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Strasbourg

Les hôteliers dans l'œil du cyclone européen

Mis en cause quant à leur capacité à accueillir les députés européens, les professionnels strasbourgeois contre-attaquent.

Un avis de gros temps médiatique pèse sur les hôteliers strasbourgeois. Un reportage de France 3 Alsace, diffusé en pleine session du Parlement européen en septembre, a semé le trouble sur les conditions d'accueil des députés. La séquence montrait un élu suédois qui, paraît-il, avait été contraint de dormir dans un foyer de jeunes travailleurs, "faute" d'avoir trouvé une chambre d'hôtel. Elle "piégeait" également un établissement refusant une réservation inférieure à 4 nuits, attitude isolée immédiatement condamnée par le syndicat des hôteliers. L'euro-député suédois avait mis beaucoup de mauvaise volonté : il ne s'était enquis d'une chambre que le lundi, jour de démarrage de la session. L'office de tourisme lui en avait trouvé une à Obernai... qu'il a refusée, prétextant le déplacement de 30 kilomètres. Il n'empêche, les soupçons ont fait mal aux hôteliers strasbourgeois. "Nous avons mené une enquête dès le mercredi, au lendemain de la diffusion du reportage : il restait 86 chambres libres à Strasbourg-ville en deux, trois et quatre étoiles", déclare Patrick Diebold, président des hôteliers indépendants de la ville. Une analyse plus globale auprès de 3 972 chambres (soit environ les deux tiers du potentiel) confirme cet instantané. Durant les quatre jours de session, le taux d'occupation atteint 90,31 points. A titre de comparaison, le TO moyen à Strasbourg atteint 64 points et grimpe à des pointes mensuelles de 83 points en mai, juin, septembre et octobre. Une marge de manœuvre existe donc. Elle semble un peu étroite, mais l'enquête sur la fréquentation durant les sessions a surtout suscité des réponses dans Strasbourg-ville. "Les chiffres seraient très certainement plus faibles si nous avions obtenu les données de tous les hôtels de la Communauté urbaine de Strasbourg", estime Patrick Diebold. Sa conclusion est sans équivoque : "Inutile d'augmenter le parc hôtelier pour le Parlement européen."

Créer une charte d'accueil
Même infondées, les critiques restent en travers de la gorge des professionnels. Ceux-ci souhaitent réactiver le projet de charte d'accueil qui les associerait à la Ville et au Parlement européen. Ce texte accorderait des garanties de prix et de réservations, mais fixerait aussi des conditions de réservation. Les hôteliers, comme les restaurateurs, rencontrent en effet une grande difficulté avec le Parlement européen, source d'éventuels cafouillages dans les informations sur les places disponibles : les annulations de dernière minute et les séjours raccourcis in extremis, de quatre à une ou deux nuits seulement se produisent régulièrement. Derrière l'attitude de l'euro-député suédois, se cache peut-être une volonté de réanimer la guerre des sièges entre Bruxelles et Strasbourg. Sur cette question, l'hôtellerie strasbourgeoise affiche sa sérénité. Avec un parc de 6 574 chambres, elle affiche un ratio de 0,02 chambre par habitant, deux fois supérieur à celui de Bruxelles. Les prix la mettent aussi en bonne position par rapport à la capitale belge : les tarifs sont inférieurs de 30 % par rapport à Bruxelles et Luxembourg, selon une étude du cabinet Horwath. "Et nous ne majorons pas les prix durant les sessions", ajoute Patrick Diebold.
C. Robischon


"Inutile d'augmenter le parc hôtelier pour le Parlement européen", déclare Patrick Diebold président des hôteliers indépendants.


L'HÔTELLERIE n° 2637 Hebdo 28 Octobre 1999


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