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Montagne

Une saison d'hiver satisfaisante

Après plusieurs années noires, les stations françaises de ski d'altitude ont fait cette année le plein. Un bond en avant dû en grande partie à la modification du calendrier des vacances scolaires, de bonnes conditions météorologiques et une hausse sensible de la clientèle étrangère.

Presque un mètre trente de neige aux Cauterets dans les Pyrénées. Un mètre vingt aux pieds des pistes des Menuires et plus de deux mètres aux Arcs en Savoie... A la mi-avril, bon nombre de stations de sports d'hiver, notamment celles situées en haute altitude, bénéficiaient encore d'un enneigement exceptionnel. "J'avoue que l'on a presque fermé trop tôt ! Car nous avons en ce moment même une superbe neige", confie d'un ton joyeux Bernard Riccobono, président directeur général de la société de gestion d'Isola 2000. "A chaque fois que nous étions à la limite de la rupture, le bon Dieu a exaucé nos voeux. Et la montagne a aussitôt revêtu son manteau blanc", précise d'un air goguenard René Guth, patron du groupe Alp'Azur Hôtels (Le Carlina, Le Bellecôte, L'Albatros, La Tania, Le Montana...) et également président de l'Office de tourisme de Courchevel.
Après avoir mangé leur pain noir au cours de ces dernières années, il semble qu'à l'heure des premiers bilans, la saison hivernale 1997-1998 s'annonce satisfaisante pour une majorité des professionnels de la montagne. D'ailleurs, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon Ski France, association qui regroupe une centaine de stations de sports d'hiver françaises, la fréquentation aurait globalement progressé de 10% à 15% par rapport à 1996-1997. Le Syndicat national des téléphériques de France (SNTF) table lui, à partir des recettes générées par les remontées mécaniques, sur une hausse d'environ 5% à 10%.

Super poudreuse

La Fédération Autonome Générale de l'Industrie Hôtelière Touristique (FAGIHT) se montre pour sa part plus modérée et note que "l'hiver 1997-1998 n'aura connu une réelle embellie qu'en haute altitude où se concentrent les augmentations en volume global des clientèles françaises et étrangères." D'une manière générale, les massifs de basse et moyenne altitude ont en effet connu beaucoup de défections liées au mauvais enneigement. "Pour la zone de montagne, l'activité au mois de février notamment est certes restée correcte, mais toutefois moins bonne qu'en 1997 en raison du manque du neige", indique ainsi par exemple le Comité régional du tourisme de Franche-Comté.
Il n'en reste pas moins vrai que les sites les plus élevés ont eux en revanche bien tiré leur épingle du jeu. L'association soleil, ciel bleu et super poudreuse a fait effectivement craqué plus d'un amoureux des sommets et ce dès le début de l'hiver. La saison a commencé sur les chapeaux de roues pour bon nombre de professionnels. "Sur le mois de décembre, les taux d'occupation ont globalement enregistré une hausse de 20% par rapport à la saison précédente", explique Roger Rollier président des hôteliers de Chamonix et de la Vallée. Pour certaines stations de Savoie, les performances réalisées à Noël ont été supérieures de 20% à 25% à celles de 1996/97. De son côté, la société Pierre & Vacances (35.000 lits en montagne) aurait observé un bond en avant du nombre de ses réservations de 9% durant la période des fêtes de fin d'année et 11% sur les vacances de février.

Impact positif des semaines pleines

Car le nombre de vacanciers n'a eu de cesse de gonfler au fil des semaines. Et outre, des conditions climatiques particulièrement clémentes, la modification du calendrier scolaire (qui ajoute une semaine de vacances supplémentaire) a bel et bien permis de "booster" les ventes. "L'impact du retour des dates de vacances scolaires sur des semaines pleines (du samedi au samedi) a été positif partout", commente la FAGIHT. D'après l'Agence touristique de Savoie, les hôteliers (de la Tarentaise, La Maurienne ou bien Les Bauges, Le Beaufortain et le Val d'Arly) ont ainsi connu des taux d'occupation très satisfaisants avec une pointe la troisième semaine de février (entre 80 et 100% de remplissage en moyenne). "Les mois de janvier, février et mars ont été excellents, avec des taux de remplissage de 80% à 90%", confie Pascale Jallet, déléguée générale du Syndicat National des Résidences de Tourisme (SNRT).
A Chamonix, la fréquentation hôtelière a augmenté de 15% en janvier et s'est maintenue à un niveau analogue à celui de la saison précédente en février. Du côté de Courchevel, les professionnels pouvaient difficilement faire mieux puisque saturés de demandes. "Avec 95 jours de soleil sur 110 et une neige exceptionnelle, les gens ont eu du mal à résister à l'appel de la montagne", ironise René Guth dont l'entreprise a vu son chiffre d'affaires grimper de 15% au cours de la saison. Le président de l'Office de Tourisme de la station haut de gamme estime néanmoins que l'affluence des clients certaines semaines a eu des influences néfastes sur la qualité de l'accueil. "Sans oublier l'application de la convention collective qui, suivant les cas, a entraîné une hausse de 7% des frais de main- d'oeuvre", souligne le directeur général d'Alp'Azur Hôtels. Bon nombre de salariés saisonniers ont en effet souhaité prendre leurs deux jours de congé. De quoi gêner certaines entreprises. D'autant plus que contrairement aux habitudes, hormis les stations de basse et moyenne altitude, on n'a pas réellement constaté de grosse chute de fréquentation après les vacances des Français.

Multiactivités

Et pour cause ! Les touristes étrangers sont venus eux aussi très nombreux skier dans l'Hexagone. Dans certaines stations, ils peuvent représenter entre 40% et 50% de la clientèle voire davantage hors des vacances scolaires françaises. "Attirés par des taux de change qui leur étaient profitables, les Anglais et Italiens ont été très présents cette saison", analyse Bernard Riccobono pour Isola 2000 qui reçoit près de 30% de clientèle étrangère. "La part de la clientèle étrangère a fortement progressé (+ 4 à 5 points) dans les résidences de tourisme avec des nationalités très présentes comme les Allemands et les Britanniques", signale le SNRT. Le développement des liaisons franco-britanniques via l'Eurostar a en outre probablement joué un rôle important dans le choix de la destination. Autre fait nouveau dans le milieu des sports d'hiver, l'arrivée soutenue de vacanciers en provenance des Pays de l'Est avec pas mal de Russes.
Autant de facteurs conjoncturels qui ne doivent pas occulter les efforts d'adaptation et de promotion menés par les professionnels du secteur pour satisfaire les nouveaux besoins de la clientèle tant en matière de prix qu'au niveau des produits proposés. Oublié en effet le temps des vacances à la montagne exclusivement consacré au ski alpin. Aujourd'hui, tout le monde est capable de monter des forfaits comprenant des balades en raquettes, des promenades avec chiens de traîneaux, des soirées tartiflette... Sans oublier la montée en puissance des sports dits de nouvelles glisses (snowboard, surf...) qui séduisent les plus jeunes. A ce cocktail d'activités inédites s'ajoutent bien sûr de lourds investissements financiers dans des actions de promotion. L'organisme des Professionnels Associés de la Montagne (PAM) a d'ailleurs investi 7 MF afin de valoriser la montagne. Autre exemple à Courchevel : un budget de 2 MF a été cette année consacré à la commercialisation de la station. "Et nous allons maintenant effectuer un tour de France (dans 30 villes) en association avec "Les Nuits de la Glisse" afin de faire connaître Courchevel. Dès que c'est possible nous nous rendrons également dans de grandes métropoles européennes", raconte René Guth. On n'a rien sans rien.

C. Cosson
ccosson@lhotellerie


La neige est tombée massivement dès le début de la saison.

 
René Guth, directeur général d'Alp'Azur Hôtels et président de l'Office de tourisme de Courchevel : "Les hôteliers de Courchevel ont vu leur taux d'occupation grimper globalement de 7% à 10% au cours de la saison".


L'HÔTELLERIE n° 2559 Hebdo 30 Avril 1998

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