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Marseille et la Coupe du monde de football

Le Norway s'éloigne...

On l'avait annoncé : le Norway (ex-France) viendrait mouiller dans la rade de Marseille pendant la Coupe du monde de football. Mondiresa était d'accord pour participer à l'affrètement, mais attendait de la ville des garanties, afin de confirmer la location du Norway avant le 22 mai à midi. Elle ne les a pas eues. Et le Norway n'a pas voulu attendre plus longtemps...

Et si Marseille, pour valoriser son image de ville maritime, s'offrait un palace flottant pendant la Coupe du monde football ? L'idée avait germé et fait son chemin dans les esprits des responsables et professionnels du tourisme. Il s'agissait d'affréter, pendant la durée de la Coupe du monde, un bateau de croisières qui aurait proposé un hébergement complémentaire haut de gamme à destination des TO étrangers et aurait servi aux opérations de prestige montées par les sponsors.

Oui, mais voilà... l'affrètement d'un bateau de croisières de 500 places coûterait de l'ordre de 500.000 F par jour, selon Dominique Vlasto, adjointe au tourisme. Difficile à organiser sans le soutien de tour-opérateurs ou de commercialisateurs efficaces. Le dossier avait donc été remis entre les mains de la Chambre de commerce et d'industrie. Puis on l'avait annoncé : le Norway, l'ex-France, viendrait mouiller dans la rade...

Mondiresa, la centrale de réservations agréée par le CFO pour gérer l'hébergement sur les divers sites de la Coupe du monde, filiale du groupe Accor, était d'accord pour financer une partie de l'opération «palace flottant» à une seule condition : le paquebot ne pouvait être que le Norway, l'ex-France, offrant une capacité de 2.000 places de luxe. Contacts pris, le Norway était d'accord, mais posait ses conditions financières : une bagatelle de plusieurs millions par jour. Mondiresa avait jusqu'au 22 mai à midi pour donner sa réponse. Au-delà, le Norway ne l'attendait plus. Las, les législatives ont bousculé le projet.

«C'était le Norway
ou rien»

«Vues les sommes et l'organisation en jeu, nous attendions de la ville de Marseille, d'une part, un engagement financier, d'autre part, un engagement concernant la mise en place de dispositifs de sécurité dans le port, explique Jean-Louis Zevaco, directeur général de Mondiresa. Mais malgré nos relances, nous n'avons eu aucune réponse à la date butoir...»

Législatives obligent en effet : tous les hommes politiques sont sur le pont pour mener campagne, y compris le maire de la ville et en oublient le reste... «Dommage, constate Jean-Louis Zevaco, cela aurait été une publicité fantastique pour la ville et pour nous. Beaucoup de monde, essentiellement une clientèle étrangère haut de gamme prête à dépenser son argent, serait resté à Marseille, car nous avions prévu d'affréter le Norway pendant douze jours et nous aurions tout fait pour le remplir, quitte à déplacer les gens de Paris. Nous avons tout fait pour convaincre la compagnie d'attendre la réponse jusqu'à la fin des législatives, mais elle n'a rien voulu savoir...»

Un autre bateau pourrait-il remplacer ce navire amiral ? «Pas question, rétorque tout net Mondiresa. Toutes les villes près de la mer nous ont demandé de participer à l'affrètement de bateaux, mais nous avons refusé. Nous ne voulons pas que les choses se passent comme à Barcelone où 15.000 chambres flottantes étaient prévues et où la moitié seulement a été occupée.

Nous ne remplirons aucun autre bateau que le Norway, car aucun n'est aussi prestigieux et ne peut attirer autant de monde. Cela irait à l'encontre des intérêts des hôteliers.»

L. Casagrande

LES HÔTELIERS NE SONT PAS CONTENTS

Le CHR 13 vient d'adresser une lettre à Dominique Vlasto, adjoint e au tourisme de la ville de Marseille, pour s'inquiéter du manque de communication et de mobilisation autour de la Coupe du monde de football. Alors que la ville voisine de Montpellier met en valeur depuis plusieurs semaines cet événement, Marseille n'a en effet pas encore bougé.

«Nous savons que diverses commissions sur divers thèmes se réunissent chacune de leur côté, mais nous craignons que tout cela manque de cohérence et que la mobilisation ne soit pas à la hauteur de l'événement. Nous souhaitons aussi que la population se sente mobilisée dès maintenant», estiment les responsables du CHR. Et d'ajouter : «Des milliers de personnes vont visiter Marseille. Il faut les faire rester. Mais ce n'est pas en leur faisant découvrir les lieux culturels habituels qu'on y parviendra. Les supporters viennent avant tout pour le foot et ont envie de s'amuser. Il faut donc organiser des attractions complémentaires spécifiques...»



L'HÔTELLERIE n° 2511 Hebdo 22 mai 1997


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