×

L'Hôtellerie Restauration et ses partenaires utilisent des «cookies» pour assurer le bon fonctionnement et la sécurité du site, améliorer votre expérience, personnaliser des contenus et publicités en fonction de votre navigation et de votre profil, réaliser des statistiques et mesures d'audiences afin d’évaluer la performance des contenus et publicités, et partager des contenus sur les réseaux sociaux.

Certains de ces cookies sont soumis à votre consentement. Vous pouvez exprimer votre choix de manière globale, ou paramétrer vos préférences par finalité de cookies. Vous pouvez modifier ces choix à tout moment par le lien en bas page.

Accédez à notre politique cookies en cliquant ici




Actualités
Accueil > Actualités > Vie professionnelle

Édito du n° 3228 du 10 mars 2011 : "Étrange silence"

Vie professionnelle - mercredi 9 mars 2011 11:05
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question
Ajouter un commentaire
Partager :      
Article réservé aux abonnés


Certes, le sujet n’a rien de glamour, mais le rapport annuel de la Cour des comptes est traditionnellement l’occasion d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les éventuelles mesures à prendre pour garantir la bonne gestion de nos finances publiques.

C’est aussi, constatent les plus désabusés, un exercice d’autant plus vain qu’il est rarement suivi d’effets ou de décisions concrètes. Sinon, l’état des comptes de la France serait probablement moins pitoyable.

Néanmoins, le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, grand spécialiste des questions économiques et fiscales qui présida naguère la commission des finances et des affaires économiques de l’Assemblée nationale, a usé de son avis autorisé pour proposer, en compensation d’un indispensable allègement de la taxation du travail, une hausse du taux réduit de TVA de 5,5 % à 7 %. Au passage, afin d’appuyer son argumentation, le premier magistrat financier du pays rappelle qu’une telle hausse rapporterait 15 milliards d’euros de recettes par an. Comme chaque année, les dirigeants politiques ont félicité la Cour pour la qualité de ses travaux sans prendre d’engagement sur les éventuelles, et toujours difficiles, recommandations des sages de la rue Cambon. Mais en ces temps de disette, tout responsable de l’équilibre budgétaire ne peut s’empêcher de réfléchir aux moyens d’améliorer les rentrées d’argent.

D’autant que cette proposition s’inscrit dans le droit fil de la fameuse ‘convergence fiscale’ avec l’Allemagne, chère à notre Président de la République.

Malgré l’aridité du débat, on ne peut qu’être surpris par l’absence de réaction de la profession qui a mené, ne l’oublions pas, un combat de près de quinze ans pour obtenir la TVA au taux réduit.

Si les pouvoirs publics s’engageaient vers une fixation de ce taux à 7 %, qui correspond au même taux outre-Rhin, c’est une hausse de 27,3 % de la fiscalité indirecte sur les produits et services soumis au taux réduit qui serait ainsi appliquée, ce qui est loin d’être négligeable.

Or, la profession a signé d’importants engagements avec les pouvoirs publics dans le cadre du fameux contrat d’avenir de la restauration, qui a abouti à des avancées sociales indispensables à l’attractivité du métier.

Il est pour le moins urgent que, sans attendre des décisions prises au plus haut niveau, la profession puisse faire valoir les arguments susceptibles de rendre compatibles les engagements pris, et sur lesquels il est impossible de revenir sans se déjuger, avec une nouvelle donne fiscale.
Mais le silence, sur un thème qui suscita autant de passions et de détermination, ne peut tenir lieu de politique à long terme. Il est grand temps que la politique d’expression publique de la profession ne se limite pas à se ‘féliciter’ à chaque fois qu’un ministre prend la parole.
L. H.