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Fiches d'étrangers

Comment respecter la réglementation quand les clients ne passent pas à la réception ?

Certains hôteliers indépendants semblent avoir trouvé un cheval de bataille contre le développement de l'hôtellerie de rocade, économique en affirmant que ces établissements sont dans l'illégalité en la matière, faute de pouvoir contrôler l'identité de clients qui obtiennent leur clé à un distributeur.

«Faux», affirme depuis le début les responsables de la chaîne «Formule 1» au sein du groupe Accor. «Nos hôtels respectent la réglementation hôtelière sans aucune exception

L'explication de certains indépendants serait la suivante : le client séjourne dans un «Formule 1» sans passer par la réception et tout autre service de l'hôtel après avoir obtenu la clé par un moyen automatique et après paiement électronique. Les «Formule 1» sont donc conçus de telle manière qu'il n'est pas possible de contrôler les clients et donc demander de remplir une fiche d'étranger. CQFD.

Marc Thépot, directeur régional France Sud Est s'inscrit en faux : «Il s'agit d'un mauvais procès qui ne correspond pas à la réalité de l'exploitation chez «Formule 1», où tous les responsables ont reçu les instructions concernant les fiches étrangers. Chaque unité dispose de fiches étrangers conformes au modèle imposé par un Arrêté du ministère de l'Intérieur du 6 mai 1976. Un responsable est présent dans chaque «Formule 1» de 6 h à 22h30 et contrôle ainsi l'arrivée des clients. Ceux qui cherchent un grain de sable dans notre organisation ont voulu prendre en compte la situation des clients arrivant dans un formule 1 après 22h30. Nous pouvons les rassurer en leur précisant que nos appareils qui délivrent la clé uniquement après paiement par carte bancaire, identifient également la provenance géographique de la carte bancaire. S'il s'agit d'un compte bancaire d'un établissement situé à l'étranger, le responsable du «Formule 1» demandera au client à son réveil, de remplir une fiche étranger et donc se conformera aux dispositifs de la réglementation en question.

Ces explications suffiront-elles ?

Et quand bien même un étranger échapperait dans un «Formule 1» à cette obligation, encore faudrait-il que les services de police soulèvent cette infraction qui de toute manière n'aboutirait qu'à une amende de 30 à 250 F.

Pas de quoi soulever des vagues d'indignation de la part des hôteliers indépendants, d'autant plus que les services de police compétents dans certaines villes ont bien voulu affirmer qu'un nombre trop important d'hôteliers indépendants ne respectent pas, d'une manière plus ou moins systématique, la réglementation sur les fiches étrangers. Autant dire qu'il y a souvent beaucoup de bruit pour rien...avant d'accuser son concurrent il faut être en règle soi-même !

C. Roussel

Le décret n°75-412 du 20 mai 1975, toujours en vigueur, stipule que «les hôteliers sont tenus de faire remplir et signer, par tout client étranger, dès son arrivée, une fiche individuelle de police».

La sanction infligée à l'hôtelier est une amende de 30 à 250 F par fiche non remplie.


Lille

Accor joue l'export

Accor a débuté le 30 octobre dernier en son emblématique Novotel de Lille Aéroport une collaboration avec le CFCE (Centre français pour le commerce extérieur), la Coface (Compagnie française pour le commerce extérieur) la Société générale et autres partenaires pour promouvoir l'engagement des entreprises françaises à l'exportation. Les hôtels sont a priori des lieux où hommes et femmes d'affaires français et étrangers ont vocation à se rencontrer. L'idée est donc de proposer dans les métropoles régionales des conférences-débats sur invitations lancées à une centaine d'entreprises locales vraisemblablement intéressées par un thème d'information. Il s'agissait en l'occurrence des opportunités d'affaires en Europe de l'Est et de l'aide que les entreprises pouvaient trouver auprès des intervenants. L'action s'appuie sur la logistique séminaire et banquets des hôtels bien sûr, mais plus généralement sur le tissu relationnel de l'ensemble des marques Accor (organisées en clubs métropolitains) présentes dans la région. L'opération sera répétée non seulement dans les capitales régionales françaises, mais aussi à l'étranger. Les implantations locales d'Accor accueilleront les expatriés français, les voyageurs, leurs clients, etc. Une manière de s'insérer régulièrement dans la vie des affaires françaises et de rencontrer de nouveaux clients tout en sécurisant l'action du CFCE.

A. Simoneau


Réunion pour promouvoir l'engagement des entreprises françaises à l'exportation.


Metz

Les hôteliers créent leur club Internet

Internet, réincarnation d'une association moribonde : le Web assume cette fonction insolite à Metz. A partir de la fin novembre, le site «lorrainehotels» accueille 20 établissements, dont 17 membres du club hôtelier dissout le 1er juillet. Prononcée en raison du «manque de motivation des adhérents et du manque de soutien des partenaires institutionnels», cette décision a laissé un peu plus de 40.000 francs de fonds : les membres ont décidé d'investir cette réserve dans la réalisation d'un site Internet. Ils s'accordent une exclusivité pour la région Metz-Thionville, mais souhaitent accueillir des hôtels installés dans les autres bassins de Lorraine.

La présentation de chaque hôtel inclut un texte, quatre photos et un encart de réservation. Point besoin cependant pour l'établissement de s'équiper lui-même d'un PC et modem : un routage automatique assure l'arrivée par fax de la réservation. L'abonnement mensuel se limite à 160 francs HT. Le coût de réalisation de la présentation, pris en charge ici par l'ex-club hôtelier, s'inscrit en général dans une fourchette de 3 à 4.000 francs par hôtel. Chaque établissement dispose d'une adresse d'accès individuelle à la suite de l'adresse http://www.lorrainehotels.com et peut créer un lien («link») avec le restaurant de son choix.

Lorrainehotels s'intègre dans le serveur Europe Hôtels Online (ehr.com), développé par la société APM de Pulversheim (Haut-Rhin) et déclinant déjà le site Alsacehotels depuis juillet 1996. Un lien que les établissements lorrains jugent «fondamental». Ils comptent tirer profit de l'attrait de l'Alsace sur la clientèle visée : des étrangers lointains rompus à l'usage d'Internet. Le site Alsacehotels affiche des résultats impressionnants chaque trimestre : 3.000 nuitées générées dans les 100 hôtels inscrits, à la suite d'environ 15.000 visites prolongées (ouverture de plus de 12 pages) émanant à 70% d'étrangers (majoritairement anglophones) et à 45% d'entreprises. Le site s'élargit d'ailleurs au Sud (régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc-Roussillon) à la fin novembre.

La présentation sur Internet déroule trois menus : hébergement - économie- tourisme. «Notre présence n'a de sens que si elle se relie à la vente de produits touristiques», estime Jean-Pascal Speck, propriétaire de l'hôtel Horizon à Thionville (Moselle). Celui-ci a mis cette déclaration en application : constant l'absence de la célèbre ligne Maginot sur Internet, il en a conçu la promotion sur le Web et l'a fait figurer en première page de la présentation de l'Horizon sur lorrainehotels.

M. Nussbaum


Taxe de séjour

Lourdes : les hôteliers disent non

Votée depuis très longtemps par le Conseil municipal, mais jamais appliquée, la taxe de séjour refait parler d'elle dans la seconde ville hôtelière française (17.000 chambres). Les professionnels n'en veulent pas et demandent un peu plus de concertation de la part de la municipalité.

La saison qui s'est achevée il y a quelques semaines à Lourdes a beau être la meilleure depuis trois ans, les hôteliers n'ont pas vraiment le moral. Il suffit de connaître le nombre d'hôtels en vente pour s'en convaincre. En effet, sur le moyen terme, le nombre de pèlerins a tendance à diminuer, la durée des séjours tend à se raccourcir, la dévaluation de la lire et de la peseta (monnaies de leurs principaux clients) pèse sur les comptes et la guerre des prix que se livrent les établissements n'a pas fléchi. De sorte que les marges sont au plus bas. La restructuration de l'ensemble du patrimoine hôtelier (1984-1990), qui s'est traduite par la disparition de 200 établissements, la création de grosses structures et d'un parc en grande partie neuf est, d'autre part, encore loin d'être digérée puisque la Banque de France estime que l'endettement de l'hôtellerie lourdaise avoisine 11 milliards de francs. Les difficultés rencontrées par les professionnels sont le plus souvent discrètes, les banques préférant de loin favoriser des solutions de reprise au lieu de laisser les plus mal en point faire faillite. Dans ce contexte déprimé, le projet annoncé par la mairie, selon lequel une taxe de séjour sera effectivement perçue en 1998, a fait l'effet d'une bombe. Les hôteliers, qui n'ignorent pas que l'économie lourdaise repose en grande partie sur leurs épaules, espèrent qu'il s'agit d'un ballon d'essai, aucun détail ne leur ayant été donné sur les modalités et le calendrier de mise en œuvre de cette taxe. «J'ai reçu, le 18 novembre, la visite du premier adjoint de la mairie venant m'annoncer la nouvelle. Je l'ai aussitôt prévenu que nous ne serions pas d'accord avec l'instauration de cette taxe», explique François Destandau, président de l'Union hôtelière de Lourdes. «Nous y sommes hostiles car nous ignorons ce qui la motive, à quoi elle va servir, et parce qu'elle irait à l'encontre de la directive ministérielle de 1995 qui demande que soit instaurée la concertation en la matière

L'inquiétude des hôteliers lourdais vient de ce que la municipalité lourdaise est très endettée. «Nous demandons à réfléchir, au côté de la municipalité, à l'adoption de mesures en faveur du tourisme local, mesures en fonction desquelles on verra si la taxe est nécessaire et pour quel montant correspondant. Il n'est pas question de payer cette taxe sans savoir à quoi elle va exactement servir», dit François Destandau. «Cette taxe, sur le principe de laquelle nous sommes contre car elle devrait être supportée par l'ensemble du secteur marchand bénéficiant des saisons, serait d'autant plus malvenue, ajoute Jacques Duvin, que les contrats 1998 sont pratiquement déjà tous signés. Il serait donc impossible aux hôteliers d'en répercuter le montant.»

A. M. P.



L'HÔTELLERIE n° 2540 Hebdo 18 decembre 1997


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