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French paradox

Pour une fois, un organisme international nous classe parmi l'une des nations les plus performantes du monde. Ça nous changera de la suffisance affichée à notre égard par les Anglo-Saxons généralement plus enclins à l'autosatisfaction qu'à l'analyse objective des faits.

La WTO (organisation mondiale du tourisme en bon français) s'est livrée à une étude minutieuse de dépenses de promotion touristique des pays adhérents, et fait nouveau, s'est attachée à mesurer l'efficacité des investissements consentis par les administrations nationales du tourisme. Le critère choisi est simple : le revenu généré pour 1 dollar investi dans la promotion touristique de chaque pays.

Figurez-vous et cela mérite d'autant plus d'être souligné qu'auparavant, nul ne s'est avisé à ce jour de mettre ce fait en valeur, la France est la nation dont l'investissement en promotion touristique est le plus productif de la planète. Allons-y pour quelques chiffres qui feront plaisir à tous ceux qui oeuvrent pour le développement touristique de notre beau pays :

pour 1 dollar dépensé dans la promotion touristique, la France en gagne 375, l'Espagne 319, le Royaume-Uni 222, la Thaïlande 148, Singapour 141, les Pays-Bas 122, le Portugal 121, l'Autriche 78.

Parmi les 8 nations qui consacrent le plus de ressources pour faire venir des touristes, nous sommes donc et de très loin, en tête d'un hit-parade inattendu.

Faut-il pour autant se satisfaire de ce score ? Dans l'absolu, il serait vain de bouder notre plaisir. Mais il faut néanmoins tempérer ce cri de victoire par quelques autres considérations moins enthousiasmantes. Pour parvenir à ce résultat, il nous faut «importer» plus de 60 millions de visiteurs étrangers, alors que nos voisins et amis britanniques, avec moins de 25 millions de touristes, font évidemment beaucoup mieux pour la dépense par visiteur, de même d'ailleurs que l'Italie, où l'on a sans doute un sens plus aiguisé du commerce.

Il serait donc de sage politique d'introduire un paramètre de correction fondé sur le nombre de visiteurs, dont la multiplicité entraîne des charges collectives qui viennent sérieusement grever nos performances. Paradoxalement, malgré notre succès sur les marchés étrangers du tourisme et la «productivité» de nos investissements promotionnels, il n'est pas certain que nous ayons un tourisme aussi rentable que celui de nos concurrents. Un paradoxe à analyser également de très près.

L.H.



L'HÔTELLERIE n° 2513 Hebdo 5 juin 1997


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