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Projets d'ouvertures

Enquête L'Hôtellerie

Ralentissement sensible des projets hôteliers en 1997

L'industrie hôtelière a perdu de son charme pour bon nombre d'investisseurs. Résultat : les prévisions d'ouvertures d'hôtels à travers l'Hexagone sont à la baisse cette année, passant de 88 en 1996 à 62 en 1997. La part de l'hôtellerie économique représente plus de 74% des projets envisagés par les chaînes intégrées.

Va savoir si la suppression de l'avantage fiscal permettant l'imputation sur le revenu global des déficits liés aux BIC est un facteur important dans la régulation du marché de l'hôtellerie française. Va également savoir si la parution de la loi du 5 juillet 1996 (publication des décrets d'application le 26 novembre dernier), qui soumet à autorisation d'exploitation la création de nouveaux établissements hôteliers, aura un sérieux impact sur le développement du secteur dans l'Hexagone. A en croire les déclarations fréquentes des grands patrons de chaîne, «la mise en place des CDEC, jugée pour la plupart comme étant antilibérale, est d'ores et déjà aujourd'hui parvenue à bloquer maints dossiers». Des propos qui, au regard des résultats de notre enquête annuelle répertoriant les projets d'ouvertures d'hôtels sur le territoire national, semblent apparemment bel et bien fondés.

Collectées auprès des chambres de commerce et d'industrie, des groupes hôteliers, des syndicats professionnels, des offices de tourisme, de certains comités régionaux du tourisme et des mairies, les données de notre étude témoignent en effet d'un ralentissement sensible des créations d'hôtels au cours de l'année 1997 en France. Alors que l'on recensait en 1996 près de 87 unités hôtelières et 1 résidence (ce qui représentait une capacité en nombre de chambres de 6.126), 1997 devrait seulement ainsi voir fleurir 62 nouveaux établissements (dont 60 hôtels et 2 résidences), soit 3.385 chambres. En clair, le nombre d'ouvertures prévues cette année régresse globalement de 44,7% en terme de chambres et de près de 30% en terme d'établissements.

20 projets d'hôtels économiques

Une baisse qui touche en premier lieu les chaînes hôtelières intégrées. Les chiffres parlent d'ailleurs d'eux-mêmes. Les compagnies hôtelières, qui annonçaient l'année dernière 69 unités (5.525 chambres), ne prévoient que 27 nouveaux établissements en 1997, soit un fléchissement de plus de 60,86%. Tandis que la croissance des catégories deux (3 hôtels envisagés), trois (1 hôtel et 1 résidence) et quatre étoiles (2 hôtels prévus à Paris) se réduit à néant, l'hôtellerie économique poursuit quant à elle son petit bonhomme de chemin représentant encore plus de 74% du nombre total des ouvertures prévues pour les chaînes en 1997. Rien à voir néanmoins avec le niveau de développement pratiqué au cours des années antérieures. En 1997, on ne dénombre effectivement que 20 projets (1.984 chambres) sur le créneau super-économique contre 61 un an plus tôt (4.252 chambres).

Parmi les opérateurs les plus gourmands sur la cible des hôtels bon marché figurent encore bien entendu Première Classe (groupe Envergure) avec 8 projets (dont deux gros porteurs en région parisienne), suivi de B & B divulguant 8 ouvertures, toutes sur la province. Le leader, Formule 1, ne prévoit, lui, pour sa part, qu'une unité nouvelle (350 chambres) en 1997 dans l'Hexagone située à la porte de Châtillon à Paris. Avec plus de 300 unités opérationnelles en France, le mastodonte de l'hôtellerie économique ayant quasiment achevé son maillage national, s'en va tout naturellement essaimer vers d'autres horizons. C'est ainsi qu'en Europe, il devrait ouvrir 13 hôtels (dont 6 en Grande-Bretagne, 2 en Espagne, 4 en Allemagne et 1 en Autriche), soit 1.010 chambres supplémentaires. Ajoutons à tout ceci 2 autres unités en Afrique du Sud. Soulignons également l'essor d'Etap Hôtel qui s'apprête à reprendre 18 unités existantes en France. Sans oublier aussi 4 constructions neuves outre-Rhin et 6 au pays de Nelson Mendela.

35 projets indépendants

Parallèlement au créneau économique, on observe à travers notre étude une volonté globale farouche de l'ensemble des chaînes hôtelières intégrées à investir les marchés étrangers. Et pour cause ! Plusieurs enseignes ayant dorénavant soit atteint leur taille critique (Novotel, Mercure, Ibis, Campanile...), soit ne réussissant plus à grandir en France, mettent tout en oeuvre pour imposer leur image ailleurs. La dernière marque du groupe Envergure, baptisée Clarine, va ainsi effectuer ses premiers pas en Belgique et en Italie. Ibis ouvrira 7 établissements (881 chambres) en Europe auxquels s'ajoutent 12 autres projets dont 6 en Thaïlande, 4 en Indonésie, 1 en Argentine et 1 en Malaisie.

Novotel n'a pas dit non plus son dernier mot en matière de développement. La chaîne trois étoiles, dirigée par Philippe Brizon, prévoit en 1997 l'inauguration de dix nouveaux établissements hors Europe (tous en Asie) et cinq sur le vieux continent (Luxembourg, Italie, trois reprises Adagio en France). Quant à Mercure, dont les cofondateurs d'Accor avaient annoncé 1.000 hôtels en l'an 2000, l'enseigne se porte apparemment assez bien. Tablant sur 10 établissements supplémentaires en France, elle a d'ores et déjà une trentaine de projets engagés à travers le monde pour 1997.

Face aux ambitions des chaînes, les projets des investisseurs indépendants demeurent assez modestes. On peut toutefois souligner que le nombre d'ouvertures d'hôtels prévues en 1997 est supérieur à celui recensé en 1996 : 34 établissements et 1 résidence contre 18 précédemment. Précisons que l'essentiel de ces créations ne comporte en moyenne pas plus d'une quinzaine de chambres. A elle seule, la région Lorraine totalise plus d'un tiers des projets hôteliers (11). Viennent ensuite par ordre croissant la Provence-Côte d'Azur (7) et le Languedoc-Roussillon.

C. Cosson

Cette enquête a été réalisée à partir d'informations collectées auprès de différents organismes : chaînes hôtelières intégrées, Chambres de commerce et d'industrie, Comités régionaux et départementaux de tourisme, mairies, offices du tourisme et chambres syndicales. Bien entendu, les résultats de cette étude ne peuvent en aucun cas être interprétés comme étant une liste exhaustive des projets recensés à travers l'Hexagone. Néanmoins, à partir de ces données, il est possible de dégager les tendances actuelles du marché hôtelier français.



L'HÔTELLERIE n° 2510 Hebdo 15 mai 1997


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