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Pyrénées

James Bond fait le bonheur des hôteliers de Luchon !

Pour les hôteliers de Luchon (Haute-Garonne), le mois de janvier 97 n'aura pas été tout à fait comme les autres. Il aura suffi que James Bond débarque sur la montagne avec sa cohorte de bons et de méchants pour que la station thermale sorte de sa torpeur hivernale. Une bonne affaire pour le commerce local et des retombées médiatiques pour toute la région.

Branle-bas de combat sur les champs de neige de Peyragudes, près de Luchon, entre Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées. Parce que la petite station de ski possède le seul altiport de France, la société de production anglaise Eon a décidé d'installer, pour les besoins du tournage des premières minutes du 18ème James Bond, un... camp de l'armée russe normalement situé quelque part dans les montagnes d'Afghanistan ! Et tout cela pour des scènes guerrières gigantesques auxquelles nous a habitués depuis longtemps le célèbre espion de sa Gracieuse Majesté, 007. Une mobilisation qui a rassemblé pas moins de 250 personnes.

C'est bien une invasion qui a déferlé sur la région. A Peyragudes, à 1.800 mètres d'altitude, la piste pour avions un peu casse-cou, aujourd'hui quasiment inutilisée, s'est donc transformée en base soviétique que 007 va détruire. Une base avec de vrais avions, hélicop-
tères, camions et impressionnant armement, tous d'origine russe et amenés en pièces détachées sur les hauteurs pyrénéennes.

160 Britanniques (production, réalisation, services techniques, cascadeurs) ont donc investi les lieux, auxquels se sont joints une soixantaine de figurants, pour la plupart transformés en redoutables combattants afghans et quelques employés à la logistique, tous recrutés sur place. Une ruche bourdonnante qui a eu la bonne idée de choisir les hôtels de Luchon pour son hébergement.

Une décision prise par le producteur, John Bernard et qui a grandement satisfait Maurice Candel, le président des hôteliers luchonnais, propriétaire de l'hôtel Corneille.

Neuf hôtels

C'est en novembre dernier que John Bernard est arrivé à Luchon pour les premiers repérages et la préparation de l'hébergement : «Je cherchais 150 chambres pour un mois, raconte le patron des productions Eon. J'ai tout visité, même le centre de vacances pour les retraités du bâtiment (CNRO), qui me paraissait très bien. Finalement j'ai pensé qu'il valait mieux utiliser les hôtels. Je ne le regrette pas. Nous avons été très bien reçus. D'une manière générale, la ville de Luchon et la station de Peyragudes nous ont réservé un très bon accueil.» Une affirmation qui ravit Maurice Candel. Entre le CNRO et ses collègues hôteliers il ne pouvait y avoir de compromis !

Car la production a réparti son monde dans neuf hôtels. Ce qui fait dire au président des hôteliers : «Le tournage de James Bond est pour nous un événement important, en quelque sorte la cerise sur le gâteau à une période où la neige, malgré de fortes chutes, a été inégale. Ces Anglais, gens de haut niveau, consomment bien et paient rubis sur l'ongle. Ils mangent, le soir, tard parfois, ce qui a fait changer quelques habitudes à des collègues, dans tous les restaurants de Luchon. Et puis il y a eu la vague des curieux et des journalistes, venus de partout.» Une manne estimée à quelque 5 MF pour l'économie locale et un bon million pour le secteur hôtelier.

Maurice Candel, patron du seul 3 étoiles de Luchon, a hébergé le staff du film, dont John Bernard. 007 lui a rappelé des souvenirs : quand il atterrissait lui-même sur la curieuse piste de l'altiport de Peyragudes ou quand Montand y tournait IP 5. Cela lui a surtout donné un souhait : «Les gens du cinéma, ils peuvent venir travailler quand ils veulent chez nous. Nous sommes toujours prêts à les accueillir.» Le seul regret des Luchonnais aura été de ne pas découvrir la vedette du film, Pierce Brosnan, alias James Bond, qui n'est pas venu et a été doublé pour les séquences aériennes les plus difficiles. On ne peut pas tout avoir...

J.-C. Cougoule

Maurice Candel, président des hôteliers de Luchon, en compagnie de Laure Bacqué. Il fait très froid sur une base russe en Afghanistan...

Dijon

Vers l'institution d'une taxe de séjour

La Chambre syndicale des cafés, hôtels et restaurants de Côte-d'Or a tenu son assemblée sous la présidence d'Alain Jacquier. Celui-ci a observé, à part quelques exceptions, que les chiffres d'affaires des cafés sont en chute d'au moins 15%. «Nous sommes la première profession en nombre de dépôts de bilan en redressements judiciaires», a précisé Alain Jacquier.

Une information a été rendue publique : la ville de Dijon a l'intention de mettre en place la taxe de séjour. Il en sera sans doute de même pour des communes de l'agglomération. Dijon est dotée d'un magnifique Palais des Congrès, inauguré le 28 mars par Bernard Pons, ministre des Transports, de l'Equipement et du Tourisme. Il y aura bientôt un auditorium de 1.600 places.

Adjoint au maire de Dijon, président de l'office de tourisme, Jean-Marc Botte a déjà eu de nombreux entretiens avec les professionnels qui se montrent attentifs à la tarification, l'affectation de la taxe et la date d'application. Ce ne sera pas avant le 1er janvier 1998, ce qui permettra d'informer agences de voyages et autres clients. Les taux seraient proches de ceux pratiqués à Beaune depuis quelques années.

A cette assemblée, Alain Jacquier a confirmé ce qu'il annonçait il y a 3 ans : son départ de la présidence. Celle-ci a duré 16 ans. «Ce fut une tâche passionnante», a souligné Alain Jacquier. Son successeur sera connu dans quelques semaines après la réunion du Conseil d'administration issue des élections de branches du 17 février.

M. Leclère

Hôtellerie familiale

Opération «chambre à prix doux»

Ainsi qu'elle l'avait laissé entendre lors du dernier congrès de la FNIH, la Fédération nationale de l'hôtellerie familiale (FNHF) lancera ce printemps l'opération «chambre à prix doux» dans ses quelque 20.000 établissements adhérents. La concurrence exercée par les chaînes sur le créneau des premiers prix amène le porte-drapeau de l'hôtellerie indépendante à réagir. Le moment paraît bien venu à Gilbert Baillet, président de la FNHF : «Un grand nombre de nos adhérents a achevé ses investissements de rénovation, ce qui permet de desserrer un peu la ceinture financière. Maintenant, il faut remplir les chambres», constate-t-il.

La Fédération a fixé le «prix doux» à 150 francs, soit un rabais d'environ 30% par rapport au tarif moyen des adhérents. Symbolisée par un logo représentant un oreiller douillet, l'opération devra concerner au minimum trois chambres. Gilbert Baillet regrette cependant que l'initiative soit pénalisée par la récente décision du conseil d'Etat sur la redevance TV : en revenant à l'obligation des établissements de payer la redevance de 700 francs pour chaque chambre et non plus à partir de la 11ème, l'arrêt prive l'hôtellerie familiale d'une marge de manoeuvre dans son opération de baisse des prix.

M. Nussbaum



L'HÔTELLERIE n° 2504 HEBDO 4 avril 1997


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