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Spré : Laurent Lutse annonce une réunion en septembre avec Frédéric Lefebvre

Vie professionnelle - vendredi 29 juillet 2011 10:33
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75 - Paris Dans une interview circonstanciée, le président de la Fédération nationale des cafés, brasseries et monde de la nuit (FNCB-MN), fait le point sur ce dossier après 9 mois de discussions.



Laurent Lutse rappelant peu avant l'été à des adhérents de l'Umih la position très ferme du syndicat dans ce dossier.
Laurent Lutse rappelant peu avant l'été à des adhérents de l'Umih la position très ferme du syndicat dans ce dossier.

Où en est-on très exactement des négociations avec la Spré, (Société pour la perception de la rémunération équitable) ?
Laurent Lutse : Depuis plusieurs mois, nous sommes, l’Umih et la CPIH, aux prises avec la Spré. Ces derniers temps, les discussions ont pris une tournure particulièrement dure. La Spré persiste dans son refus de renégocier ses barèmes pour arriver à des tarifs acceptables. Pire encore, la celle-ci, via la Sacem qui recouvre les redevances pour son compte, a commencé à envoyer ses factures aux CHR, usant même de l’intimidation envers ceux qui ne se plient pas à ses exigences. Les bars et restaurants que la Spré classifie ‘à ambiance musicale’ ne sont pas les seuls visés par les hausses délirantes des tarifs. Nous nous trouvons face à une menace insupportable pour tous nos établissements. Cette fuite en avant de la Spre crée une situation d’urgence face à laquelle nous réagissons en conséquence. Alors que des organisations minoritaires s’agitent bruyamment, le président de l’Umih, Roland Héguy, m’a chargé de mener un travail de fond sur le dossier. Avec la commission spéciale créée à l’Umih, j’ai notamment mené une enquête précise qui a permis d’établir l’ampleur délirante de l’augmentation  des tarifs de la Spré. Nous avons appelé nos adhérents à refuser l’augmentation des tarifs en leur fournissant des modèles de courrier à envoyer à la Spré. Nous l’avons fait avec l’appui de nos techniciens et juristes. C’est une action concrète et forte que nous menons déjà depuis neuf mois. 

Certains ont évoqué une possible grève de la musique. Cette action vous paraît-elle ou non envisageable ?
L. L. : Cette menace d’une grève de la musique ne peut pas être prise au sérieux. C’est une surenchère qui n’apporte rien au dossier. Cela fait neuf mois que nous agissons et que nos adhérents ont la consigne à de ne pas verser un centime de plus qu’en 2009. Parallèlement, nous argumentons avec les interlocuteurs décisionnaires afin de trouver une solution juste et durable. Quand on a un minimum de connaissance du métier de cafetier, on devrait savoir que demander à des cafés-bars d’ambiance de couper la musique, c’est comme demander à un hôtel de ne plus louer de chambres. Les coiffeurs ont déjà fait, il y a quelques mois de cela, un appel à la grève du son qui, d’une part, n’a pas été suivi (à peine 1 % des coiffeurs ont suivi) et d’autre part, n’a eu aucun impact sur les négociations avec la Spré. Les faits ont donc prouvé que cette action reste totalement vaine. 

Comment voyez-vous la finalité du dossier ? Y-a-t-il une issue possible ou sommes-nous dans l'impasse : pot de terre contre pot de fer ?
L. L. : Notre fermeté a contraint la Spré à engager le dialogue avec nous. Nous sommes déterminés à obtenir la réunion d’une nouvelle Commission où nous pourrons renégocier les tarifs de la Spré dans un sens équitable. Nous avons obtenu pour la rentrée une réunion avec la Spré et l’ensemble des syndicats début septembre au Ministère du Commerce qui sera présidé par Frédéric Lefebvre, Secrétaire d’état au Commerce dans le but de trouver une solution à ce dossier.

Avez-vous une position officielle du ministre de la Culture ?
L. L. : Nous avons écrit à Frédéric Mitterrand pour l’alerter sur le dossier de la Spré, ainsi que beaucoup de parlementaires, la réponse est toujours la même ! Je cite : “La décision de barème de rémunération équitable pour les lieux sonorisés du 5 janvier 2010a été adoptée. Cette décision s’inscrit dans un mouvement de revalorisation de la rémunération équitable entamé, dans un secteur proche des lieux de loisirs et discothèques du 30 novembre 2001 et poursuivi par la décision de barème des radios privées du 15 octobre 2007, la décision de barème des radios publiques du 17 septembre 2008et, plus récemment, la décision de la télévision du 19 mai 2010. Contrairement à la plupart des autres secteurs d’activité entrant dans le champ d’application de la rémunération équitable les lieux sonorisés n’avaient été concernés par aucune réactualisation de la rémunération équitable depuis de très longues années, la précédente décision fixant le barème datant du 9 septembre 1987.”
Mais ce n’est pas une raison pour multiplier ses tarifs en période de crise entre 350% et 2000 % et pénaliser encore plus un secteur fragile et qui crée de l’emploi. L’Umih, à travers sa branche FNCB-MN, appelle donc à ne pas se tromper de sujet : la redevance Spré est collectée depuis 1982. Il ne s’agit donc pas de remettre en cause son existence mais son augmentation injustifiée et injuste. L’attitude particulièrement rigide de la Spré a conduit l’Umih  et la Cpih à une attitude de fermeté et d’opposition. Elles entendent s’y tenir aussi longtemps que la Spré n’aura pas reconsidéré ses positions dans un sens acceptable pour les cafés, hôtels et restaurants.
Propos recueillis par Sylvie Soubes