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Édito du n° 3247 du 21 juillet 2011 : “So French”

Vie professionnelle - mercredi 20 juillet 2011 12:12
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En choisissant le cadre délicieusement désuet du consulat de France à New York pour lancer l’opération ‘Rendez-vous en France’, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’État au Tourisme, a voulu affirmer la volonté des pouvoirs publics de regagner le terrain perdu par la France sur le marché international du tourisme.

Car les chiffres sont implacables : en dollars constants, la France, l’Italie et l’Espagne réalisaient le même montant de recettes touristiques en 1998 : 29,9 milliards de dollars, mais pour respectivement 70,1 millions, 34,9 millions et 43,4 millions de visiteurs étrangers. En 2009, la France est à 49,4 milliards de dollars, l’Italie à 40,2 milliards et l’Espagne à 53,2 milliards. Dans la même période, les États-Unis passaient de 46,4 millions à 54,9 millions de visiteurs et encaissaient 71,3 milliards de dollars en 1998 contre 93,9 en 2009.

Même si cette avalanche de statistiques - les plus récentes publiées par la Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services (DGCIS) du ministère de l’Économie - peut sembler abstraite, elle correspond, soyons lucides, à une période où les gouvernements successifs, avant l’arrivée d’Hervé Novelli et de Frédéric Lefebvre à Bercy, avaient manifestement d’autres préoccupations que le développement du tourisme.

Or, dans une économie mondialisée où la compétition est de plus en plus âpre, la moindre période de léthargie se paie comptant.

Il n’était que temps que les responsables politiques prennent enfin conscience de l’importance d’un secteur à la fois créateur d’emplois et d’investissements, apporteur net de devises à nos comptes extérieurs actuellement très dégradés, et vecteur incomparable d’image pour l’ensemble du pays.

Mais la conquête des marchés extérieurs, c’est à la fois un métier et un état d’esprit que les Français ne semblent pas maîtriser avec la même facilité que leurs concurrents. Le logo de ‘Rendez vous en France’ est esthétiquement irréprochable dans son élégante sobriété, mais la déclinaison de l’opération en français risque de laisser de marbre plus d’un Américain de l’Oklahoma ou du Texas pas forcément familier de la langue de Molière.

Nos voisins transalpins, qui sont partis à la conquête du monde bien avant Marco Polo et Amerigo Vespucci (ce Florentin qui donna son nom au continent américain), n’ont pas hésité à miser sur leur gastronomie, en anglais, avec un slogan que tout New York connaît : Eataly.

Alors, ‘So French’, ce n’est pas mal non plus, non ?

Juste un dernier chiffre pour mesurer un enjeu qui concerne toute la profession : en 2009, un visiteur étranger a rapporté en moyenne 1 729  $ aux États-Unis, 1 000 $ en Espagne, 930 en Italie et … 643 en France.
L.H.