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Édito du journal du 20-10-2011 : "Dommages collatéraux"

Vie professionnelle - mercredi 19 octobre 2011 14:27
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Quelles que soient les suites judiciaires de ce qui est devenu 'l'affaire du Carlton de Lille', le mal est fait. Et principalement sur un double malentendu, sémantique et juridique, véhiculé par tous les médias en mal de sensations fortes après les péripéties new-yorkaises du printemps.

Encore une fois, c'est la présentation réductrice d'un fait divers comme il s'en produit tant chaque semaine qui stigmatise la profession, les titres à scandales citant nommément un établissement très connu de la capitale des Flandres, alors que l'enquête et les suites judiciaires concernent exclusivement des faits reprochés aux dirigeants de l'hôtel sans mise en cause de sa gestion, son fonctionnement ou de ses conditions d'exploitation.

Un observateur peu coutumier des subtilités de la procédure pénale s'étonnera également de cette décision prise par les magistrats lillois de prononcer une fermeture judiciaire non susceptible d'appel suspensif alors que nulle part n'apparaît que les trois hôtels concernés sont mis en cause directement dans cette sulfureuse affaire où, c'est devenu une habitude, se mêlent sexe, argent et pouvoir.

S'il ne nous appartient pas de relater par le menu les savoureuses révélations que nos confrères de la presse dite d'information générale se complaisent à exposer dans les moindres détails, il est néanmoins légitime de d'insurger contre de trop faciles amalgames qui mettent en cause à la fois l'image d'une profession qui n'en demande pas tant, l'avenir de trois établissements implantés de longue date dans une métropole régionale et le sort de leurs salariés qui, manifestement, ne passionne pas grand monde.

Alors que les activités considérées comme pénalement répréhensibles de hauts personnages de la bonne société locale sont largement explicitées, leur proximité avec des individus dont le patronyme évoque irrésistiblement le monde fascinant des truands, proxènètes et autres voyous patentés évoquée sans retenue, pas une ligne, ou si peu pour l'avenir bien sombre des salariés concernés par une mesure encore une fois considérée comme arbitraire.

Malgré les garanties accordées aux employés concernés par une fermeture judiciaire (lire ci-contre) et les étapes futures de la procédure, il est impossible de ne pas éprouver un vif sentiment d'injustice. Quel délit commis par les dizaines de personnes qui risquent ni plus ni moins que de perdre leur emploi si la fermeture des établissements est maintenue avec obligation pour l'employeur de verser les salaires sans réaliser de chiffre d'affaires ?

Sans remettre en cause le bien-fondé de l'enquête et de la procédure pénale, il eut peut-être été légitime d'examiner très précisément les conséquences humaines et sociales d'une affaire qui ne concerne pas celles et ceux qui éprouvent le pénible sentiment de subir une 'double peine' injustifiée.

L. H.