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L'Evénement

Elections à la présidence de la FNIH

Georges Antoun rend public son programme

C'est dans un document de 40 pages que Georges Antoun et Henri Charvet ont présenté leur programme.

Une information très largement diffusée auprès des électeurs puisque tous les présidents, vice-présidents, présidents de branche, des départements adhérents à la FNIH et les responsables régionaux ont aujourd'hui reçu ce document : 550 programmes ont ainsi été envoyés. L'Hôtellerie vous présente les grandes lignes de ce programme.

Un programme ambitieux dont l'axe principal est la reconnaissance économique du secteur des cafés, hôtels et restaurants à travers une action forte. Dès le départ Georges Autoun, candidat à la présidence de la Fédération, donne les principes de base de l'instruction de tous les dossiers de la profession :

- dénoncer

- proposer

- mobiliser

- revendiquer

- former

- apporter, quotidiennement, une aide rapprochée aux entreprises.

Une action qu'il fixe dans une démarche précise : «Il est du devoir de la FNIH de dénoncer les dysfonctionnements juridiques, fiscaux, sociaux, concurrentiels et financiers que subissent nos entreprises mais parallèlement, il est de son devoir de proposer des solutions étayées par des dossiers fiables afin de faciliter et d'éclairer la prise de décision du politique et de l'administration.»

Après avoir présenté l'organisation administrative des services de la rue d'Anjou, telle que l'équipe candidate la prévoit, le programme détermine par branche les dossiers. Quelques extraits :

Les dossiers cafés-bars-discothèques

* Un renforcement de l'action déjà menée pour la réforme du Code des débits de boissons à travers une action auprès du gouvernement français, mais aussi sur le plan européen afin de permettre une saine concurrence vis-à-vis des pays limitrophes.

* Limitation du nombre de licences à travers une harmonisation des critères de situation, dénonciation du droit déclaratif.

* Contrôle des fermetures administratives par l'obligation de la présence d'un représentant syndical, ayant accès au dossier, avant toute décision préfectorale mais également action auprès de la Cour européenne pour déterminer la légalité de la procédure.

Les dossiers restaurants

* TVA : maintien de la revendication pour une baisse de la TVA avec propositions pour d'autres modes de calcul de l'assiette mais parallèlement, renforcement du combat sur le plan européen pour convaincre les politiques de l'utilité d'inscrire la restauration sur la liste des taux réduits dans le cadre de la renégociation des taux pour l'harmonisation européenne.

* Appartenance à la chambre des métiers : tout en rappelant que l'affiliation des restaurateurs aux chambres des métiers ne peut se faire que dans un esprit de préservation de la tradition culinaire, de l'artisanat du métier de cuisinier, afin d'informer et de fidéliser la clientèle à travers le logo d'artisan, le programme préconise la double appartenance chambre de commerce-chambre des métiers. Dans le même esprit, est abordé le problème du statut professionnel avec une labellisation des entreprises de restauration et la reconnaissance du professionnalisme du restaurateur.

* Prêts bonifiés : afin de permettre aux restaurateurs de profiter des prêts bonifiés qui leur sont réservés, désignation d'un «responsable prêts bonifiés» à la FNIH pour permettre aux départements de faire aboutir administrativement les dossiers de leurs adhérents.

Les dossiers hôtellerie

* Remise en cause de la responsabilité de l'hôtelier : aberrante tant dans les chambres que sur les parkings ou à la réception avec une demande d'abrogation pure et simple de l'article 1954 alinéa 2 du Code civil conjointe à une négociation avec les professionnels de l'assurance.

* Surcapacité : prorogation et extension à tous les hébergements touristiques de la loi du 5 juillet 1996 contrôlant le développement hôtelier mais également appui technique aux départements pour le respect de cette loi.

* Redevance audiovisuelle : mise en place d'un système équitable pour tous les types d'établissement afin de permettre en même temps aux plus petits de s'équiper sans pour autant surtaxer les établissements de grande capacité.

Les dossiers généraux

Au-delà de ces dossiers plus spécifiques aux branches, les dossiers généraux sont développés. Quel-ques grandes lignes :

* Taxe professionnelle : ouverture d'un combat pour que la taxe ne soit plus seulement basée sur les immobilisations et les salaires dans la mesure où ce système pénalise plus particulièrement les cafés, hôtels, restaurants.

* «LE DOSSIER» pour l'équipe Antoun-Charvet, celui pour lequel tous les efforts doivent être mobilisés, est celui des charges sociales : dénonçant le coût excessif des charges sociales dans les entreprises de main-d'oeuvre, véritable frein à l'emploi, à l'amélioration du service et au développement des entreprises des CHR, ils s'engagent à travailler sur la mise en place de mesures spécifiques au secteur privilégiant l'emploi et le développement de carrière grâce à une dégressivité des charges salariales.

* Financement : tout en rappelant l'accord signé avec C2T pour une aide à la renégociation des prêts, le programme insiste sur la nécessité de redéfinir les relations de la FNIH avec la BDPME (ex CEPME) et sur l'urgence de trouver des partenariats avec des sociétés de caution mutuelle pour redynamiser et sécuriser les investissements et les refinancements.

* Le paracommercialisme est très fortement dénoncé. Un renforcement de l'action de la FNIH sur ce dossier tant sur le plan local que national est prévu avec demande au gouvernement de la création d'une cellule «Paracommercialisme dans les CHR» donneuse d'ordre aux administrations locales pour l'application de la loi.

De nombreux autres points sont étudiés, soutien du projet des «Maîtres cuisiniers de France» sur le parcours du professionnel, convention collective, formation, présence de la FNIH à travers l'Hotrec et renforcement de l'action sur le plan européen.

Un chapitre «prospective» trace les grandes lignes du rôle de la Fédération envers les nouvelles technologies, la mise en place d'observatoires économiques, d'observatoires prospectifs afin de mieux informer, former et préparer les entreprises des CHR.

Se tourner vers
les régions

La relation avec les départements et les régions est considérée comme ESSENTIELLE A LA VIE DE LA FNIH. Un renforcement de la communication est mis en place avec le développement des liaisons rue d'Anjou-Départements un soutien de la FNIH pour la mise en application locale des décisions nationales et sur demande du département, un permanent national délégué sur place pour aider la structure départementale dans l'application de la politique nationale. Des cellules d'actions et de revendications tant sur le plan national que sur le plan de la coordination des actions locales sont envisagées.

A noter que dans le chapitre «finances» qui fait le point sur les ressources de la Fédération, les candidats s'engagent à une clarté totale des comptes avec diffusion semestrielle à tous les départements, à l'édition d'un prévisionnel en début d'année et comparaison par rapport à la réalité lors des réunions du directoire et ils s'imposent un résultat positif sur toutes les opérations (concevant mal les déficits constatés lors des congrès annuels).

Aide rapprochée aux entreprises

Au-delà de la revendication, le programme développe l'idée d'une mission d'AIDE RAPPROCHEE AUX ENTREPRISES. Partant du principe que les professionnels indépendants n'ont ni le temps, ni les structures pour être à même de maîtriser la réglementation, mais aussi de savoir profiter de la complexité des aides qui existent tant sur le plan national que régional, le programme prévoit la mise en place d'une structure d'aide rapprochée aux entreprises pour les problèmes financiers, fiscaux, sociaux comme sur la formation.

P.A.F.

Rappelons que les élections auront lieu le 19 septembre, les électeurs étant les présidents départementaux, mandatés par leurs bureaux. Nous présenterons le programme d'André Daguin dès qu'il nous sera communiqué.

«

C'est dans une implication importante dans

la préparation des dossiers que nous pourrons présenter des revendications incontournables, étayées d'arguments économiques chiffrés. C'est le seul moyen d'être entendus des politiques

»

.

«Pour une décentralisation de la FNIH vers les régions»

L'Hôtellerie :

Pourquoi êtes-vous candidat à la présidence de la FNIH ?

Georges Antoun :

«Je suis très impliqué depuis de nombreuses années, dans la défense de nos entreprises tant sur le plan départemental que régional et national, et j'ai aujourd'hui acquis une expérience qui a permis à certains dossiers d'aboutir : sur le plan régional, nous avons obtenu une enveloppe de subventions de 50 millions sur 5 ans pour la rénovation de l'hôtellerie entre autres et sur le plan national, la fin de la défiscalisation pour les non-hôteliers, le contrôle du développement hôtelier, l'accord de partenariat avec C2T pour la renégociation des prêts. Aujourd'hui, je souhaite mettre en application cette politique qui est la mienne, qui consiste avant tout en une implication importante dans la préparation des dossiers afin de présenter des revendications incontournables, parfaitement étayées d'arguments économiques et financiers chiffrés. Nous devons être techniquement très solides en face de l'administration et des politiques pour qu'ils nous entendent.»

L'Hôtellerie : Comment concevez-vous la mission de la FNIH ?

G. A. : «C'est le rôle normal d'une organisation syndicale patronale qui se doit de réagir, de revendiquer quand la réglementation n'est pas ou plus adaptée à la réalité économique des entreprises mais qui se doit aussi d'agir auprès de l'administration pour que les textes évoluent dans le bon sens tant sur le plan fiscal, social, économique, mais au-delà, je suis convaincu, que le rôle de la FNIH doit aujourd'hui s'élargir et aller encore plus vers les entreprises. C'est l'aide rapprochée aux entreprises qui est essentielle, c'est un service qu'il m'importe de développer au sein de la Fédération afin d'apporter à ces structures indépendantes et familiales que sont nos entreprises, la logistique qui leur fait défaut pour résoudre les problèmes au quotidien. Je ne prendrai pour exemple que l'accord de partenariat que nous avons signé avec C2T, accord qui a permis d'aider plus de 150 entreprises à renégocier leurs emprunts et d'établir dès lors, des bases financières saines assurant la pérennité des exploitations.

Je crois beaucoup à ce rôle que doit jouer la FNIH et c'est dans cet esprit que j'ai, depuis quelques temps maintenant, ouvert des négociations avec des entreprises financières pour mettre en place à travers la Fédération, une caisse de caution mutuelle qui permettrait aux cafetiers, restaurateurs et hôteliers, de s'appuyer sur une caution indiscutable pour emprunter ou renégocier avec davantage d'atouts.

L'Hôtellerie : Quels sont les grands dossiers qui vous paraissent essentiels pour les CHR ?

G. A. : «Bien sûr, il y a le dossier de la TVA sur la restauration, le paracommercialisme et la taxe professionnelle dont l'action de la revendication sera forte, mais nous savons que ces dossiers sont politiquement et économiquement liés à d'autres niveaux de décisions, européennes, pour la TVA par exemple, et que la marge de manoeuvre du gouvernement est étroite. Par contre, il en est un, et c'est pour moi LE dossier, où le gouvernement peut prendre toutes les libertés qu'il veut : c'est celui des charges sociales. Dans un secteur comme celui des CHR, un des seuls encore créateur d'emplois, qui donne du travail sur l'ensemble du territoire, qui peut accueillir un personnel pas ou peu formé et qui assure, dans les entreprises, sa formation et sa promotion, il est de notre devoir de militer très activement pour une baisse des charges sociales sur nos métiers. C'est pour moi le dossier essentiel qui touche toutes les entreprises des CHR.»

L'Hôtellerie : Quelles relations comptez-vous mettre en place entre la rue d'Anjou et les départements ?

G. A. : «Il est urgent que l'on pense à la décentralisation de la FNIH vers les régions. La FNIH est l'émanation des régions et des départements, sans eux, elle n'est rien. Son rôle est de regrouper, coordonner et initier pour l'ensemble, les bases d'une politique pour des sujets d'ordres généraux. Il est nécessaire qu'une transversalité s'opère dans le sens département-FNIH comme dans celui FNIH-département. Bien sûr, il est des sujets que la Fédération initie, qui doivent trouver un relais pour l'application quand les régions les ont acceptés mais ce n'est pas l'essentiel, bon nombre de sujets sont directement traités au sein des départements, à leur initiative et ils méritent d'être remontés à la FNIH pour que tous les autres départements bénéficient de l'expérience et du succès des autres. Pour moi, le rôle de la FNIH est celui de fédérer l'ensemble des professionnels afin d'avoir une efficacité encore accrue.»

L'Hôtellerie : Vous avez rencontré le nouveau secrétaire d'Etat, quel était le but de cet entretien ?

G. A. : «Je viens, en effet, de rencontrer Madame Demessine pour évoquer avec elle les problèmes majeurs que nous rencontrons, et lui demander d'agir pour que les dossiers en suspens évoluent au plus vite. J'ai vu avec elle et ses services les problèmes de redevance TV, la responsabilité des hôteliers, le suivi de la loi du 5/7/96 sur le contrôle du développement hôtelier, l'implication du gouvernement en matière d'aide à la renégociation des prêts, j'ai insisté pour qu'il soit tenu compte du rapport Radelet sur le paracommercialisme et que des mesures soient prises sur le plan national pour endiguer ce phénomène destructeur pour notre secteur, mais j'ai aussi, vous vous en doutez, très fortement développé mon argumentation sur la baisse des charges sociales dans notre secteur afin de favoriser l'emploi. Sans avoir de réponse, je peux dire que j'ai rencontré chez Madame Demessine, une écoute très intéressée, de grande qualité.»

L'Hôtellerie : Pourquoi avoir envoyé votre programme dès maintenant alors que les statuts de la Fédération ne vous le demandaient que pour le 19 août, un mois avant les élections ?

G. A. : «Parce qu'un mois c'est très court, et je souhaitais que l'ensemble des professionnels puisse avoir le temps de le consulter et de réagir, et qu'au sein des organisations départementales, tout le monde puisse en débattre.»

«La FNIH, au-delà de la revendication, doit apporter aux structures indépendantes et familiales que sont nos entreprises, la logistique qui leur fait défaut pour résoudre leurs problèmes.»



L'HÔTELLERIE n° 2518 Hebdo 10 juillet 1997


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