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L'Inter-Continental Paris s'arme
pour l'an 2000

Après des années d'attente, le groupe japonais Saison, propriétaire de l'établissement parisien, a finalement décidé de délier les cordons de sa bourse pour remettre au goût du jour plusieurs hôtels dans la région France, Suisse, Espagne et Portugal. Une enveloppe de près de 275 millions a été accordée pour rénover l'unité de la rue Castiglione.

Voilà tout juste quelques mois encore, à peine évoquait-on les «fameux travaux» d'embellissement de l'hôtel Inter-Continental Paris (situé au 3 de la rue de Castiglione, dans le Ier arrondissement), que déjà beaucoup de professionnels de la capitale riaient sous cape. Aujourd'hui pourtant, l'échafaudage qui jouxte l'une des façades de l'établissement parisien et le bruit strident des marteaux piqueurs qui résonne dans certains étages, donnent à toutes ses mauvaises langues définitivement tort. Attendue en effet certes avec beaucoup d'impatience, parfois même jugée comme étant l'Arlésienne de l'hôtellerie parisienne, la rénovation intégrale de ce gros navire hôtelier, édifié entre 1876 et 1878 par l'architecte Blondel (gendre de Charles Garnier), est bel et bien actuellement en cours de réalisation.

Une cure de jouvence d'ailleurs assez onéreuse puisque atteignant la modique somme de 275 millions de francs, mais qui tombe à point nommé du fait notamment de l'ouverture au début de l'été 1997 du Marriott sur l'avenue des Champs-Elysées et de l'installation prochaine de la chaîne Hyatt rue de la Paix.

Occuper une niche
spécifique

«Tout arrive au bon moment ! Les décisions ont été longues à prendre, mais nous serons fin prêts dès mars 1998», confie en souriant René Protto, directeur général de l'hôtel, mais aussi senior vice-président pour la France, la Suisse, l'Espagne et le Portugal.

Orchestrée par Pierre-Yves Rochon, architecte d'intérieur bien connu sur la place de Paris, la rénovation avance effectivement à grands pas. L'aménagement d'une nouvelle cuisine principale (elles étaient au nombre de deux précédemment), du service banquets, la création d'un restaurant inédit de 140 couverts baptisé «Brasserie 234 Rivoli» (avec menu du jour à 130 francs), la mise en place de quatre nouveaux ascenseurs clients et deux de service, les travaux d'infrastructure technique (sécurité incendie, climatisation...) et la restauration du salon Concorde (dorénavant surplombé d'une verrière) sont d'ores et déjà bouclés. Dès la fin du mois d'avril prochain, 150 chambres auront également changé de peau, une nouvelle terrasse couverte dans la cour d'honneur prendra forme, un nouveau bar verra le jour et des toilettes publiques s'installeront enfin au rez-de-chaussée de l'hôtel.

Restera ensuite à entamer la phase trois du projet (création d'un centre d'affaires et de remise en forme, amélioration du lobby, rénovation de la façade, du toit...) pour obtenir le produit Inter-Continental de l'an 2000. «Nous ne cherchons pas à rivaliser avec les palaces parisiens (Le Crillon, Le Ritz, Le George V, Le Plaza et Le Meurice). Notre objectif vise à occuper une niche spécifique, située entre les hôtels de luxe et le quatre étoiles, que l'on peut appeler cinq étoiles», explique René Protto. Concrètement, l'établissement proposera au final 440 chambres contre 450 actuellement dont 37 junior suites, 48 suites, 288 standards, 37 Executives et 30 Inter-Continental Club.

Discussion sur
un hôtel supplémentaire à Paris/IDF

Fort de cette nouvelle donne, le patron de l'hôtel espère en récolter rapidement les fruits. D'autant que le groupe pour lequel il travaille, ayant parallèlement au projet parisien investi près de 150 millions de francs dans son unité madrilène et plus de 10 millions de dollars sur celui de Barcelone, entend lui aussi en tirer profit. «Nous allons bien entendu enregistrer une baisse de notre fréquentation en 1997 (budgété 57,2% contre 64,6% en 1996) du fait de l'importance de nos travaux. Néanmoins, d'ici deux ans, la situation se sera rétablie. Nous pouvons ainsi tabler sur un taux d'occupation de 76% et un prix moyen chambre de plus de 1.800 francs dès l'an 2000», avoue le directeur général de l'Inter-Continental Paris.

En attendant, la zone France, Suisse, Espagne et Portugal de la chaîne japonaise, dont a la charge René Protto, se porte plutôt bien et devrait assez vite s'étoffer grâce à l'arrivée de nouveaux venus. Une bonne dizaine d'hôtels sont en effet actuellement en cours de négociation en France, Suisse et au Portugal. Comme nous vous l'avions précédemment annoncé dans nos colonnes, Inter-Continental discute avec la compagnie Abela. Elle semble également bien engagée pour la reprise d'un établissement supplémentaire sur Paris/IDF. A noter cependant que ce développement ne s'effectuera que par le biais de contrat de franchise et mandat de gestion.

C. Cosson

Plan prévisionnel pour l'Inter-Continental Paris de 1994 à 2001
Réalisé Réalisé Réalisé Budgété Plan Plan Plan Plan
94 95 96 97 98 99 2000 2001
T.O. moyen 74,3% 66,7% 64,6% 57,2% 70,4% 76% 76% 76%
Prix moyen chambre 1.380 FF 1.446 FF 1.412 FF 1.393 FF 1.595 FF 1.801 FF 1.889 FF 2.001 FF
(TTC)
*Sources Inter-Continental

Résultats de la zone France à fin décembre 1996
Nom de l'hôtel T.O. moyen Prix moyen chbre (TTC)
Réalisé Budgété Réalisé Budgété
Inter-Continental Paris 64,6% 67,5% 1.412 FF 1.420 FF
Le Grand Hôtel 71,7% 74,1% 1.356 FF 1.386 FF
Carlton 62,7% 65,3% 1.533 FF 1.493 FF
France entière 66,9% 69,5% 1.418 FF 1.423 FF
*Sources Inter-Continental

René Protto, directeur général de l'Inter-Continental Paris et senior vice-président France, Suisse, Espagne et Portugal.

«Après cette rénovation, notre établissement
parisien devrait parvenir à afficher un taux d'occupation moyen de 76% et un prix moyen
de plus de 1.800 francs dès l'an 2000.»



L'HÔTELLERIE n° 2503 HEBDO 27 mars 1997


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