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La polémique couve sous les bâches

Vie professionnelle - mardi 19 avril 2011 13:45
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En imposant un carcan règlementaire ultra répressif aux terrasses parisiennes, la mairie de Paris a-t-elle ouvert la boîte de Pandore ? Les professionnels s'insurgent.



Le bistrot Mazarin (Paris, VIe).
Le bistrot Mazarin (Paris, VIe).

La mairie de Paris vient de mettre en place un nouveau dispositif réglementaire relatif aux terrasses parisiennes. Parmi les modifications adoptées : l’interdiction du chauffage au gaz ainsi que l’interdiction des bâches en plastiques d’ici deux ans. Deux mesures qui font passer des considérations idéologiques avant la situation économique et sociale des hôtels, cafés et restaurants.

Le Synhorcat s’est penché la période d’utilisation des chauffe-terrasses et son analyse démontre, chiffres de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) à l’appui, que le chauffage au gaz durant sa période d’utilisation se révèle deux fois moins polluant que le chauffage électrique. Selon le Synhorcat, les terrasses ne sont chauffées que durant les périodes de pic de consommation d’électricité. Ce qui implique un fonctionnement maximal de toutes les centrales électriques, y compris à énergie fossile. Or, le chauffage électrique d’une terrasse rejette entre 500 et 600 g de CO2 par kilowatt heure (kWh), quand le chauffage au butane dégage 274 g de CO2 et le gaz naturel 234 g de CO2.

La mairie de Paris ne tient pas compte de ces données pourtant scientifiques, à moins que les élus n’aient l’habitude de prendre leur consommation sur des terrasses chauffées au gaz en plein mois de juillet.

“Les bâches en plastiques sont désormais proscrites”

Justifiant l’interdiction des bâches en plastiques par leur aspect inesthétique, la mairie de Paris vient d’ouvrir une boite de Pandore : l’interdiction de fumer sur les terrasses qui seront donc fermées.

Souhaitant faire remplacer toutes les bâches des terrasses  parisiennes par des panneaux en plastique ou en verre, les édiles ont omis de penser que ces dispositifs de bâches, amovibles en fonction du temps, n’étaient là que pour protéger des caprices du climat, tout en permettant de boire son café en fumant une cigarette. Dès lors que les terrasses seront fermées, il deviendra impossible de fumer. Deux solutions s’offrent alors au cafetier restaurateur : soit laisser sa terrasse fermée et non fumeur durant l’été (sans parler de la chaleur au mois d’août sous des panneaux en verre), soit de garder sa terrasse ouverte, en prenant le risque de voir la clientèle détaler à la moindre ondée. Les réactions sont vives chez les cafetiers, déjà affectés par l’interdiction de fumer dans leur établissement. Les conséquences de ces décisions portent aussi sur la vie des riverains.

“Un risque pour les affaires”

La précédente interdiction de fumer a déjà jeté les fumeurs des établissements non pourvus de droit de terrasse sur les trottoirs, provoquant l’ire des riverains des quartiers animés. Et une telle attaque contre la profession ne restera pas sans conséquences sur le chiffre d’affaire des cafetiers-restaurateurs, dont les baisses constatées lors de l interdiction de fumer pouvaient atteindre jusqu’à près de 45 % du CA. Les emplois dans le secteur s’en ressentiront.

Les principales victimes de ce fléau étaient jusque-là les établissements privés de terrasses. Dans les faits, la prohibition du tabac dans les cafés restaurants a engendré une augmentation de la grivèlerie. Comment différencier, en plein hiver, une personne qui s’habille pour sortir fumer d’une personne qui s’enfuit sans régler l’addition ? Désormais, il faudra conserver un œil sur la clientèle en terrasse, dans l’hypothèse où celle-ci deviendrait non fumeur.

“L’interdit devient une norme”

Bruno Ciancia-Pilleta, gérant du bistrot Mazarin (Paris, VIe) déclare : “L’aboutissement de cet arrêté, c’est quoi ? Interdire aux gens de fumer en terrasse, même si l’objectif n’est pas avoué. Je n’ai plus aucune réaction, plus on avance plus il y a d’interdits, je ne veux pas me battre contre ce système qui empêche les gens de vivre et travailler, aujourd’hui l’interdit devient une norme.”

Pour M. Bonnet propriétaire du café Premier (Paris, XIIIe) : “Déjà l’investissement pour fermer ma terrasse représente 7 000 à 8 000 €. Si l’on applique cette circulaire, qui m’obligera à rendre ma terrasse non fumeur, j’ai calculé une baisse 30 % de mon C.A.  Je serai dans l’obligation de licencier deux personnes. Sans parler du fait que les voisins apprécieront les nouvelles nuisances sonores dues aux fumeurs qui se retrouvera sur le trottoir jusqu’au jour où l’on interdira purement et simplement de fumer.”
A. J. A.