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La Plagne

Un nouvel hôtel pour sortir de l'ornière

"Toute la montagne en dix stations" est le slogan de la constellation de La Plagne, en Haute-Tarentaise, mais il n'y a pas ou plus d'hôtels dignes de ce nom dans cet ensemble.

Pourtant lors de la construction, dans les années 60, de la première station de la 3e génération (séparation des circulations, hébergement skis aux pieds, enneigement garanti par l'altitude, etc.), dix hôtels avaient vu le jour sur le front de neige ou alentour : La Plagne Hôtel, L'Orée des Pistes, Le Christina, Les Mélèzes, Le France (par la Compagnie générale transatlantique), Le Colorado, Les Isbas, La Marmotte, Le Pop Hôtel, tous disparus et transformés en appartements. Le dixième, Le Graciosa (et son restaurant gastronomique l'Etoile d'Or) vient d'être vendu par la famille Thiolley à un groupe britannique, ce qui inquiète les responsables de la station quand on sait la propension des insulaires à séjourner dans nos stations avec leurs propres équipes, des cuisiniers aux "moniteurs", sans respecter les règlements français, comme à Val d'Isère.

Une carambouille de 45 MF
Autre originalité de cette première station, appelée Plagne-Centre pour la différencier des neuf autres : la présence depuis quinze ans d'une ruine moderne issue d'une carambouille dont les fils mêlés passaient par des îles lointaines et le Luxembourg, autant de paradis fiscaux qui se sont transformés en... enfers pour les élus successifs de la commune de Macôt-La-Plagne. Le maire de l'époque, Isidore Bérard, avait alors fait signer à ses conseillers municipaux (sauf un : Eddy Blanchoz, p.-d.g de la Société d'aménagement de La Plagne) une garantie de la commune pour la totalité des travaux : 45 MF. Un million la chambre ! Ce palace avec vaste patio intérieur planté de palmiers et de cocotiers, baptisé du nom exotique de Créolies, à la veille d'être achevé en 1984, ne fut jamais ouvert. Pire, il fut réduit à l'état de carcasse par les pilleurs et les vandales qui désossèrent le bâtiment et le saccagèrent.
Depuis, cette ruine moderne est aussi une ruine pour la commune de Macôt qui, malgré les revenus que lui procurent les sept stations et ses exploitations forestières, doit honorer sa garantie... en devises étrangères. Et régler d'onéreux honoraires d'avocats, des expertises, avec les frais et accessoires, pour une procédure toujours en cours à... Genève.

Des Créolies au Paladien
Le maire actuel, Colette Paviet-Salomon, authentique autochtone issue d'une vieille famille d'agriculteurs et professeur agrégée de mathématiques, à défaut de pouvoir pour l'instant lever la garantie de 45 MF, a pu trouver une solution à la fois provisoire et définitive avec le concours de Jacques Maillot, p.-d.g de Nouvelles Frontières. Ce dernier, en effet, a repris les droits de construction obtenus pour Les Créolies et, dans le gros-œuvre du premier projet dispendieux, réalise actuellement un hôtel-club de plus de 120 chambres trois étoiles qui doit ouvrir à Noël (coût : 40 MF).
Cette construction très soignée et de grand standing deviendra la propriété de la chaîne Paladien déjà présente en Haute-Tarentaise avec des réalisations de qualité à Tignes et aux Arcs 1600 (ex-Cochette). De plus, la commune a été inspirée en accolant à l'édifice un vaste parking souterrain qui dégagera l'environnement naturel de ce nouveau Paladien.
Ainsi Plagne-centre, une des premières implantations du Plan-Neige des années 60, due à la créativité visionnaire de Robert Legoux, l'aménageur qu'avaient appelé Pierre Borrione, Albert Perrière et Auguste Mudry, maires respectifs d'Aime, de Macôt et de Bellentre, compense presque d'un coup les dix hôtels perdus...
C. Bannières


La ruine de l'ex-futur palace Les Créolies enlaidissait l'entrée et l'entourage de la première Plagne depuis quinze ans.


L'HÔTELLERIE n° 2637 Hebdo 28 Octobre 1999


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