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Tourisme rural : l'Umih apporte son éclairage aux députés

Vie professionnelle - mardi 7 juin 2011 08:14
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75 - Paris Le président national des saisonniers, Thierry Gregoire, a porté, la semaine dernière, devant des députés du groupe de travail sur la politique d'aménagement du territoire en milieu rural, la réflexion de l'Umih sur le potentiel touristique.



Thierry Grégoire.
Thierry Grégoire.

"Contrairement aux stations touristiques, le tourisme rural reste insuffisamment connu" constate le groupe de l'Assemblée nationale qui travaille actuellement sur la politique d’aménagement du territoire en milieu rural. 80% de la population fréquente en effet 20% du territoire (littoral, montagnes, stations classées…) et 70% du territoire national est rural. Mercredi 1er juin, une audition sous forme de table ronde réunissait Jérôme Bignon, député UMP de la Somme, Germinal Peiro et Colette Lenglade, députés socialistes de Dordogne, Thierry Grégoire, président de la Fédération nationale des saisonniers de l’Umih et des représentants d’Atout France, de la Fédération des Stations Vertes de vacances et de la Datar. Trois heures de débat que nous commentent Thierry Grégoire.

Vous avez remis, la semaine dernière, un rapport très épais aux députés qui vous auditionnaient.  Qu’en ressort-il ?
Thierry Grégoire : La politique ‘nature’ de la France n’est pas perceptible par la clientèle étrangère. Tout le monde s’enorgueillit de la destination France mais il y a une vraie déperdition.  Il est urgent de mutualiser les moyens. Nous aurions aussi besoin d’un ministère plein. Nous perdons en efficacité. Jusqu’à présent, la consommation se concentre sur Paris, les Châteaux de la Loire et la Côte d’Azur. En bord de mer, l’essentiel de la fréquentation a lieu entre le14 juillet et le 15 août. A la montagne, on est sur trois semaines en février, Noël et le Jour de l’An. Des périodes resserrées qui aboutissent à la saturation des espaces et des infrastructures. Pour décongestionner ces lieux, il faut une offre alternative et plus adaptée. Nos concitoyens partent plus souvent et moins longtemps, ils alternent destinations lointaines et proximité, séjours culturels, randonnées, gastronomie, ce n’est plus la fracture estivale qui prédomine.  Le potentiel du tourisme rural est énorme. Mais pour dynamiser ce secteur, il est nécessaire de mieux accompagner les professionnels, les collectivités et les porteurs de projet. Cela veut dire qu’il faut, par exemple, mettre fin à la disparité fiscale entre les chambres d’hôtes et les tous petits hôtels. Pourquoi ne pas mettre sous une même législation les moins de 12 ou 15 chambres ? Le tourisme rural, ce sont principalement des indépendants, de très petites entreprises. Il faut aussi trouver le moyen de maintenir le maillage des bistrots. Et ce n’est pas à des subventions auxquelles je pense, mais à des activités nouvelles. Toute la force et la faiblesse du tourisme rural, c’est sa richesse et sa diversité.

Vous vous élevez contre le développement des labels, pourquoi cela ?
T. G. : Nous plaidons pour des labels liées à une activité et non à une dimension territoriale. Davantage de lisibilité dans les labels s’impose. Parlons plus tôt de la qualité des filières comme les Logis de pêche, Bienvenue à la Ferme… Mettons en avant le patrimoine, le site naturel… 

Qui choisit aujourd’hui de partir en vacances à la campagne ?
T. G. : Nous avons établi quatre grands profils de la clientèle rurale : les volontaires, qui choisissent la destination et qui ont une perception positive. Les captifs : ils y vont parce qu’ils rejoignent des parents, des amis. Les contraints, qui font ce choix par défaut, par manque de moyens financiers. Et les opportunistes : c’est l’avantage de la proximité, la taille des hébergements… Or, le tourisme rural peut répondre au dépaysement, à l’accueil, à la découverte, à l’espace dont les Français ont de plus en plus besoin. Les gens ont besoin de ralentir,  de respirer, de prendre leur temps.

Vous revendiquez le tourisme comme facteur de développement local. A quoi pensez-vous ici ?
T. G. : Je pense à la consolidation de l’activité des agriculteurs par l’agritourisme, à un apport de population temporaire à la recherche de valorisation identitaire, de socialisation, qui permet une rupture avec l’isolement, à une professionnalisation des acteurs, à des répercussions positives sur les commerces et les productions locales de qualité.  Le tourisme apparaît comme une activité économique, sociale et culturelle importante pour les espaces ruraux et comme l’un des éléments majeur du développement local. Le tourisme est une source de revenus importante pour les territoires fréquentés par les touristes. Il permet de créer ou de maintenir des emplois et des services menacés de disparition  et contribue à un certain confort de vie des populations locales.  Sachez que dans cet esprit, l’Umih travaille très activement à la défense du thermalisme. Il ne s’agit pas ici de simple bien-être mais de soigner des personnes qui ont des pathologies. Cette activité doit être préservée et s’inscrit aussi dans la ruralité.
Propos recueillis par Sylvie Soubes

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