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L'Auberge Gilloise, une rescapée remise au goût du jour

Vie professionnelle - vendredi 22 mars 2019 14:55
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Gilles (28) Son patron n'est pas issue de l'hôtellerie ou de la restauration mais la mairie l'a retenu pour faire revivre le dernier commerce d'un village d'un peu plus de 600 âmes.



La commune se situe à mi-chemin entre Mantes-La-Jolie (78) et Dreux (28). En 2012, le dernier commerce, un bistrot, baisse le rideau. Deux ans plus tard, la nouvelle équipe municipale réfléchit à une reprise d’activité. « L’Auberge Gilloise est une ancienne historique mais elle a longtemps été fermée. L'ancien repreneur avait duré très peu. Pour la faire renaître, nous avons dû racheter les murs et faire d’importants travaux de rénovation, qui ont permis de créer deux Gîtes. Nous ne voulions pas que le futur dirigeant soit salarié de la commune. Dans l’appel à projet lancé, nous souhaitions aussi que l’Auberge soit multi-services, avec un relais Poste » résume le maire, Michel Malhappe. Plusieurs dossiers arrivent sur son bureau et c’est celui d’Eugenio Santoro qui retient l’attention. « C’est sa personnalité qui nous a séduite et sa volonté d’être qualitatif ». L’homme n’est pas issu du sérail, il a été dans la gestion et le commerce avant de passer 19 ans dans un grand groupe de téléphonie. Mais il a les pieds sur terre et connaît bien la région. Il habite depuis de nombreuses années dans un village proche et son épouse est du cru. La cinquantaine, Eugenio Santoro, libre professionnellement, souhaite renouer avec le commerce. « Etre au contact des gens me manquait et je voulais ouvrir un lieu convivial, dans l’esprit bistrot ». Des éléments rassurants. Il y un siècle, la Grande Rue de Gilles comptait 5 cafés. En juin 2018, l’Auberge Gilloise renait de ses cendres. 

Se roder avant d'investir les réseaux sociaux

« La mairie, aidée par des entreprises locales, a fait tous les travaux nécessaires, de mises aux normes, avec l’accès aux personnes à mobilité réduite ou encore énergétiques. C’est elle également qui s’est occupée de la décoration des Gîtes. Il y a eu vrai investissement local autour de ce projet. De mon côté, j’ai aménagé la cuisine ou encore la partie restaurant avec un vrai zinc à l’ancienne. Et j’ai bien sûr suivi la formation au permis d’exploitation » explique Eugenio Santoro. D’origine napolitaine, aimant cuisiné et ayant l’habitude des grandes tablées, le patron se met aux fourneaux et prend un salarié pour l'épauler en salle. L’inauguration passée, la Fête de la musique ou le 14 juillet permettent des coups de projecteur sur l’établissement. « Août a été très calme mais nous sommes restés ouverts dans l’idée de nous roder, d’apprendre à nous organiser convenablement ». Un démarrage qui s’est fait « sans la panoplie des réseaux sociaux qui prennent beaucoup de temps. Au début, je pense qu’il faut rester humble et ne pas jeter de bouteilles à la mer qui seraient compliquées à gérer. Je crois plus dans les forces vives de la région, dans les associations sportives, culturelles. La première clientèle doit être locale » estime Eugenio Santoro. Chaque chose en son temps. L’épicerie vivote, même si il n’y a aucun commerce à 5 kilomètres à la ronde. « Je réfléchis actuellement à aller chercher la clientèle, en trouvant une synergie avec l’envoi de cadeaux gourmands, de produits locaux. A être également un point de livraison pour les colis alimentaires groupés via internet. La fibre va arriver. Les nouvelles générations sont moins consommatrices de restauration mais les achats sur la toile fonctionnent. Il faut se diversifier en se modernisant. La Poste est une activité qui permet de faire venir des gens, mais je n’en tire pas de revenus. Les subventions aident seulement au fonctionnement ».

Lieu partagé

L’établissement bénéficie d’un grand salon, avec un écran plat. Elle sert aux assemblées générales des associations, accueille des stages de yoga pour enfants… « C’est lieu partagé. Je pense proposer à des agents immobiliers d’y recevoir leurs clients. Nous avons également une grande cours, dans laquelle on peut organiser l’été des spectacles de musique ou de théâtre ». Le restaurant fait 24 couverts. « Le midi, ce sont des plats basiques qu’il faut proposer. J’ai en partie pourclientèle des ouvriers de passage. Le samedi soir, le ticket moyen est un peu plus élevé. Le dimanche midi, les brunchs sont une piste intéressante. Il y a des résidences secondaires avec des trentenaires qui aiment ce type de prestation et ça a plu. » La bière, vendu 3,70 euros le demi, est produite par une micro-brasserie installée dans le département. « J’ai voulu qu’on ne vienne pas juste pour boire une bière, mais pour le plaisir de boire cette bière ».  Eugenio Santoro a investi 70 000 euros dans l’affaire et s’est donné trois ans pour atteindre le seuil de rentabilité. Dans quel esprit est-il aujourd’hui, à 9 mois d’exercice ? « Je n’ai pas de regrets. En revanche, je m'interroge beaucoup. L'objectif est de créer une demande, que les gens trouvent un tas de raisons différentes pour venir ici.  Concernant les fournisseurs, j’aimerais qu’ils prennent le temps de venir. Moi, je n'ai pas le temps de me déplacer ou très peu. C'ets pourtant avec eux que l'on pourrait construire des animations commerciales adaptées. » L'établissement a reçu les labels Clévacances et Vélo tourisme.

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Sylvie Soubes