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Grenoble

Le nouveau directeur de l'office de tourisme s'en va

Depuis une dizaine d'années, l'office de tourisme de Grenoble qui fut il y a plus de cent ans un des premiers syndicats d'initiative de France va de crise en crise. Les élus et les professionnels, en créant un EPIC et en recrutant un directeur efficace (L'Hôtellerie n° 2576 du 27 août 1998) croyaient avoir enfin tiré l'institution de son pétrin : que nenni. Dominique Roffet, avant d'avoir accompli une année, a jeté l'éponge. Retour à la case départ.

Si l'enjeu n'était pas aussi important pour une agglomération de 450 000 habitants dont le tourisme d'affaires s'est beaucoup développé en fonction même du profil de cette cité industrielle, universitaire, spécialisée dans l'électronique, la micro-informatique et les biotechnologies, ces péripéties relevant autant de Kafka que de Courteline pourraient porter à rire. Incidents, fâcheries, querelles de personnes, deux directrices éphémères, changement de personnel : rien n'aura été épargné aux municipalités successives d'Alain Carignon et de Michel Destot, principales et essentielles bailleresses de fonds.
L'actuelle municipalité ne parvient pas, faute d'un consensus entre les courants "pluriels" qui agitent et opposent ses rangs, à définir vraiment une politique touristique.
Certes, en se libérant d'un système associatif obsolète, verrouillé, en le remplaçant par un Etablissement public d'intérêt commercial (EPIC), les élus grenoblois pensaient avoir doté leur office d'un outil efficace de promotion et d'organisation de congrès ­ entre autres activités dévolues à une institution de ce genre.

Des intentions, mais pas d'action
De nouveaux objectifs avaient été définis, des démarches entreprises pour réintégrer le classement de la FNOTSI (Fédération Nationale des offices de tourisme et syndicats d'initiative) et décrocher les étoiles qui le ponctuent, et on s'acheminait vers un bureau des congrès en partenariat avec les professionnels, vieux serpent de mer de la communauté clochemerlesque grenobloise.
Seulement voilà : pour mener à bien un tel programme, il faut de l'argent. Alain Pilaud, élu pourtant très lié au député-maire, n'a pu convaincre ses collègues de voter une rallonge aux 3,2 millions, qui actuellement ne couvrent même pas les frais de fonctionnement. Bref, la ville a confondu l'intention et l'action.

Sans munitions, pas d'offensive
Dominique Roffet, dont le cursus professionnel plaide brillamment en sa faveur, ne demandait pas la lune. En doublant sa subvention, la ville aurait pu compléter le personnel actuel, l'assortir d'emplois- jeunes et d'hôtesses à mi-temps, lancer des opérations de promotion avec des agences spécialisées, permettre à l'OT d'être présent dans les salons professionnels et privés et créer le bureau des congrès mythique en plaçant à sa tête un professionnel qui ne soit pas un fonctionnaire détaché. D'autant que la plupart des professionnels (Club grenoblois des hôteliers de congrès avec leur charte, agences de voyages, autocaristes, hôteliers-restaurateurs, gestionnaires de structures d'accueil, ATRIA ­ appui efficace de la CCI liée à la ville par une convention de concession, etc.) étaient d'accord pour sortir d'un immobilisme fort préjudiciable à la cité. Tout en respectant la législation en vigueur, Dominique Roffet a quitté ses fonctions le 10 janvier et dirigera désormais l'office de tourisme de Divonne-les-Bains.
Du côté de la mairie, il aurait été décidé de lui trouver un successeur en passant des annonces sur le plan national et en utilisant des "chasseurs de tête" parisiens : mais l'oiseau rare ne pourra pas s'envoler si les munitions sonnantes et trébuchantes ne lui permettent pas de sortir de sa tranchée pour passer à l'offensive.
Devant un tel gâchis, l'ancienne association de gestion de l'OT régie par la loi de 1901, au moment d'être dissoute avec un bonus de 220 000 F, a décidé de se maintenir. Grenoble deviendra-t-elle un Colombey-les Deux-Offices ?
C. Bannières


L'office de tourisme de Grenoble est le locataire d'une partie du rez-de-chaussée de la Maison du tourisme, ensemble gérant une vingtaine d'associations départementales réunies par le conseil général de l'Isère.


L'HÔTELLERIE n° 2597 Hebdo 21 Janvier 1999

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