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Restauration
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Le Broc en Bouche à Antibes

Un restaurant pour chiner

Un bistro-brocante : il fallait y penser. L'Ardéchoise Véronique Humbert a installé sa licence I dans le vieil Antibes avec une organisation bien à elle et un projet de franchise à la clé. Mais peut-on rentablement conjuguer restauration et brocante ?

Du comptoir à 10 000 francs à l'assiette à 10 francs, tout est à vendre au bistro-brocante Le Broc en Bouche. Seule condition exigée : attendre la fin du repas pour emporter. Ex-manager chez McDonald's, assistante de direction en restauration de Zigo Park, Véronique Humbert avait envie de se mettre à son compte. Début 1999, elle se lance. Pour un loyer mensuel de 3 000 F, elle reprend un local - demeuré fermé pendant quinze ans - et investi 70 000 F de travaux qu'elle réalise en grande partie elle-même. "J'ai pu donner corps à mon rêve uniquement parce que mon mari a un travail stable", reconnaît cette jeune femme de 37 ans, mère de 3 enfants. Il aura fallu à Véronique un an pour constituer le premier stock de mobilier et d'objets de son bistro-brocante. Chez Emaüs deux fois par mois, sur les puces en Ardèche une fois par mois, et dans une multitude de vide-grenier tous les dimanches matin, elle se constitue une réserve d'une valeur de 30 000 francs. Parallèlement à la vente, dans une ambiance musicale, Le Broc en Bouche organise une exposition de tableaux qui tourne chaque mois, une soirée philo chaque deuxième mercredi du mois, et sans date formelle, des soirées illustrées, des soirées diapos, des conférences d'art...

30 % du chiffre d'affaires avec la brocante
L'expérience des 2 premiers mois, soit août et septembre derniers, a comblé Véronique Humbert au-delà de ses espérances, c'est-à-dire environ 1 000 F par jour rien qu'en restauration. "Je dois pouvoir atteindre 2 500 F à la meilleure saison et maintenir 30 % de mon chiffre d'affaires en brocante, même si j'ai déjà pris l'habitude de jongler d'un registre à l'autre suivant le nombre de clients, la qualité des pièces...". 22 couverts peuvent être servis chaque soir autour d'une carte très simple, à laquelle Véronique vient ajouter un choix de salades de 28 à 38 F. "En basse saison, j'ouvre uniquement sur réservations (j'ai fait l'essai à perte d'être présente chaque soir pendant quelque temps), et également pour retenir la salle entière lors d'occasions particulières (anniversaires, départs à la retraite...) qui sont payés d'avance. J'avoue ne pas être mécontente des premiers résultats." Pour 70 F par personne, Véronique propose un apéritif dînatoire composé de rillettes de saumon, quiches, pâtés, tapenade, fromages, vin (le tout à volonté). Et pour 25 F supplémentaires, daube et gâteau en plus. "Il m'arrive parfois de ne pas faire grand bénéfice sur une pièce de brocante, mais je sais à l'achat qu'elle séduira et fera revenir du monde, alors je la laisse partir !" Véronique s'engage à ne pas facturer la vaisselle cassée, y compris les verres en cristal. "Un risque à prendre, mais qui séduit la clientèle. Un groupe a même pris l'initiative de créer un tronc où chacun verse 10 F." Lors d'une soirée anniversaire quelques semaines avant Noël, elle a décidé de brader ces pièces à - 50 %. "Les clients en ont profité pour faire leurs cadeaux et cela a très bien marché." Aujourd'hui, Véronique aspire à présenter des pièces plus rares par thème, plaques publicitaires émaillées (de plus en plus difficiles à trouver), collections de dessous des années quarante...

Louer le bistro-brocante
Pour l'heure, Véronique travaille seule et fait appel à un extra pour le service lorsqu'elle a une soirée en charge. Aujourd'hui, elle n'est pas autorisée à cuisiner sur place, mais elle a déjà fait ses calculs : en dessous de 12 couverts, le traiteur est plus avantageux que l'emploi d'un salarié. La jeune femme va jusqu'à chercher à rentabiliser son affaire en louant les tables à l'extérieur, lors des fêtes du 24 et du 31 décembre par exemple. Autre projet : amortir le bistro-brocante en le louant comme "snack ambulant" sur les salons d'antiquaires. "Ainsi, les visiteurs resteront-ils dans la même atmosphère ?" Véronique a pris contact avec le Salon de Saint-Raphaël. Et ses comptes vont encore plus loin, puisqu'elle envisage très sérieusement de lancer une franchise. Nom et concept déposés à l'Inpi, elle travaille au projet avec un avocat. "Je ne dispose pas des 200 000 francs nécessaires (la CCI est partie prenante, les banques, elles, ne suivent pas !), mais j'investis quand même dans le conseil. J'ai encore du mal à équilibrer le budget familial après l'ouverture du Broc en Bouche, mais je crois fort au concept. D'ailleurs, mon mari est tenté de démissionner pour rejoindre l'affaire. Nous attendons simplement qu'elle ait vraiment fait ses preuves."

 
"J'ai pu donner corps à mon rêve uniquement parce que mon mari
a un travail stable", reconnaît Véronique Humbert.

 

Horaires d'ouverture
D'avril à septembre inclus : de 19 h 30 à 23 heures, sauf lundi

D'octobre à mars inclus : le soir sur réservations.
Quelques tarifs
* Tourte provençale : 25 F

* Chèvres frits à la tapenade : 25 F
* Poivrons marinés : 28 F
* Farcis niçois (5) riz : 49 F
* Tarte aux pommes : 22 F
* Gâteau au chocolat : 22 F

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L'HÔTELLERIE n° 2675 Hebdo 20 Juillet 2000


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