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Actualités

D'île en île
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Cette semaine, cap au Sud : embarquement immédiat pour Porquerolles, la plus grande des îles d'Or du Var.

Tout au long de l'été, L'Hôtellerie vous propose de découvrir les îles des côtes françaises. Un voyage 'D'île en île' au cours duquel vous retrouverez l'actualité de la profession, de l'Atlantique àla Méditerranée.

Porquerolles, la nature préservée

Située au large d'Hyères (83), cette île présente la caractéristique d'être presque entièrement gérée par le Parc national de Port Cros, l'île voisine. Faune et flore sont donc protégées, un argument vendeur mais aussi contraignant pour les visiteurs comme pour les activités économiques.

Toutes les demi-heures, la navette accoste près de la capitainerie et lâche sur Porquerolles un flot de visiteurs. Sacs à dos et glacières, palmes et serviettes de bain, le groupe remonte le port pour rejoindre le bureau d'information touristique, avant de se désagréger vers le village, la pinède ou les plages. Porquerolles, à une vingtaine de minutes de bateau d'Hyères, voit passer chaque année plus de 1 million de visiteurs qui parcourent, à pied ou à vélo, la cinquantaine de kilomètres de sentiers balisés.
Si l'emplacement des îles d'Or (Porquerolles, Port Cros et île du Levant) est utilisé depuis l'Antiquité par les navigateurs celtes, ligures, étrusques, puis grecs et romains, elles ont par la suite été utilisées comme lieux de sécurisation du trafic maritime, avec la construction de fortifications. Porquerolles présente la particularité d'avoir été achetée en 1912 par François-Joseph Fournier, qui avait fait fortune en cherchant de l'or au Mexique : il s'emploie à développer les activités agricoles de l'île (aujourd'hui encore, deux exploitations produisent du vin). En 1963, l'île voisine de Port Cros devient Parc national, et en 1971, l'Etat achète la plus grande partie de Porquerolles (1 000 ha sur les 1 254 !), et place ce territoire sous le contrôle du Parc national. En 1979 est créé le Conservatoire botanique national méditerranéen, dont la mission est de sauvegarder la flore sauvage et les variétés cultivées menacées du bassin méditerranéen. C'est en 1988 que l'île obtient son classement. Le développement économique et touristique est donc sous tutelle des impératifs de protection de l'espace naturel.


Porquerolles est tout entière dédiée aux amoureux de la nature, de la plage et de la plongée.


Porquerolles, à une vingtaine de minutes de bateau d'Hyères, voit passer chaque année plus de 1 million de visiteurs.

Un équilibre fragile à trouver
Pour préserver faune et flore, l'île fait face à un bon nombre d'interdits : pas de camping ni de bivouac, circulation réglementée et limitée aux sentiers balisés, pas de déchets, cueillette des végétaux interdite, chiens uniquement tenus en laisse et interdits sur les plages... Sans compter la fermeture des massifs forestiers lorsque le vent et la sécheresse font peser une menace d'incendie. Toutes les activités doivent respecter l'environnement : pas de scooter des mers, de parachute ascensionnel ou de ski nautique. Porquerolles est tout entière dédiée aux amoureux de la nature, de la plage et de la plongée : les sentiers balisés permettent d'accéder aux différentes plages, criques et calanques, en traversant de magnifiques pinèdes écrasées de chaleur. Mais attention, hormis pour les plages les plus proches, la promenade peut vite devenir randonnée, avec des raidillons assez sportifs... Et il ne manque pas de vélos renonçant à faire le tour de l'île pour se cantonner aux alentours du village. "Le fait que l'île soit administrée par un parc national est un atout, constate Jean-Marc Ladame, qui gère le Mas du Langoustier, le seul 4 étoiles de l'île. Il nous a permis de préserver un cadre unique, qui est l'élément fort de notre offre. Mais il faut le préciser aux visiteurs. Certains sont très déçus du calme et du petit nombre d'activités possibles, alors que d'autres ne viennent que pour ça."
Porquerolles vit principalement du tourisme : à part les vignobles, un peu de maraîchage et de pêche, et bien sûr les activités du parc et du Conservatoire botanique, l'activité est tournée vers la plaisance et les visiteurs.

L'insularité, un surcoût
Corollaire inévitable : hors saison, l'île est presque morte. Et les infrastructures, notamment en termes de logements, sont presque vides l'hiver et notoirement insuffisantes l'été ; un véritable handicap pour les saisonniers qui refusent parfois de venir travailler pour cette raison, d'autant que se loger à Hyères ou sur la presqu'île de Giens est tout aussi délicat pendant l'été.
Autre difficulté à laquelle sont confrontés les commerces de Porquerolles : les livraisons. Si des navettes spéciales marchandises font le trajet tôt le matin, avec des camions frigorifiques pour les produits frais, le prix du passage (1 F/kg, avec un minimum de facturation) est à la charge des acheteurs. Idem pour les interventions d'entreprises extérieures, qui facturent le temps et les frais de déplacement, soit un surcoût estimé à 20 ou 25 %... D'où la nécessité d'embaucher du personnel polyvalent et d'éviter au maximum le recours au 'continent'. Les touristes participent également au financement de l'insularité avec des taxes de passage spéciales : si le trajet coûte le prix d'un ticket de bus pour ceux qui travaillent sur l'île - grâce aux subventions -, il est de 87 F aller-retour pour les visiteurs au départ d'Hyères.

Comment se rendre sur l'île ?

w L'île est desservie par la compagnie TLV toutes les demi-heures en saison, au départ de la Tour Fondue (Hyères). Un bateau-taxi peut également être réservé pour des trajets personnalisés. Des compagnies desservent également Porquerolles au départ de Toulon, du Lavandou, de la Londe, de Cavalaire, de Bormes, de Saint-Mandrier et de Cannes en saison...
w Les véhicules ne peuvent circuler sur Porquerolles qu'avec une autorisation du Parc national... Et comme il y a plus de pistes que de routes, les déplacements se font à pied ou à vélo (une dizaine de magasins de location de vélos et de VTT sur place ou bien la possibilité d'apporter son vélo par la navette).

Une activité majoritairement saisonnière
La plupart des hôteliers-restaurateurs ont opté pour la saisonnalité. Christine Charvet, qui tient le restaurant Ailleurs, sur le port, reste ouverte à l'année : "Je n'ai pas tellement le choix, puisqu'il me faut rembourser l'emprunt que j'ai contracté pour m'installer ici il y a 6 ans. D'autant plus que mon restaurant est situé dans une petite rue pas très passante. L'hiver, je n'ouvre que le midi et le samedi soir : j'ai une clientèle de personnes qui travaillent sur l'île, et en week-end, s'il fait beau, des affluences parfois surprenantes." Avec une vingtaine de couverts en intérieur et une quarantaine en terrasse, elle emploie deux saisonniers, mais travaille seule l'hiver. "Comme j'ai également une activité 'crêperie', la galette salée, c'est ma botte secrète. Quand il ne reste plus rien, ici ou chez mes confrères, c'est crêpe pour tout le monde." L'évaluation des quantités nécessaires d'approvisionnement fait partie du casse-tête : il faut parfois quelques jours pour disposer du réassort. Un aléa que tous les clients ne comprennent pas, même si la plupart sont indulgents...


La plupart des hôteliers-restaurateurs ont opté pour la saisonnalité, comme ici au restaurant Ailleurs.


Avec une activité de petits séminaires et l'accueil de groupes en avant et arrière-saison, Le Mas du Langoustier réalise un CA de 25 MF.

La stratégie de l'excellence
Le Mas du Langoustier, qui appartient, comme l'hôtel-restaurant Sainte-Anne, à une des filles de François-Joseph Fournier, Mme Le Ber, a fait un autre choix. Ouvert de fin avril (pour permettre aux saisonniers de finir la saison d'hiver) à début octobre, construit sur le site d'une ancienne usine de soude à 3 km du village, il offre une cinquantaine de chambres 4 étoiles et un restaurant étoilé au Michelin, animé par le chef Joël Guillet. "Ouvert en 1927, c'était à l'origine une pension de famille chic qui accueillait la grande bourgeoisie parisienne, explique Jean-Marc Ladame. Nous avons gardé cet esprit de qualité. De plus, nous bénéficions de notre renommée gastronomique et du fait que nous sommes le seul 4 étoiles de l'île." Avec une activité de petits séminaires et l'accueil de quelques groupes en avant et arrière-saison, mais sans publicité spécifique, l'hôtel-restaurant réalise un CA de 25 MF. "Notre isolement et notre cadre sont des atouts, d'autant que nous allons chercher nos clients en minibus directement à l'arrivée du bateau - il y a trois quarts d'heure de marche jusqu'au village. Si l'on peut toujours comparer des prestations, notre environnement est sans équivalent." Et pour le développement futur de l'activité ? On se heurte à des logiques contradictoires : les hôteliers qui veulent des visiteurs, mais pas trop, puisque la capacité d'accueil est restreinte, tandis que leurs clients viennent pour le calme ; le Parc national qui ne souhaite pas spécialement augmenter le nombre de promeneurs pour éviter les dégradations ; les compagnies maritimes, les loueurs de vélos, les restaurateurs qui, eux, souhaitent multiplier les rotations, en sachant que ceux qui louent des vélos sont susceptibles de partir la journée, et donc ne pas manger dans les restaurants. Tout comme l'équilibre naturel, l'équilibre économique est une alchimie délicate...

En chiffres

w 350 habitants à l'année, 1 million de visiteurs par an.
w Une vingtaine de restaurants, dont la plupart sont aussi café ou brasserie, presque tous situés sur le port ou la place centrale du village.
w 7 hôtels, de 0 à 4 étoiles, proposant environ 170 chambres. Il existe également des meublés, ainsi que 2 chambres d'hôte (pour ces dernières, pas d'hébergement
en juillet-août).

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L'HôTELLERIE n° 2725 Hebdo 5 Juillet 2001


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