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Plan emploi de l'industrie hôtelière

Un premier bilan positif

La profession ne trouve pas toujours les jeunes dont elle a besoin. Face à ce constat trop souvent répété dans le milieu de l'hôtellerie-restauration, l'Etat a signé avec les représentants de l'industrie hôtelière un accord cadre mettant en place un plan emploi dont l'objectif permet de répondre aux exigences d'une profession par le moyen de contrats de formation adaptés.

Le 27 octobre 1994, l'Etat, représenté par les ministères du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que de l'Equipement, des Transports et du Tourisme, signait un accord cadre avec les partenaires sociaux de l'industrie hôtelière en faveur de l'emploi. Un accord cadre comprenant deux volets distincts. D'une part, un plan emploi triennal ayant essentiellement pour objet l'insertion et l'intégration de 10.000 jeunes et demandeurs d'emploi sur trois ans par le biais de contrats d'insertion par des formations alternées et l'apprentissage, et d'autre part, un plan de communication triennal destiné à promouvoir les métiers auprès des prescripteurs de l'orientation et du grand public.

Pour des raisons administratives, le plan emploi de l'industrie hôtelière fut réellement mis en route l'été dernier. Un premier bilan a pu donc être effectué par le Fafih, qui gère la logistique du système, neuf mois après le démarrage de cette opération d'envergure. «A l'issue de la première année, soit en septembre 97, nous aurons formé 2.000 jeunes dans le cadre du plan emploi triennal (voir encadré), indique Robert Gafner, délégué national à l'emploi de l'industrie hôtelière. Un chiffre supérieur aux prévisions annoncées, qui nous encourage pour les deux années à venir pour lesquelles nous envisageons la formation et l'intégration en entreprise de 3.500 à 4.000 jeunes par an», poursuit Robert Gafner.

Apprendre un métier

Le premier volet du plan emploi de l'industrie hôtelière, soit la partie emploi proprement dite, comporte trois contrats de formation distincts. Le premier et le plus significatif du plan emploi vise à insérer dans la vie professionnelle 1.000 jeunes de moins de 22 ans souhaitant travailler immédiatement en entreprise et motivés par les métiers du secteur de l'industrie hôtelière. Il s'agit du Contrat d'Insertion par le Travail en Entreprise, le CITE. A la différence de l'intégration en entreprise, soit la seconde partie du plan emploi que nous verrons par la suite, le CITE est une formation personnalisée et adaptée au cas par cas. Une nouvelle approche du système de formation, selon Robert Gaffner, puisque c'est l'entreprise et non pas le centre de formation qui joue le rôle de maître d'oeuvre dans la formation. «En d'autres termes, le CITE est la formalisation de la «formation sur le tas» qui a toujours existé dans l'entreprise», explique Robert Gafner.

Concrètement, le CITE est constitué d'un contrat d'orientation de six mois suivi d'un contrat de qualification de six à neuf mois. Un formateur et un tuteur accompagnent le jeune tout au long de son contrat. Ces derniers s'engagent à mettre le jeune en situation de travail et à rassembler les moyens pour atteindre des objectifs d' «employabilité» inscrits sur une liste préétablie, ainsi que des objectifs techniques définis d'un commun accord. Un travail qui s'appuie sur des listes indicatives de travaux de base en fonction des besoins de l'entreprise et du poste que le jeune va occuper, sans oublier de prendre en compte les souhaits et les capacités du jeune.

Pour que le tuteur remplisse plus aisément sa mission, il reçoit une formation organisée par le centre de formation. Une formation d'une durée de trois demi-journées totalement financée par le Fafih. Elle permet au tuteur de prendre connaissance du dispositif du CITE, d'identifier l'appui apporté par le centre de formation et de faciliter la formation du jeune dans l'entreprise pour pouvoir ensuite l'orienter à l'issue de son contrat. Avant d'entrer dans la vie active ou d'intégrer une formation qualifiante, le jeune reçoit une Reconnaissance d'Aptitude à l'Emploi dans l'Hôtellerie-Restauration (RECAPE), délivrée par la Commission Nationale Paritaire de l'Emploi de l'Industrie Hôtelière.

Les entreprises adoptant ce contrat de formation bénéficient d'une prise en charge par le Fafih de la totalité de la formation du jeune et du tuteur, ainsi que d'une prime de l'Etat de 5.000 francs et d'une exonération des cotisations patronales de Sécurité sociale pour la rémunération du jeune. Par ailleurs, ces établissements bénéficient d'une reconnaissance de la profession en entrant dans le «cercle des entreprises éducatrices». A ce titre, ils reçoivent une information particulière et sont labellisés.

Intégrer une formation qualifiante

Le second contrat de formation fait appel à l'intégration par la qualification dans le secteur hôtelier de 8.000 jeunes grâce à une formation encadrée et structurée au travers de paliers d'orientation et de formations de mise à niveau. Dans un premier temps, une information est donnée aux jeunes sur les métiers de l'industrie hôtelière dans le cadre d'un centre de formation. En fonction de son niveau, le jeune est alors orienté vers un contrat d'orientation, de qualification ou d'apprentissage, ou bien vers le deuxième palier qui va lui permettre de construire un projet professionnel personnalisé dans le cadre d'un stage d'orientation-formation. Selon le cas, le jeune est orienté vers un contrat d'orientation, de qualification, d'apprentissage, vers une embauche directe ou vers le troisième palier. Celui-ci permet de faire le point sur les connaissances générales et comportementales, à l'issue duquel le jeune peut alors présenter sa candidature pour suivre un contrat d'orientation, de qualification, d'apprentissage, un stage qualifiant ou une embauche directe. 1.500 jeunes auront intégré cette formation qualifiante en septembre 97.

Le dernier contrat du plan-emploi s'adresse à un public de demandeurs d'emploi ayant déjà eu une expérience professionnelle dans le secteur, selon le processus d'intégration par la qualification. Cette action concerne 1.000 personnes. 200 individus auront bénéficié de cette formation un an après la mise en place du plan emploi triennal.

Ce plan de promotion des métiers a été conçu et conduit par un partenariat entre le ministère du Tourisme, le ministère du Travail et la profession (Fafih). Pour accompagner le plan-emploi, le Fafih a choisi une campagne de communication agressive qui se déroule en trois temps.

Un plan de
communication agressif

Tout d'abord, une campagne de valorisation du secteur a été mise en place auprès des relais d'information sur les métiers de l'hôtellerie et de la restauration, tels que les conseillers d'orientation, les professeurs principaux des collèges, les missions locales, les conseillers ANPE ou PAIO, etc. Chaque action régionale se déroule en quatre étapes. Une lettre explicitant l'engagement de la profession dans le projet est envoyée aux responsables nationaux et régionaux des organismes d'information et d'orientation. Ensuite, l'agence de communication chargée de l'opération assure une prise de contact personnalisée avec chaque mission locale ou centre d'information. Un mois plus tard, les prescripteurs régionaux sont conviés à une réunion dans un hôtel, un restaurant ou un centre de formation où des professionnels et des jeunes en formation hôtelière leur présentent les métiers et les débouchés offerts par le secteur. Enfin, pour les prescripteurs qui le souhaitent, des visites d'entreprises, sélectionnées par les organismes professionnels, sont organisées au cours des deux mois suivant la réunion d'information.

Parallèlement, des réunions d'information et d'orientation des jeunes destinées à les faire entrer dans le CITE ou un contrat de formation en alternance sont organisées dans les régions. On les appelle «les Rendez-vous d'Avenir». Les jeunes rencontrent des professionnels et des formateurs. Des entretiens individuels ont même lieu débouchant sur la formation de contrats de formation.

Après avoir commencé à sensibiliser la presse professionnelle, le Fafih a réalisé une nouvelle campagne destinée au grand public. Elle devrait démarrer dans les villes de Lille, Rennes, Dijon, Chalon-sur-Saône et Paris avant d'être relayée dans la France entière en 1998. Les premières affiches et spots radio pourront être vus et entendus dès le 10 juin prochain. Alors, n'oubliez pas de garder grands ouverts vos yeux et vos oreilles !

B. de Lacretelle

BILAN DE LA 1ERE ANNÉE DU PLAN EMPLOI DE L'INDUSTRIE HOTELIERE
Septembre 96 - Septembre 97
Nombre d'individus concernés
Dispositifs Engagés au 31/12/96 Engagés au 15/4/97 Prévus au 15/6/97 Prévus en fin
de 1ère année
* Insertion par le travail en entreprise : CITE 100 180 200 300
* Insertion qualifiante - STRATES : contrats 500 700 800 900
de qualification
* Insertion qualifiante - STRATES : contrats 200 200 200 200
d'apprentissage
* Insertion qualifiante - STRATES : stages - 50 300 400
* Insertion qualifiante - STRATES : TOTAL 700 950 1.300 1.500
Total jeunes 800 1.130 1.500 1.800
Stages demandeurs d'emploi adultes - - 50 200
Total général 800 1.130 1.550 2.000



L'HÔTELLERIE n° 2510 Hebdo 15 mai 1997


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