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Édito du journal n° 3240 du 3 juin 2011 : "Domestique"

Vie professionnelle - mercredi 1 juin 2011 16:31
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Dans l’affaire DSK qui continue de passionner les gazettes (en France, car à New York, on est passé à autre chose), ce sont les commentaires relatifs à la considération pour la présumée victime  qui devraient susciter de vives réactions. D’ailleurs, lors du G8 à Deauville, le président de la République s’est contenté d’une brève évocation des déboires du directeur général du FMI, en soulignant qu’il “y a des propos qu’il n’aurait pas voulu entendre”, claire allusion au ‘troussage de domestique’, lancé par un éditorialiste d’ordinaire mieux inspiré.

Cette fine allusion est hélas révélatrice du mépris affiché par de soi-disant ‘élites’ autoproclamées à l’égard des métiers de service dont la dignité n’a rien à envier à bien d’autres professions.

Passons sur l’arrogance et la suffisance, toutes deux marques indélébiles de faiblesse intellectuelle, de l’auteur de tels propos qui semble s’accommoder fort bien de comportements déviants du moment qu’ils concernent une    ‘domestique’.

La formulation inutilement blessante, employée à dessein pour signifier la condescendance d’un puissant à l’égard d’un petit qui aurait mieux fait de se taire, ne peut qu’interpeller l’ensemble de la profession.

Ce n’est pas la première fois, hélas, que les métiers de l’hôtellerie et de la restauration sont l’objet du dédain quasi officiel. Des ‘p’tis boulots’ de Mme Aubry lors de son passage au ministère du Travail au très révélateur discours de M.Sarkozy à l’école hôtelière d’Avignon il y a quelques mois (devant profs et élèves, le président évoqua les “jeunes paumés”, “sans formation, sans emploi, sans diplôme”), le florilège des clichés est inépuisable.

Il n’est que temps, à l’occasion d’un fait divers qui va alimenter les conversations et les commentaires pendant de longues semaines, que la profession s’affirme haut et fort. Du directeur de palace au patron de bistro, du chef étoilé à la gouvernante d’étage, du commis de salle au réceptionniste, l’hôtellerie-restauration est un métier choisi, où les carrières peuvent être fulgurantes et la notoriété atteindre des sommets, mais également où le fameux ‘ascenseur social’ fonctionne encore malgré les aléas de la conjoncture .

Faut-il rappeler aux éditorialistes les plus médiatiques que l’honneur d’une femme de chambre, fut-elle africaine, immigrée et reléguée dans le Bronx, vaut celui du dirigeant d’une grande organisation internationale ?
L.H.R.