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Vie professionnelle

Assemblée générale du Rhône

Pas facile d'être raisonnable

Plusieurs présidents nationaux -dont Jacques Thé- étaient à Lyon à l'occasion de l'Assemblée générale de la Chambre de l'industrie hôtelière et touristique du Rhône où les débats n'ont pas manqué d'intérêt. Des interventions dans la salle qui traduisent bien l'inquiétude de certains professionnels qui n'hésitent pas à accuser le syndicat de tout ce qui ne leur convient pas. Les «y a qu'à» pleuvaient. Les réponses furent pourtant claires, documentées et responsables.

«Le taux de syndicalisme est en baisse, or le syndicalisme est indispensable à notre vie que l'on soit employeur ou salarié.» En préambule des débats, Michel Bargues a pesé ses mots. En souhaitant la bienvenue aux adhérents, le président de la Chambre syndicale ne veut pas employer des mots défaitistes. Le constat s'impose pourtant : le nombre de syndiqués du Rhône est passé de 1.416 en 1995 à 940 en 1996.

«Je lance un vibrant appel qui, je l'espère, sera entendu, pour que tous les indécis nous rejoignent. Seuls ils ne peuvent rien et ensemble nous pouvons beaucoup» a dit encore Michel Bargues.

Le rapport moral et d'activité de Didier Rinck sera dans la même tonalité. Le secrétaire général évoquant tout à la fois le changement du matériel informatique «pour être plus performant», la tenue des réunions dans les 14 secteurs du département «pour davantage d'efficacité» que la participation à 158 réunions ou manifestations «pour coller à l'actualité» ou la mise en place du Centre local d'action qualité (CLAQ).

Soulignant que le projet sur la signalétique hôtelière à Lyon se ferait «en collaboration avec la Chambre», il donna aussi quelques chiffres, peu enthousiasmants, sur la situation des entreprises. «La grève des transports fin novembre et début décembre a permis au Tribunal de commerce de Lyon de dresser le triste constat suivant : une augmentation de 37% des faillites des CHR sur 11 mois par rapport à 1995

C'est sans doute pour tout cela que Didier Rinck insiste : «Votre Chambre de l'industrie hôtelière ne manquera pas à ses devoirs. 1997 sera une année décisive, mais il est important d'affirmer que l'individualisme ne favorise pas les victoires».

Cette petite phrase sera comme un fil rouge pour la suite des débats. En invitant plusieurs présidents nationaux, le Rhône a su innover et la «bonne parole» a été apportée en direct aux adhérents !

Tour à tour, Georges Antoun (hôteliers), Francis Attrazic (restaurateurs), Jean Biron (cafetiers, brasseurs), Christian Sauvage (paracom-
mercialisme) et Jean-François Veysset intervinrent, avant de laisser le mot de la fin à Jacques Thé, après un échange avec la salle où les questions de TVA -«ce ne serait pas responsable pour une représentation syndicale de lancer qui que ce soit dans l'aventure du non paiement de l'impôt», a répondu J. Thé-, d'ouvertures tardives et les problèmes de Bistrots en Fête furent évoqués.

«Je constate que vous ne baissez pas les bras et que vous savez vous fixer des objectifs», dira le président de la FNIH. «J'espère que nous aurons de bonnes nouvelles à apporter dans l'année à propos de la restructuration des prêts. Le problème de la TVA est un problème de concurrence déloyale et nous resterons vigilants. A l'heure de l'Europe, la solution ne sera pas de passer de 20,6 à 5,5%, mais il faudra se rejoindre sur un taux moyen européen qui sera une fourchette. Espérons que ce ne sera pas un râteau», concluait Jacques Thé avant de constater à l'adresse de la salle et comme en clin d'œil aux inquiétudes exprimées : «Ce n'est pas facile d'être raisonnable quand les choses ne vont pas tellement bien.»

J.-F. Mesplède

Petites phrases...

Georges Antoun :

«Toutes les avancées sont dues à la Fédération dans son ensemble. Les résidences hôtelières et de tourisme ne doivent pas devenir des hôtels avec un faux nez. Le syndicat doit apporter une assistance rapprochée à ses adhérents. A l'heure actuelle, avoir des soucis dans l'hôtellerie ou les CHR est loin d'être une honte. Tous les acquis que peut obtenir un secteur sont profitables aux autres, car nous sommes dans la même galère.»

Francis Attrazic :

«Entre la liberté d'entreprise et l'anarchie qui règne aujourd'hui, un code minima doit être observé. Sur la TVA, nous ne demandons pas une faveur, mais simplement d'être tous soumis à la même règle. Nous n'avons pas de purin à déverser, de bombes à poser ou de camions pour bloquer les routes, mais nous avons des vitrines et des clients que nous voyons tous les jours.»

Jean Biron :

«Comment lutter sinon nous battre en misant sur la qualité ? Seule cette démarche nous permettra de nous en sortir et j'ai confiance dans notre profession.»

Jean-François Veysset :

«Pour la TVA, si nous retrouvions les 2% qui nous ont été pris, ce ne serait déjà pas si mal. Attention cependant qu'on ne nous donne pas ce que l'on reprendra à d'autres. La Convention collective est un fait à ne plus discuter. Il ne reste qu'à trouver la date d'application qui dépend du gouvernement. Le plus important est que cette Convention collective puisse nous permettre de continuer à faire notre travail et à connaître de belles heures dans nos établissements.»

Aux côtés de Roland Bernard, qui fit une intervention très constructive,
Georges Antoun et Christian Sauvage.

Autour de Michel Bargues, Jacques Thé et Jean-François Veysset.



L'HÔTELLERIE n° 2494 HEBDO 23 janvier 1997


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