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Estimant que la France souffre d'un déficit de promotion

Michèle Demessine va se battre pour faire remonter le budget du Tourisme au niveau de 1990

La nouvelle secrétaire d'Etat au Tourisme rencontre actuellement l'ensemble des acteurs touristiques. Malgré la diversité de ses interlocuteurs, elle a d'ores et déjà cerné bon nombre de problèmes dont en particulier, ceux liés aux distorsions de concurrence et au manque d'action de promotion.

Michèle Demessine n'est pas femme à mâcher ses mots, encore moins à ne pas dire la vérité. Nommée secrétaire d'Etat au Tourisme le 3 juin dernier, elle avoue ainsi, aujourd'hui, sans détour ne pas être une grande spécialiste de son secteur hormis en tant que consommatrice. Cette lacune devrait néanmoins être comblée dans les plus brefs délais. D'autant que rencontrant actuellement l'ensemble des organisations professionnelles du Tourisme, ce petit bout de femme direct et dynamique a d'ores et déjà assez bien appréhendé les problèmes auxquels sont confrontés ses interlocuteurs.

Frappée par la très grande diversité des entreprises qui constitue d'ailleurs selon elle, l'une des forces du tourisme français, l'ex vice-présidente de la commission des affaires sociales du Sénat a en effet parfaitement ressenti le besoin d'écoute exprimé par la profession. «Je me suis entretenue avec quasiment toutes les fédérations professionnelles. Chacune voit en moi une oreille réceptive à leurs petits et grands dossiers. Toutes souhaitent également que je porte leurs soucis et leurs attentes auprès des autres ministères», confie Michèle Demessine. Et d'ajouter, «j'ai beaucoup de détermination surtout lorsque les revendications sont justifiées. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire entendre la voix des professionnels.» Une remarque qui laisse a priori présumer, que la nouvelle secrétaire d'état au Tourisme n'ira pas par quatre chemins s'agissant de défendre les intérêts de son domaine d'attribution.

Obtenir 100 millions de francs supplémentaires

Reste à savoir si cette détermination suffira à convaincre certains ministères, notamment celui des Finances dont dépend en grande partie le tourisme. Qu'il s'agisse effectivement de la baisse de la TVA, ou bien encore de celle des charges salariales, rien ne sera obtenu sans l'approbation de Bercy. Qu'à cela ne tienne, Michèle Demessine, admettant certes, ne pas avoir de baguette magique, mais ayant clairement conscience en particulier du problème de la taxe sur la valeur ajoutée, affirme avoir son mot à dire en la matière. «Je compte me servir du poids du Tourisme pour faire avancer les choses», indique-t-elle.

Paroles et paroles... disent déjà certains. En attendant, elle n'hésite pas à passer à l'action en déclarant dès aujourd'hui, vouloir d'une part, dégeler les crédits du budget 1997 qui ont été bloqués sur Maison de la France (15%). Elle a, d'autre part, la ferme intention de remonter le budget du ministère à la hauteur de celui de 1990, soit obtenir une enveloppe supplémentaire d'une centaine de millions de francs environ. «Le Tourisme a vu son budget diminuer sensiblement au cours de ces dernières années. Cela n'a pas été une bonne chose. Car je pense maintenant que la France souffre d'un déficit de promotion alors même que la concurrence se montre de plus en plus agressive.», explique Michèle Demessine. «Nous devons impérativement relancer les actions de promotion. Beaucoup d'entreprises touristiques subissent en effet la stagnation des dépenses», précise-t-elle.

Outre le dossier concernant les moyens de promotion, le nouveau secrétaire d'état au Tourisme entend bien évidemment s'atteler à d'autres grands chantiers comme celui du calendrier scolaire, des distorsions de concurrence et de l'emploi.

Egalité des chances
pour tous

Michèle Demessine se dit ainsi prête à tout mettre en oeuvre pour parvenir à harmoniser les conditions de la concurrence. On notera au passage qu'elle s'est d'ailleurs entourée d'un spécialiste en la matière en la personne de Michel Radelet. «Il me semble que le tourisme s'est développé de manière rapide en France à partir de structures très diverses. Au cours de cet essor, d'importantes distorsions se sont créées entre les différents acteurs du tourisme et pèsent maintenant sur les conditions de vie de chacun. Il y a donc un gros travail d'harmonisation à mettre en oeuvre sur ce point notamment sur les questions de fiscalité», souligne Michèlle Demessine, très attachée à l'égalité des chances pour tous. Une égalité qu'elle veut obtenir à la fois dans les conditions de travail, mais aussi, de part sa sensibilité personnelle, dans l'accès aux vacances. Sur ce point précis, Madame Demessine ne cache nullement son soutien à l'égard de l'Agence Nationale des Chèques-Vacances espèrant pouvoir étendre le champs d'application de cet outil aux petites et moyennes entreprises.

Elle ne nie pas non plus son affection au petit commerce en général et considère dans ce domaine que la petite hôtellerie française «se bat bien, malgré des conditions de travail difficile».

Claire Cosson

c.cosson@lhotellerie-restauration.fr

Michèle Demessine, bien décidée, à faire tout ce qui est en pouvoir pour faire entendre la voix des profesionnels du tourisme.

LES MEMBRES DU CABINET

Michèle Demessine n'a pas lésiné en constituant son cabinet.

Elle s'est ainsi entourée d'une solide équipe composée de sept membres :

- Gilles Leblanc : directeur du cabinet

- Céline Godin : chef de cabinet, chargée des relations avec le Parlement

- Michel Radelet : conseiller technique, chargé des relations avec les professionnels du tourisme

- Bruno Fareniaux : conseiller technique, chargé de l'aménagement et du développement local

- Daniel Lejeune : conseiller technique, chargé de l'emploi et de la formation

- Yves Sinno : conseiller technique, chargé du développement des nouvelles technologies

- Fabien Roussel : chargé de communication.

Ça va mieux en le disant

A MADAME LA MINISTRE

Pour vous donner le «la»...

Lors de votre prestation télévisée du 22 juin, nous avons pris bonne note de votre souhait d'être appelée madame «la» ministre. Bien que vous sembliez la première surprise de votre nomination, vous avez désormais en charge de conduire pour un temps la réflexion et l'action dans ce ministère qui nous est cher.

Si comme tout un chacun, l'emploi est au coeur de vos préoccupations, reconnaître que le tourisme est un secteur d'activité à forte potentialité d'embauche est une constatation qui nous rassure.

En effet, l'essentiel de la valeur ajoutée que nous produisons, est due principalement à la main d'oeuvre qui travaille dans une petite entreprise souvent en sous effectif. Les causes : la rigidité d'un droit du travail inadapté aux PME en général, et à l'hôtellerie en particulier, le coût prohibitif des charges qui pèsent sur les salaires.

En ce temps de rigueur budgétaire, l'excédent de 137 milliards de francs produit par l'activité touristique n'est pas à négliger. Votre souci d'un tourisme social est tout à fait louable, et un tourisme «vert», dans l'air du temps. Veillez toutefois à ce que les règles du jeu de la concurrence soit bien observées... Lors de votre émission, nous avons été choqué qu'un projet hôtelier puisse voir le jour avec 3,5 MF d'argent public sans provoquer votre indignation. Les vrais professionnels revendiquent le droit de pouvoir travailler sans artisanat, mais toujours avec le sacro-saint principe : aux mêmes droits, les mêmes devoirs.

Statut de la PME en milieu hôtelier, baisse des coûts du travail, lutte contre toute forme de paracommercialisme, suppression des charges sur les avantages en nature, statut de la profession de restaurateur, baisse de la TVA en restauration, à l'heure où vous prenez la baguette de chef d'orchestre, permettez-nous de vous donner le «la».

Jean-Louis Giansily

Président des restaurateurs FNIH Vaucluse



L'HÔTELLERIE n° 2517 Hebdo 3 juillet 1997


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