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Actualités

Entreprise

Malgré la crise financière internationale

Accor se montre serein quant à son avenir

Alors que les grands groupes hôteliers anglo-saxons ont du mal à digérer leurs dernières acquisitions, Accor, lui, tient bon la barre. Le groupe français est en effet parvenu à réduire son endettement net tout en poursuivant sa politique de «réallocation des ressources».

C'est à n'y plus rien comprendre ! Depuis la mi-juillet, l'action Accor est en chute libre à la Bourse de Paris*. A l'exception du mouvement de panique qui touche actuellement l'ensemble des places boursières, aucune explication valable ne semble néanmoins pouvoir véritablement justifier cette dégringolade. Selon les propos tenus par Jean-Marc Espalioux, président du directoire, à l'occasion de la présentation des résultats semestriels de son entreprise, Accor se porte en effet comme un charme et tient bon la barre. «Contrairement à nos concurrents anglo-saxons, nous n'avons pas réalisé de méga-fusion et pas fait de méga-bêtise. Bien au contraire ! Nous avons renforcé nos chances d'être la galaxie gagnante dans l'univers du voyage, du tourisme et des services aux entreprises», a ainsi ironisé le patron d'Accor.
Reste que les chiffres lui donnent bel et bien raison. Accor a «retrouvé une croissance à deux chiffres». Au terme des six premiers mois de l'année 1998, le conglomérat français a de fait vu son chiffre d'affaires consolidé progresser de 19,6 % atteignant les 17,92 milliards de francs. «L'activité hôtelière a été très bonne notamment en France, au Benelux et au Royaume-Uni. Globalement, le chiffre d'affaires de l'hôtellerie a grimpé de 14,6 %», a précisé Benjamin Cohen, membre du directoire. Le résultat global des opérations a lui aussi augmenté de 44,9 % passant de 964 millions à 1,4 milliard. Quant au résultat net, il a enregistré une hausse sensible (127,5 %) à 1,042 milliard.
Autant d'éléments encourageants qui permettent au groupe français de garder le sourire et d'envisager l'avenir avec une relative confiance. Les dirigeants d'Accor ne doutent pas ainsi de parvenir à améliorer leur chiffre d'affaires de 15 % (37 milliards prévus) et leur résultat net d'environ 27 % (1,9 milliard) au cours de l'exercice 1998.

220 nouveaux hôtels en 1998
Ce d'autant plus sereinement que la compagnie fondée par Paul Dubrule et Gérard Pélisson a su profiter du moment pour poursuivre sa politique de cessions d'actifs. Le groupe a effectivement réussi à céder pour 8,6 milliards de francs (principalement immobilier hôtelier dont des murs d'hôtels Motel 6 et d'établissements en Europe) à fin septembre. Des ventes qui non seulement se traduisent par une réduction de son endettement net (11,94 milliards à fin juin contre 17,31 six mois auparavant), mais aussi par l'accélération de son développement dans ces métiers de base dont fait évidemment partie l'hôtellerie.
«D'ici la fin 1998, nous aurons ouvert quelque 220 nouveaux établissements, soit environ 21 000 chambres supplémentaires», a souligné Sven Boinet, membre du directoire en charge du secteur hôtelier. Sans oublier que le conglomérat français suit également son petit bonhomme de chemin dans le domaine du tapis vert avec la reprise de trois nouveaux casinos (Dax, Mandelieu et Saint-Raphaël). A noter que la compagnie française figure à côté de Partouche dans la sélection finale pour le rachat du casino de Bordeaux. Accor n'a en outre pas non plus dit son dernier mot concernant la location de voitures avec l'acquisition de British Car Rental et Trade Car AS en Norvège...

Peu de sensibilité à la crise financière internationale
Au royaume des «petites bernaches», tout va en fait apparemment pour le mieux dans le meilleur des mondes. Une ombre demeure néanmoins au tableau : l'impact de la crise financière internationale sur le résultat du groupe. Sur ce point précis, Jean-Marc Espalioux ne montre guère d'inquiétude. Et pour cause ! Le géant français dispose d'une couverture géographique suffisamment diversifiée pour supporter les aléas de la conjoncture. Les zones géographiques dites actuellement à risque n'affectent ainsi que peu le résultat global opérationnel de l'entreprise. 66 % de ce dernier étant de fait réalisé en Europe, 24 % en Amérique du Nord, 10 % en Amérique latine et 1 % seulement dans d'autres pays (dont la région Asie-Pacifique).
D'ailleurs, si les devises, comme le dollar et la livre, devraient perdre encore de leur valeur au cours des quatre prochains mois (dollar : à 5,35 francs en moyenne ; livre : à 9 francs), ce mouvement n'aurait d'incidence pour Accor qu'à hauteur de 54 millions de francs. Pas de quoi donc fouetter un chat. Au contraire ! Solide et sain financièrement, le groupe pourrait profiter d'opportunités pour renforcer ses positions sur certains marchés. Malgré un résultat global des opérations égal à zéro contre 50 millions prévus à fin 1997, Accor s'intéresse d'ailleurs toujours à la zone Asie-Pacifique où il entend relancer le développement avec des partenaires en Chine, en Inde et au Japon.
En Amérique du Nord, si la croissance en propre doit être prudente, le groupe fonde beaucoup d'espoir dans son programme de franchise concernant Motel 6. «A fin 1998, nous aurons 67 établissements franchisés. Et si tout se passe bien, nous prévoyons 50 à 70 nouvelles franchises pour 1999», a souligné Sven Boinet. Pour ce qui est enfin de l'Europe, le groupe n'y exclut pas d'éventuelles acquisitions sachant qu'il souhaite établir à travers le Vieux Continent un véritable «réseau fédérateur» dans l'hôtellerie.
C. Cosson ccosson@lhotellerie-restauration.fr

*1.785 cours le plus haut ; 1 036 cours du lundi 12/10/98


A l'occasion de la présentation des résultats semestriels du groupe Accor, l'état-major s'est montré confiant et rassurant.

Dossier Frantour

Que cela plaise à certains et pas à d'autres, il n'y a aucun doute quant à l'intérêt que porte Accor à la branche tourisme du groupe Frantour, filiale de la SNCF. D'ailleurs, Jean-Marc Espalioux ne cesse de le confirmer publiquement quand on l'interroge, tout en précisant néanmoins que la compagnie ferroviaire mène hardiment son dossier.
Si aujourd'hui l'affaire n'est pas encore bouclée, on sait d'ores et déjà que l'un des candidats à la reprise a décidé de jeter l'éponge. Il s'agit d'Envergure, qui estime que Frantour ne s'identifie pas pleinement au périmètre de ses activités. Exceptée l'hôtellerie, les agences de voyages et le tour-opérating ne sont de fait pas les spécialités de la filiale de la Société du Louvre. Pas plus d'ailleurs que celles des autres postulants connus tels Choice et Hôtels & Compagnie. En revanche, Frantour irait comme un gant à Accor et lui permettrait indiscutablement de renforcer ses positions dans le paysage des opérateurs touristiques européens.

 

Evolution du RevPar hôtellerie par marché

(à fin septembre)

Pays   Nbre de Taux Prix moyen RevPar
    chbres d'occupation (97/98) (97/98)
France 70 041   71 % +10,8 % +13,5 %
Allemagne 21 128   64,9 % -1,2 % +1,4 %
Royaume-Uni 4 624   76,4 % +6,5 % +9 %
Belgique 4 310   71,4 % +6,4 % +16 %
Pays-Bas 4 030   81,9 % +10,4 % +16,4 %
Italie 2 843   64,2 % +5,1 % +11 %
Hongrie 2 856   65,9 % +20,1 % +17,3 %
USA Hôt F 4 805   70,2 % +12,1 % +7,8 %

L'HÔTELLERIE n° 2583 Hebdo 15 Octobre 1998

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