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Actualités


L'Evénement

Coupe du monde de football

La mairie de Paris siffle un hors jeu
à l'encontre de l'hôtel du Printemps

Animer son établissement en accrochant les drapeaux des pays sélectionnés pour le prochain Mondial 1998 sur sa façade n'est pas chose aisée. Philippe Selva, gérant libre de l'hôtel du Printemps en sait quelque chose. Témoignage...

Philippe Selva, gérant libre de L'hôtel du Printemps situé au 80, boulevard de Picpus (XIIème), ne manquerait pour rien au monde un match de football. Le ballon rond fait en effet son bonheur depuis des années. Et, cet hôtelier aurait bien voulu qu'il fasse aussi celui de ses clients. C'est d'ailleurs dans cet unique objectif qu'il a décidé de célébrer le prochaine Coupe du Monde en installant, depuis la mi-décembre, les drapeaux de tous les pays sélectionnés sur la façade de son établissement.

«J'ai pensé que c'était une façon comme une autre de m'associer à cette manifestation sportive sans précédent en France. D'autant qu'il me semble également que notre ministère de tutelle tient à ce que la profession participe à cet événement», explique le gérant un peu décontenancé. A en croire le discours de la secrétaire d'Etat au Tourisme, Michelle Demessine, prononcé en décembre dernier, il était clair en effet à ses yeux que les professionnels des CHR devaient tout mettre en oeuvre pour accueillir à bras ouverts les millions de touristes étrangers attendus à l'occasion du Mondial 1998.

Reste qu'au pays des Gaulois, rien n'est jamais simple. A la suite d'une enquête, les services de la mairie de Paris ont effectivement jugé l'initiative menée par Philippe Selva comme étant «hors la loi». «Il a été constaté le 9 janvier 1998 que vous avez installé, sans autorisation et dans le champ de visibilité d'un monument historique (Pavillon et Colonne du Trône), vingt-trois drapeaux nationaux différents», indique le courrier de la Direction des finances, des affaires économiques et du contrôle de gestion de la mairie de Paris.

Et d'ajouter, «ces dispositifs sont en infraction... toute occupation du domaine public de voirie est soumis à autorisation préalable». En d'autres termes, les drapeaux qui ornent la façade de l'hôtel du Printemps sont considérés comme enseignes publicitaires et Philippe Selva aurait dû entreprendre une démarche auprès de la ville de Paris avant de passer à l'action.

Délier les cordons
de la bourse

Respectueux des règles, le gérant n'a bien sûr pas perdu une seconde depuis réception de cette lettre pour remplir en bonne et due forme le dossier en question. La réponse est désormais entre les mains de l'architecte de Paris. De deux choses l'une : il considère que les fameux fanions gênent la vision du monument et ces derniers seront décrochés dans les plus brefs délais. Ou bien il accepte cette décoration et l'hôtelier devra alors délier une nouvelle fois les cordons de la bourse.

Philippe Selva a en effet d'ores et déjà déboursé 10.000 francs dans cette opération. Sans compter les investissements de rénovation qu'il a entrepris à l'intérieur de sa «maison» pour être à la hauteur de l'événement. «Je n'ai pas hésité à investir 250.000 francs afin de relooker ma réception. J'ai aussi acheté une vitrine spéciale afin d'y exposer les fanions de chaque pays sélectionné ainsi que des produits dérivés (timbres, enveloppes...)», confie avec enthousiasme l'hôtelier, qui grâce à son sens de l'accueil et ses contacts commerciaux est parvenu à héberger plus 300 Paraguayens pour l'occasion. Et de préciser, «je rénove également plusieurs de mes chambres. Sans oublier l'achat récent d'une licence IV. Il s'agit en effet pour moi d'accueillir les visiteurs étrangers qui viendront en France l'été prochain comme il se doit ! Le football, c'est la fête, n'est-ce pas ?», lance avec ironie le gérant.

Une affaire à suivre...

C. Cosson

ccosson@lhotellerie

Fan de football, Philippe Selva, gérant libre de l'Hôtel du Printemps situé
80, boulevard de Picpus à Paris, a voulu fêter la Coupe du Monde à sa manière.



L'HÔTELLERIE n° 2547 Hebdo 5 fevrier 1998

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