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Espoir

Il s'en est fallu de très peu pour que l'aboutissement de près de vingt années de négociations ne voit pas le jour et que la convention collective ne soit pas signée. C'est avec un certain panache que les centrales patronales signataires ont choisi de ne pas utiliser les incertitudes d'une période de dissolution du Parlement, donc d'instabilité des équilibres politiques, pour remettre en cause une parole qu'elles avaient donnée. C'est leur manière de dire qu'elles ont confiance dans les institutions de leur pays et de confirmer leur volonté de regarder l'avenir en face avec réalisme. Confiance dans les institutions de leur pays parce qu'elles acceptent de prendre le risque de signer un accord très longuement négocié avec les syndicats salariés en l'absence de l'obtention de l'abattement des charges sociales sur les avantages en nature nourriture, la dissolution empêchant le vote de la mesure promise, comme contrepartie à la signature, par le gouvernement. Tout en prenant certaines garanties, c'était la moindre des choses, les syndicats patronaux signataires ont fait preuve d'un réel courage politique vis-à-vis de leurs adhérents. En effet, si les principaux dirigeants patronaux sont aujourd'hui convaincus que cet accord est une avancée de la profession en matière de relations sociales, mais aussi en matière de gestion des affaires, un grand nombre de chefs d'entreprises voient d'un très mauvais oeil l'application de ces mesures et ne cachent pas leur hostilité à une telle évolution, se refusant à regarder la réalité en face.

Cet accord paritaire, qui implique autant salariés que patrons, reconnaît la spécificité de ce secteur d'une manière étonnante en acceptant un temps de travail de 43 heures hebdomadaires, alors que le code du travail en 1936 déterminait déjà la durée hebdomadaire à 40 heures, que depuis plus de 15 ans, elle est de 39 heures et que la tendance est de trouver de nouvelles formules pour diminuer, par secteurs d'activités, le temps de travail, afin de mieux préserver les emplois. Accepter une négociation sur un tel schéma est certainement une attitude positive et dynamique de la part des négociateurs qui, tout en acceptant une amélioration des conditions de travail de leurs salariés, ont obtenu des contreparties intéressantes. La souplesse que permettra l'annualisation et l'économie qui sera faite sur les charges sociales des avantages en nature dans les trois prochaines années (2.600 F par an et par salarié) sont des éléments importants à prendre en compte pour la gestion des entreprises. Ceux qui ont eu la volonté de signer cette convention ont fait preuve d'un engagement auprès de l'ensemble des salariés : celui de les considérer comme de réels collaborateurs, des partenaires, responsables, impliqués. C'est une relation exigeante de respect mutuel qu'ils ont commencé à mettre en place, ensemble. C'est bel et bien vers l'avenir qu'ils ont voulu tourner leurs entreprises et le secteur dans son ensemble.

Souhaitons que des deux côtés, salarial et patronal, tous comprendront l'objectif de cet accord et sauront en faire bon usage pour hisser ce secteur, sur le plan économique, au plus haut niveau. P.A.F.



L'HÔTELLERIE n° 2509 HEBDO 8 mai 1997


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