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n Les cafés littéraires et philosophiques

La thématisation avant l'heure

On connaissait déjà les salons littéraires, on découvre aujourd'hui les cafés philo et de nouveaux lieux où on lit, où l'on se rencontre, où on parle... autour d'un plat ou d'un verre. Les cafés littéraires sont des produits de restauration, atypiques et marginaux, mais qui ont leur clientèle.

Une vingtaine de cafés philosophiques et littéraires existent à Paris et une cinquantaine en province. Mais ces établissements particuliers existent en France depuis le XVIIème siècle. Ils accueillent au siècle suivant les philosophes des Lumières. Diderot, Rousseau, Voltaire y discutent littérature et y insufflent les prémices de la révolution. Né en 1686, le Procope, est le premier à avoir accueilli ces grands penseurs en plein coeur du quartier latin. A la fin du XVIIIème siècle, les cafés du Palais Royal sont à leur tour pris d'assaut par les révolutionnaires. Les discussions se font alors plus politiques. Au XIXème, ces cafés sont le rendez-vous des poètes comme Verlaine ou Rimbaud. L'apparition du courant de pensée surréaliste dans les années 1900-1930 est l'occasion d'un nouveau rassemblement d'écrivains et de poètes mais cette fois-ci dans le quartier Montparnasse. Hemingway, Breton et bien d'autres se réunissent à La Coupole ou au Dôme. A partir des années 1930, ce sont les cafés du quartier de Saint-Germain-des-Prés qui deviennent le coeur d'un mouvement littéraire naissant. Sartre et Simone de Beauvoir y promènent leur plume sur fond d'existentialisme. Aujourd'hui encore, on peut fréquenter ces hauts lieux de la littérature française, dont certains n'ont rien perdu de leur attrait. Cependant, même s'ils appartiennent à la grande tradition des cafés littéraires, la vocation de quelques- uns a sans doute évolué. Ainsi, à Paris, si on continue d'organiser des rencontres littéraires aux Deux Magots et au Flore, le Procope est devenu un restaurant réputé, dont les us littéraires ne se manifestent plus réellement qu'à travers le décor. Plus que le goût du livre, c'est la renommée de l'établissement qui séduit le fidèle de ces places illustres.

Les nouveaux cafés littéraires

Entre le salon littéraire et la librairie, de nouveaux lieux voient le jour, où auteurs et lecteurs se rencontrent pour la joie de dire, de lire ou d'écouter. "Ce sont des lieux "tendances" où la convivialité se mêle à la qualité des mets et à la chaleur des décors", nous confie un adepte du genre. On peut distinguer ceux que l'on fréquente pour simplement consulter un ouvrage ou feuilleter des magazines et ceux qui suscitent de vrais échanges littéraires. A la Belle Hortense à Paris, le vin et les livres se côtoient à l'occasion de soirées lectures ou dégustations, quand écrivains et producteurs viticoles présentent leur dernier cru. La Maroquinerie, qui a ouvert ses portes en 1998 dans le XXème arrondissement de la capitale, est un lieu composite qui intègre un café littéraire, un salon de lecture et un restaurant, répartis autour d'un patio. On peut participer chaque dimanche à des brunchs littéraires intitulés "gourmanlises" et de jeunes auteurs peuvent y déposer leur manuscrit en consultation libre.

Convivialité et amour du livre

Le Fumoir est également un lieu métissé, à la fois café, restaurant, bar à cocktails et bibliothèque. Il se caractérise par une ambiance cosy et feutrée dans un décor années 30, à la manière des cafés littéraires allemands et viennois . "C'est avant tout un endroit confortable qui associe intimité et convivialité. On y vient pour lire et pour se retrouver entre amis", explique Alain, l'un des créateurs du concept. Pas de réunions littéraires dans ce lieu branché où le livre, objet culte, envahit les rayonnages de la bibliothèque du fond. La Fourmi Ailée, située au coeur du quartier latin, initialement librairie féministe, est devenue, depuis quelques mois, un lieu hybride en se transformant en librairie-café-restaurant-salon de thé. On y vient par amour du livre pour se restaurer et discuter de littérature. "Notre clientèle, essentiellement issue d'un milieu littéraire, apprécie l'intimité et la discrétion du lieu", précise le directeur de l'établissement. Ni débats ni promotions, les conversations sont intimes et la clientèle discrète. Seuls quelques profs de la Sorbonne donnent parfois libre cours à leur savoir, face à un public restreint. Ces nouveaux lieux littéraires connaissent généralement un franc succès. "L'originalité du concept--l'association du livre et de la restauration-- est à la base de notre réussite", estime le responsable de la Fourmi Ailée. La plupart de ces sites veulent se caractériser par leur qualité gastronomique, par un cadre singulier et chaleureux et par des responsables passionnés par la littérature. La clientèle est multiple et cosmopolite mais la majorité provient d'un milieu littéraire ou artistique (écrivains, éditeurs, étudiants, artistes, journalistes, etc.). Peu nombreux, ces espaces ne se font pas concurrence et la singularité de leur concept leur permet de capter une clientèle ciblée et fidèle qui ne trouve son compte que dans ce type d'établissement. Le livre devient ici le symbole d'une convivialité et d'un style de vie recherchés.

Un café pour philosopher

Plus encore que les endroits où on lit, le café philo est le dernier lieu à la mode. Le premier a été créé en juin 1992 par le penseur Marc Sautet et par Pascal Ranger, ancien vacher de Chinon, venu à Paris pour devenir patron de café. Le concept du Café des Phares est différent des cafés littéraires. Le débat philosophique est le centre d'intérêt ; le décor et la gastronomie sont accessoires. "Nous organisons chaque dimanche un débat philosophique qui attire jusqu'à 200 personnes. La plupart ont entre 35 et 55 ans. Notre public est issu de tous les milieux, originaire de Paris et même de province ou de l'étranger, annonce Pascal Ranger. Notre idée est que la philosophie, née dans la rue, doit être accessible à tous et le café est la place idéale pour favoriser les rencontres d'idées et débattre à bâtons rompus des grandes questions de l'existence humaine". Ce credo a su trouver, en quelques années, un large écho. Le modèle du café philo s'est même exporté un peu partout dans le monde : en Europe, en Amérique et en Asie.

Moyens modestes

En définitive, la réussite de ces établissements doit beaucoup au dynamisme et à l'enthousiasme de gens passionnés de littérature ou de philosophie. Les créateurs ou les responsables des lieux, les associations (La Voie des Livres, Philos, La Clé des Champs, Arto, etc.) et les bénévoles, en organisant réunions et débats, en publiant des revues spécialisées, en animant la salle, en réveillant les décors, sont à l'origine du succès de nombreux cafés littéraires. Certains mêmes, dont les moyens financiers sont moindres, ne seraient pas viables sans la participation et la motivation des associations et équipes de bénévoles. Ainsi, si les résultats sont à la hauteur de l'engouement des hommes, on peut présager d'un bel avenir pour un genre qui ne se mêle finalement pas si mal à l'air du temps. Et qui plus est, à l'ère de la communication.

A. Vallée


Philosophique, littéraire ou sportif, c'est de plus en plus grâce à l'animation pouvant être offerte
à sa clientèle que le café attirera..


L'HÔTELLERIE n° 2580 Supplément Economie 24 Septembre 1998

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