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«La priorité des priorités,

c'est l'allégement des charges»

Jacques Coudy, patron du Parc de la Muette, un café-brasserie hôtel situé à Paris, dans le XVIe arrondissement, a pris la succession de Robert Henry à la tête de la branche limonade du SNRLH*. Celui-ci, après quelques mois d'observation, sort de sa réserve et évoque, pour nous, les grandes préoccupations de la profession.

Propos recueillis par
Sylvie Soubes

L'Hôtellerie :

Quel est, selon vous, au-jourd'hui, le dossier le plus important à traiter d'un point de vue syndical ? Quelle est l'urgence du secteur café ?

Jacques Coudy :

La priorité des priorités, non seulement pour les cafés mais aussi pour l'ensemble de la profession, c'est l'allégement des charges associé à une nouvelle politique en matière de TVA qui ne défavorise pas, comme c'est le cas, nos entreprises. Pour y parvenir, je crains malheureusement que nous devions nous armer de patience. Il faut que Bercy comprenne que nous avons un des taux les plus élevés d'Europe, que nous devons revendiquer l'égalité touristique et commerciale. L'Europe est faite pour favoriser les échanges et le commerce. Or, aujourd'hui, nous ne sommes pas compétitifs.

L'Hôtellerie :

Les syndicats ont-ils véritablement la possibilité de faire évoluer la situation ?

J. C.:

Vous savez, je suis pour un syndicalisme fort. Il faut des actes nationaux et une convergence d'hommes et d'idées. Je ressens cette convergence comme quelque chose d'indispensable à l'aube de la monnaie unique et de la mondialisation. Les problèmes sont communs à tous les professionnels et les solutions communes. Je crois au renouveau du syndicat. Nous sommes un tampon indispensable entre les hommes politiques et la profession.

L'Hôtellerie :

En ce qui concerne le secteur parisien, dont vous avez désormais la charge au sein du SNRLH, êtes-vous satisfait du dossier des terrasses et comment réagissez vous au fait que les fermetures tardives exceptionnelles n'aient pas été autorisées par le préfet pour la fête de la musique à Paris ?

J. C.:

Je succède à Robert Henry à la tête de la branche café du SNRLH et c'est une lourde succession. Grâce à l'action de Robert Henry, la profession bénéficie à l'heure actuelle à Paris, dans le cadre des terrasses, d'un système qui me paraît satisfaisant. Mon rôle sera ici un rôle de surveillance. Il n'y a eu pas eu cette année, pour moi, de dérapage de la part de la mairie même si l'augmentation des tarifs est légèrement supérieur au taux de l'inflation.

En revanche, en ce qui concerne la Fête de la musique, je constate qu'il y a eu une sorte de favoritisme laxiste à l'égard du paracommercialisme alors que nos adhérents soucieux de l'ordre se sont vu refuser la possibilité d'accompagner tard dans la nuit cette animation qui est issue, à l'origine, rappelons-le, d'une volonté commune entre la mairie de Paris et le ministère de la Culture. Je regrette cette situation. J'ajouterai à ce sujet que nous avons, avant la manifestation, demandé à nos adhérents, notamment, de relever les numéros d'immatriculation des voitures ou des camionettes qui servaient aux organisateurs de buvettes et autres sandwicheries sauvages. Nous collectons, actuellement, ces retours d'informations et nous allons les transmettre pour qu'une enquête officielle puisse avoir lieu.

L'Hôtellerie :

Vous qui avez longtemps tenu un établissement faisant tabac-Loto-PMU, que pensez-vous de ces postes dans l'activité bistrot en général ?

J. C.:

Je vous avoue que je suis contre le développement actuel des tabacs, PMU ou Loto secs. C'est une sorte de guerre ouverte contre la limonade et cela supprime la convivialité. Les clients ont désormais pour unique contact une caissière acariâtre ou des écrans de contrôles. Ce n'est bon pour personne.

L'Hôtellerie :

Comment jugez-vous la limonade à Paris ?

J. C.:

Elle est liée à la nouvelle clientèle. La phrase peut vous paraître naïve et pourtant c'est la réalité. Prenons l'exemple féminin. Cette clientèle est en forte progression à Paris et ce paramètre nécessite une autre approche du métier. Nous devons penser à l'aspect sécuritaire, à la propreté, à la tenue des lieux. Les jeunes ont également des attentes auxquelles il faut prêter attention. Il est fini le temps où l'alcool était la raison d'être des bistrots. Nous sommes devenus des lieux de calme, de repos, de détente.

* Syndicat national des restaurateurs, limonadiers et hôteliers (rue de Gramont).

Jacques Coudy avoue son inquiètude dans le développement des tabacs, PMU ou Loto secs.



L'HÔTELLERIE n° 2517 Hebdo 3 juillet 1997


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