telles que j'ai choisi de me taire, j'ai refusé toutes les interviews, j'ai préféré laisser retomber le soufflé avant de prendre une décision, je me suis personnellement impliqué dans la lettre commune que nous avons faite avec les autres associations professionnelles, et je retourne aujourd'hui m'occuper de nos équipes, de ma famille et de nos affaires. Que les choses soient claires, je ne suis à la tête d'aucune cabale envers les journalistes ou les guides mais que les événements douloureux qui viennent d'avoir lieu leur permettent tout de même de comprendre une chose : la vie personnelle des chefs n'a pas à être exposée, que l'on juge le résultat de notre travail, celui qu'apprécie le client, dans l'assiette, dans le service, dans l'ambiance. Que les critiques comprennent que nous remettons en cause notre professionnalisme tous les jours, à chaque service, il y a beaucoup de sensibilité dans notre métier, c'est notre force mais c'est aussi notre fragilité. Que ceux qui viennent chez nous sachent faire preuve d'esprit de dialogue, d'humanité. Qu'ils jugent le fruit de notre travail, mais qu'ils ne touchent pas aux hommes, qu'ils s'interdisent les rumeurs et les ragots, tout le monde y gagnera. "
Avant de quitter la présidence de la chambre syndicale, il a essayé de renouer le dialogue avec certains guides ou critiques. Un rendez-vous avec la direction de GaultMillau aura permis de mieux comprendre les positions des uns et des autres, "Aller dans le même sens, cesser de vouloir faire un coup médiatique sur le dos des chefs à chaque sortie du guide, et il n'y aura plus de problème", explique Jacques Pourcel.
Côté chambre syndicale, il y a aura très certainement des élections dans quelques semaines, cette 'crise' aura amené 3 personnes à démissionner : Jacques Pourcel, Reine Sammut et Alain Ducasse. Incontestablement, la chambre syndicale reste au fil des temps au cœur des tourmentes qui rongent les cuisiniers de haut niveau. "Trop d'individualisme, pas de moyens", regrette Jacques Pourcel. "La Chambre de la Haute Couture réalise des choses formidables dont tous ses membres se louent, pourquoi pas nous ?", s'interroge celui qui voulait mettre en place un label Haute Cuisine, qui aurait permis la sélection et la valorisation de certains produits de qualité pour la grande distribution.  

Dans une logique de développement
Aujourd'hui, Jacques Pourcel a pris du recul, après ces 3 semaines de pression, il voit son environnement professionnel autrement, "ça m'a aussi permis de faire le tri entre les vrais, et les faux amis avoue-t-il en souriant, et j'en arrive à la conclusion qu'il y a vraiment des gens bien dans ce métier, et puis il y a les autres..." Et aujourd'hui, c'est vers le développement de ses affaires qu'il entend consacrer son temps et son énergie. "Cet épisode n'a rien entamé dans nos motivations, nous sommes dans un pays où nous avons tout pour faire avancer les choses, nous devons en profiter pour créer de nouvelles richesses, pour nous développer, pour créer des emplois, et nous ne devons avoir aucune honte à être des entrepreneurs et à vouloir générer des profits. En France, la restauration est un élément essentiel du tourisme, nos entreprises doivent être performantes, rentables, si ce n'est pas le cas, elles dispa-
raissent. En ce qui nous concerne, nous sommes dans une logique de création d'un groupe, une logique de développement et nous en sommes fiers. Que l'on arrête de montrer du doigt les chefs qui se diversifient, qui innovent, qui ont des entreprises saines. Ils créent de la richesse, des emplois, ils sont des chefs d'entreprise utiles pour le pays.
"
P. Alexandre Le Naour zzz22v zzz76v

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