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Hôteliers indépendants

«Les Pieds dans l'eau» s'étalent

Aujourd'hui, les étoiles ne suffisent plus à renseigner clairement les clients quant à la qualité d'un hôtel. Plusieurs initiatives ont donc vu le jour, dont celle des «Pieds dans l'eau», pour sortir le malheureux consommateur des méandres de la classification hôtelière et lui éviter la publicité mensongère. D'abord développé le long des côtes bretonnes, le concept s'est étendu aux rivages de la Grande Bleue et à ceux de l'Atlantique.

Hôtel de charme les pieds dans l'eau... Voilà le genre d'annonce qui en fait fondre plus d'un, notamment dès l'apparition des premiers rayons de soleil. Monsieur Tout le Monde n'a alors effectivement très souvent plus qu'une seule idée en tête : passer une semaine de vacances au bord de la mer et y tremper ses petits petons. Reste qu'hélas, il y a encore trop fréquemment tromperie sur la marchandise. Dans bien des cas en effet, le touriste se voit contraint à parcourir deux ou trois kilomètres avant de pouvoir enfin bénéficier des bienfaits des embruns marins.

Mieux valait donc que les professionnels remettent les choses au clair. D'autant que ce produit jouit aujourd'hui d'une cote d'amour incontestable auprès des vacanciers nationaux et internationaux. Ce fut chose faite dès 1993. A l'initiative de quelques hôteliers bretons, de la société de communication Photo Bretagne Edition et du Comité Régional du Tourisme Bretagne, la marque «Les Pieds dans l'eau» a été officiellement déposée à l'INPI. Et là, plus question de tricher ! «Nous devions imposer d'entrée de jeu des critères sévères à nos futurs adhérents pour garantir l'authenticité de notre label», explique Catherine Busch-Lefeuvre, chargée de communication des «Pieds dans l'eau». Ne peuvent en effet désormais arborer ce label que les établissements (deux, trois ou quatre étoiles) offrant un accès direct à la mer (plage, grève...). Aucune route, ni même parking ne doit ainsi séparer l'hôtel de la plage ou de l'eau.

A l'origine exclusivement développée dans les contrées de Surcouf et autres marins bretons célèbres, engrangeant des maisons telles que «L'Alexandra» (St-Malo), «Au Roi Gradlon» (Audierne), «De la baie des trépassés» (Plogoff), «Ker Mor» (Perros-Guirec) ou bien encore «Le domaine de la Rochevilaine» (Billiers), l'association «Les Pieds dans l'eau» a petit à petit séduit bon nombre de nouveaux membres.

DOM-TOM

A tel point d'ailleurs que de 15 hôtels à ses débuts, la «chaîne» totalise désormais 33 hôtels-restaurants, soit une progression de 50% de son parc d'origine. Mais, mieux encore, le concept s'est étendu à d'autres rivages accueillant dans ses rangs l'an passé 12 nouveaux établissements de 2 à 4 étoiles dont 6 en Bretagne, 5 en Méditerranée (La Rose des Mers à Hyères, Le Roc Hôtel au Lavandou, La Villa Saint-Elme aux Issambres, Le Sol e Mar à Aguay Saint-Raphaël et Le Miramar Beach Hôtel à Théoule-sur-Mer) et 1 en Atlantique (Château de sable Hôtel Punta Lara à Noirmoutier). Et les choses ne devraient pas s'arrêter en si bon chemin. «Les Pieds dans l'eau» souhaitent en effet prendre une réelle dimension nationale et s'étendre aux DOM-TOM afin de répondre à l'attente de la clientèle. Autrement dit, la marque devrait accentuer sa présence en Normandie, du côté de l'Atlantique, de la Méditerranée, mais aussi en Corse, à la Réunion, à la Guadeloupe et à la Martinique. Et pourquoi pas au cours des prochaines années, essaimer en Italie, Espagne et en Grande-Bretagne ?

«A travers ce label, les hôteliers-restaurateurs indépendants recherchent à mettre en valeur leur privilège unique d'avoir un accès à la mer», indique un nouvel adhérent. Et d'ajouter, «ils souhaitent aussi entreprendre des actions de promotion et de communication communes. Hors plus le réseau sera important, plus nous aurons des moyens financiers pour nous faire connaître.» Moyennant une cotisation annuelle de 5.000 francs hors taxe par adhérent et un droit d'entrée de 3.000 francs H.T, l'association «Les Pieds dans l'eau» édite en effet une brochure à 50.000 exemplaires. Par ailleurs, plusieurs actions de relations presse sont également menées tout au long de l'année. En moins d'un an et demi, un fichier clients comprenant plus de 1.200 adresses a été constitué. Enfin, «Les Pieds dans l'eau» commercialisent un forfait baptisé «Week-ends Saveurs», comprenant 2 nuits, plus petit déjeuner et un repas à base de produits de la mer, pour deux personnes. Les tarifs varient en fonction de la qualité des unités : Pied Sable est à 960 francs par exemple et le Pied Or à 2.500 francs.

Claire Cosson

ccosson@lhotellerie-restauration.fr

«De la baie des trépassés», à Plogoff-Pointe de Raz. Avec le label «Les Pieds dans l'eau» pas besoin de parcourir des kilomètres avant d'apercevoir les premières vagues.


Hôtellerie haut de gamme

L'hôtel George V se refait une beauté

Le palace parisien tire le rideau de fer dès le 1er novembre prochain et ce, pour une durée d'un an. Richard Martinet et Pierre-Yves Rochon vont être les deux principaux artisans du George V de l'an 2000.

«Fermé pour cause de travaux...» C'est ce que les passants de l'avenue George V pourront lire dès le 1er novembre prochain sur la façade du célèbre palace parisien. Racheté le 3 janvier dernier par son altesse royale, le prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud, neveu du roi Fahd, pour la somme de 920 millions de francs, le George V va en effet subir une longue et profonde cure de jouvence durant près de douze mois. Et le nouveau propriétaire des lieux, souhaitant «faire de son acquisition l'un des hôtels les plus prisés au monde», n'a pas lésiné sur les moyens financiers pour parvenir à ses fins. Afin que le George V puisse retrouver son faste d'antan, une enveloppe budgétaire d'un montant situé entre 280 et 320 millions de francs, lui a été ainsi accordée. Une somme d'ores et déjà colossale, confiée en outre à des «chirurgiens» en architecture des plus renommés dans le milieu de l'hôtellerie haut de gamme.

C'est en effet une équipe française, composée notamment de l'architecte Richard Martinet et du décorateur Pierre-Yves Rochon, qui réalisera ce vaste programme de rénovation. Deux spécialistes qui ne manqueront pas bien sûr de donner libre cours à leur talent pour porter le George V en tête du hit-parade mondial des palaces. D'ailleurs à en croire leurs propos respectifs, ils vivent là chacun une véritable aventure. «Pour mener à bien cette restauration qui se veut avant tout fidèle à l'image mythique de l'établissement, nous avons retrouvé les plans et dessins d'origine. Ainsi, nous allons enlever toutes les fenêtres, les balcons, les menuiseries et les redessiner. Il s'agit d'un travail d'une grande précision et je trouve très excitant de faire revivre le charme originel du George V», confie Richard Martinet en charge de la rénovation extérieure de l'hôtel.

Des chambres entre
40 et 50 m2 en moyenne

Même tonalité passionnée pour Pierre-Yves Rochon dont la tâche est de revisiter l'intérieur du site : «le défi qui m'est lancé consiste à traduire deux objectifs indissociables. D'une part, faire de l'hôtel George V l'un des plus beaux palaces à Paris, avec une identité propre et une atmosphère d'intimité et d'élégance. D'autre part, offrir à la clientèle le plus haut niveau de qualité et de confort...»

Au cours des douze prochains mois, l'immeuble bâti dans les années 20, va donc être revu du sol au plafond tout en conservant son esprit d'origine. On sait déjà que la redistribution de l'espace dans les étages va permettre de proposer des chambres d'une surface rare à Paris puisqu'elles oscilleront entre 40 et 50 m2 en moyenne et seront bien entendu dotées des équipement de communication modernes (prise fax et modem, prise de courant pour recharger les téléphones portables...).

Parallèlement, les harmonies de couleurs se marieront avec un mobilier français classique et raffiné. Dans le hall, les arches vont retrouver leur forme ancienne pour accroître la perspective sur la cour intérieure. Le futur George V disposera en outre d'un restaurant plus vaste et plus lumineux auquel sera adjoint un jardin d'hiver. Une salle dans un décor de bibliothèque, avec une imagerie sur les écrivains français, est également prévue au programme pour l'organisation de conférences et de dîners. Sans oublier la remise en valeur du patrimoine décoratif de l'hôtel comme les tapisseries murales, l'immense tapis de la Savonnerie de 150 m2 dans le salon de thé ou bien encore les boiseries des salons Régence, Louis XIII et Napoléon.

C. C.

Compte tenu de la dimension historique forte du George V, le parti pris pour l'architecture extérieure de l'hôtel a été le choix de la continuité, plutôt que de la rupture avec le passé.



L'HÔTELLERIE n° 2532 Hebdo 23 octobre 1997


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