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Conjoncture
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Sociétés cotées en Bourse

Disparité des résultats semestriels

Alors que l'activité des sociétés cotées de la restauration traduisait une croissance soutenue du secteur au premier trimestre 2000, le semestre s'est terminé sur une note plus contrastée.

La Coupe d'Europe de Football, les conditions climatiques, les spécificités propres à chaque concept... expliquent en partie ces différences. Comme la Coupe du Monde de Football en 1998, l'Euro en juin dernier a sensiblement ralenti l'activité des restaurateurs, le consommateur préférant s'adonner aux joies du sport devant son petit écran. La profession a également pâti d'une météo variable dans certaines régions, guère encline à décider le consommateur à sortir.
Quant au statu quo sur la TVA, il n'a, semble-t-il, pas eu d'incidence sur les valeurs du secteur que sont, au Second Marché, Buffalo Grill, le Groupe Flo et Léon de Bruxelles. Débat ancien opposant la restauration collective (TVA à 5,5 %) à la restauration commerciale (TVA à 19,6 %), l'harmonisation (adoption d'un taux unique de 5,5 %) "avancée" par Martine Aubry a été perçue pour bon nombre de restaurateurs comme le moyen de "faire passer en douceur" son projet de réduction du temps de travail. Un prêté pour un rendu qui risquait, à terme, de se retourner contre la profession dans le cadre de l'harmonisation européenne de la TVA. En effet, si ce projet d'abaissement franco-français n'est pas passé au premier tour, le second pourrait être piloté par Bruxelles. Si tel était le cas, un taux intermédiaire pourrait être communément adopté, et la restauration française se trouverait alors avec une TVA qui passerait de 5,5 à près de 10 %, mais qui devrait également gérer un temps hebdomadaire de travail inférieur à ses homologues européens. A contrario, signalons que la réduction du temps de travail devrait être un facteur de dynamisme pour la restauration. En effet, le temps libre, ami des loisirs et des divertissements, est susceptible de drainer une nouvelle clientèle et d'accélérer, pour les adeptes de repas pris en dehors du foyer, le rythme de consommation.

La faute à l'Euro 2000
Après ce panorama général, revenons-en à trois de ses composantes, Buffalo Grill, le Groupe Flo et Léon de Bruxelles.
Le chiffre d'affaires de Léon de Bruxelles, en hausse limitée de 6,4 %, à 14,9 millions d'euros, n'a pas surpris le marché. En effet, le groupe, actuellement en pleine restructuration, a gelé toutes nouvelles ouvertures, hormis celles planifiées l'année dernière, pour se concentrer sur son parc existant. Les six premiers mois de l'année ont été marqués par une poursuite de la baisse de fréquentation en périphérie et en province notamment, par l'ouverture d'un restaurant à
Clermont-Ferrand et par la préparation de la réouverture de l'établissement de Melun. En termes de rentabilité, le groupe s'est voulu prudent et explicite, tablant sur une perte au premier semestre et un exercice globalement déficitaire en 2000. Le titre poursuit son repli en Bourse, s'échangeant récemment à 9,9 euros contre un plus haut en début d'année à 35,5 euros. L'entrée d'un nouvel actionnaire, après le changement de président à la tête du groupe, est toujours d'actualité. Au-delà de cet intérêt spéculatif, les interrogations actuelles portent notamment sur la pérennité du concept de moules-frites, sur la qualité des emplacements de la chaîne, et sur sa capacité à faire face à son endettement (remboursement de ses dettes financières et des obligations convertibles émises en 1998).
De son côté, Buffalo Grill clôture le semestre avec une progression de son activité de 10,6 %, à 132 millions d'euros (contre 288 millions d'euros attendus sur l'ensemble de l'année) par rapport au premier semestre 1999, intégrant l'ouverture de 13 restaurants Buffalo Grill et 1 Victoria Pub. Ces chiffres traduisent un ralentissement de l'activité au second trimestre, en hausse de 5,5 % contre 16,2 % sur les trois premiers mois de l'année. Cette moindre performance en avril, mai et juin intègre une baisse de la fréquentation des restaurants au moment de l'Euro 2000, à l'occasion des ponts de mai 2000, et un effet de base défavorable après un premier semestre exceptionnellement élevé l'année dernière. Au cours du second semestre, le groupe prévoit l'ouverture de 16 établissements, soit 220 unités au total à la fin de l'année. A 17,8 euros récemment, son PE (price earning) est de 16,2.
Le Groupe Flo poursuit sa croissance avec un chiffre d'affaires de 156,8 millions d'euros en hausse de 19,2 % (+ 1,5 % à parc constant de restaurants) intégrant l'ouverture de 11 Hippopotamus et 1 Petit Bofinger. Ces chiffres ne prennent pas en compte Bistro Romain qui sera intégré sur 6 mois à compter de juillet 2000. Sur l'ensemble de l'exercice, la société prévoit de réaliser 362 millions d'euros de recette. Par ailleurs, elle annonce la signature d'un contrat de master franchises Hippopotamus en Grèce et à Chypre, avec le groupe The Louis Organisation, et la concrétisation d'une première franchise avec Compass pour l'ouverture d'un Hippopotamus à Marbella, en Espagne. Les résultats semestriels seront communiqués fin septembre. A cette occasion, le Groupe Flo fera le point sur sa stratégie de reprise et de développement de Bistro Romain et ses modalités de financement (lire article page 5. Sur la base des bénéfices attendus en 2000, la valeur se paye actuellement 16,3 fois.
Si le niveau d'activité des sociétés exploitantes de casinos a été particulièrement soutenu sur les six premiers mois de l'exercice 1999-2000, les résultats semestriels des deux principaux acteurs cotés, l'Européenne de Casinos et le Groupe Partouche, sont pour le moins disparates.

En fonction des machines à sous
Le premier annonce un résultat d'exploitation en hausse de 35,5 % (contre une progression du produit brut des jeux de 32,9 % à 94,25 millions d'euros) à 16 millions d'euros, soit une marge opérationnelle de 31 % contre 32,8 % au premier semestre 1998-1999. Cette dégradation est liée à l'intégration des casinos belges qui ne sont pas dotés de machines à sous, et dont le niveau de rentabilité est inférieur. Sur l'ensemble de l'année, l'Européenne de Casinos table sur une marge d'exploitation de 35,4 %, sensiblement identique à celle de l'exercice précédent (35,6 %). Le résultat net avant survaleurs ressort à 6,3 millions d'euros, en ligne avec les estimations du marché, soit 12,5 millions d'euros pour l'ensemble de l'année. Le groupe, dont le flottant est supérieur à 66 %, n'exclut pas un adossement avec un concurrent. Plus que le Groupe Partouche, des acteurs comme Accor Casinos ou Moliflor, qui n'ont pas caché leur appétit pour réaliser de la croissance externe, et qui bénéficient d'un levier financier important, pourraient s'y intéresser. Cet intérêt spéculatif, de même que la moindre performance du Groupe Partouche aux semestriels pourraient soutenir la valeur. Cette dernière s'échangeait dernièrement à 93 euros après un plus bas cette année à 77,2 euros. Sur cette base, le groupe est valorisé 17,3 fois son bénéfice 1999-2000 et 1,09 fois son produit brut des jeux (PBJ) contre une fourchette de 1,5 à 1,7, voire 2, observée lors des dernières opérations de croissance externe réalisées dans le secteur des casinotiers.
De son côté, le Groupe Partouche a annoncé un résultat d'exploitation en repli de 9,4 % à 30,3 millions d'euros et un résultat net en baisse de 10,7 % (12,7 millions d'euros), alors que son chiffre d'affaires semestriel, meilleur qu'escompté, progressait de 19,7 %, sur la période, à 119 millions d'euros (PBJ de 186,5 millions d'euros en hausse de 14,1 %). Ce tassement de la marge d'exploitation, qui passe de 33,7 % au premier semestre 1998-1999 à 25,5 % en 1999-2000, s'explique par le démarrage de plusieurs établissements (Hôtel Hilton à Lyon, celui de San Roque en Espagne...), l'intégration de la Société Française des Casinos, dont les marges sont inférieures à celles du Groupe Partouche, et à des charges supplémentaires liées à la mise en place des 35 heures et à l'organisation d'animations locales. Sur la seconde partie de l'exercice, la société prévoit d'atténuer leur impact, une partie de ces charges n'étant pas récurrente. Notons, par ailleurs, que le Groupe Partouche vient d'obtenir 50 machines à sous supplémentaires sur deux établissements et ne prévoit aucune ouverture ni croissance externe à court terme. Sur l'ensemble de l'année, le groupe devrait réaliser un résultat net sensiblement identique à celui de l'année dernière, soit 30,5 millions d'euros. A 66,2 euros récemment, en repli de près de 22 % depuis juillet, le Groupe Partouche est valorisé 13,4 fois ses bénéfices 1999-2000 et 1,05 fois son PBJ.
D. Henriet

 


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L'HÔTELLERIE n° 2685 Hebdo 28 Septembre 2000


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